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 Ev-Dragon >> Forum >> Histoire du Jeu en Temps Réel ! >> Givre et Flammes, Glace et Cendres...

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Dragon glace MJ
 Le 17/11/2006 à 14:28:57 
Roman Atsamien

Givre et Flammes, Glace et Cendres…



Livre I.

Prologue, partie I.

"Chacun tourne en réalité, autant qu'il peut, ses propres songes."
On dit que la frontière entre le rêve et la réalité est si faible, si ténue que certains peuvent s'y perdre… Comme j'aimerais que cela puisse m'arriver… Si vous connaissiez l'ampleur de mon imagination, peut-être seriez-vous tenté de rêver de me ressembler. Peut-être en rêvez vous justement, et que cette volonté à déborder sur votre vie…
Mais qu'est ce qui différencie le rêve de la réalité ? Peut-être est-ce la seule question pertinente… Et si il n'y a aucune réponse, j'en conclurai qu'il n'y a pas de différence.
Je rêve de devenir un grand écrivain, le suis-je ? Je fais tout pour en tout cas… Mais ce rêve est faussé, il ne dépend pas de moi. J'ai beau le formulé, écrire à corps perdu, ce sont d'autres personnes qui jugeront de sa validité, de son existence.
Je rêve de mes écrits, ce sont assurément les seules choses qui ne se réaliseront jamais… Même en y mettant plus que ma volonté…

J'ai l'impression de me perdre. Mon esprit se tord et ressasse continuellement les mêmes mots, les mêmes pensées, et il ne sort de tout cela qu'un magma incompréhensible.

Continuons à rêver, peut-être n'y a-t-il plus que cela à faire…




Prologue, partie II.

Gronde, gronde, puissant comme l'orage
Illumine les cieux de ta présence
Vole, vole, libre comme les nuages
Rugis ta joie d'avoir une existence
Entends le souffle du vent

Et pourtant, fière Wyverne
Tu ne sens que doutes qui te cernent

Glapis, glapis, blessée par la rage
Lamine les glaciers de tes serres
Aspire à ne plus être otage
Car dans ce Monde Gris tu erres
Et cherche celui qui pourrait t'en libérer

Criant en silence, furieusement
Eteint par l'indifférence
N'es tu rien d'autre qu'un homme ?
Diminué par la terreur
Reniant constamment ses voeux
Et brûlé par ton âme soeur
Sauras-tu renaître de tes cendres ?

Et pourtant, pauvre Rêveur
Tu entends l'appel de cet autre possible

Flamboyant Oiseau que celui qui te porte
L'amèneras-tu jusqu'à l'Eclat qu'il mérite ?
Arriveras-tu à t'embraser, à rayonner ?
Même si les Ténèbres t'appelles
Même si les Lumières t'aveuglent
Entends le chant de la Wyverne et du Phoenix
Souris au Feu et à la Glace

Dragon glace MJ
 Le 20/11/2006 à 21:57:42 
Chapitre I, partie I.

Cinq heures et demi...
Mon réveil sonne, stridence rouge sur fond noir, inlassable hurlement. Pourtant, j'ai presque envie de rire de ses efforts inutiles.
Tu portes mal ton nom, car tu n'es plus que le signal pour me mettre debout, le signal qu'il est temps pour moi de m'enfoncer dans cette grisaille permanente. Est-ce la Vie ?
Comparé à moi, tu me sembles plus vivant, petit amas de fils et d'électronique, dont l'écran affiche à chaque instant des choses différentes...

Je viens encore de passer une nuit emplie de cauchemards, de réveils en sursaut, et de veille prolongée. Au point où je me mettais à douter de dormir pendant que les visions de monstres éviscérés et autres horreurs passaient devant moi... Je me demande souvent si je ne suis pas la victime d'un quelconque sorcier, torturant à loisir et aussi inlassablement que mon réveil qui sonne toujours.

Vais-je me lever aujourd'hui ? Telle est la question éternelle... Je n'y réponds pas mais repousse la couette, ai-je le choix de toute façon ? Je répondrais un autre jour... Lorsque j'aurais trouvé la Réponse, l'unique Réponse...
Le froid de la chambre me saisit à la gorge, s'empare de moi, pénètre mes poumons... Sensation de disparaître dans ces étincelles de gelée qui crible la peau et les organes.

Descendant du lit, je sens la brume du sol me saisir par le pied, m'attirant inexorablement vers un réveil toujours plus prononcé. Je tends la main, et appuie enfin sur le bouton signalant au réveil que je suis debout et conscient...

Je suis là, dans les Ténèbres et le Silence, dans le Froid et la Solitude...

Il faut que j'écrive quelque chose...
Dragon glace MJ
 Le 23/11/2006 à 12:30:03 
Chapitre I, partie II.




La non vie du non mort.



5 h 18.
Le réveil sonne. Ses stridulations emplissent la chambre et mon cerveau embrumé. Je ne l'entends pas, je le sens dans mon crâne. Je le laisse sonner peut-être une minute, peut-être deux, jusqu'à ce que la douleur me force à réagir.
Ma main jaillit de sous la couverture et s'abat dessus. J'ai du tapé trop fort. Des élancements parcourent mes doigts. Comme chaque matin.
Je me rendors. Je crois.


5 h 24.
Deuxième sonnerie, même cérémonie.
Cette fois-ci, j'appuie avant même que le premier cri synthétique ne se soit éteint.
Je reste étendu sur mon lit. La journée a commencé depuis six minutes pour moi. Je suis fatigué.
Je n'arrive pas à me rendormir. En fait, je n'essaie même pas.


5 h 30.
J'ai compté les secondes, et éteint l'appareil avant qu'il ne s'amuse une dernière fois à me torturer.
Je suis complètement conscient maintenant, et j'essaie de me souvenir combien de fois je me suis réveillé en sursaut en pleine nuit depuis hier soir. Sept, peut-être huit fois.
Je revois les chiffres rouges du réveil clignoter tandis que je regardais l'heure. 23:12 puis 00:08, ainsi de suite, ainsi de suite, pour finalement arriver jusqu'à cet instant.


5 h 33.
Je sors du lit. Le parquet est froid sous mes pieds. Ma chambre l'est tout autant. Une pièce noire et froide. Un tombeau dans lequel je n'arrive jamais à me reposer…
J'allume la lumière, et ferme les yeux. Ils me brûlent tout de même.
Je crois que je me suis levé trop vite, j'ai des vertiges. Je m'appuie quelques instants aux murs. Ma tête me lance, mes yeux me font mal, j'ai froid.
Comme chaque matin…


5 h 35.
Je regarde le réveil avant de sortir de ma chambre. Son éclat semble s'apaiser dans la lumière blafarde de la chambre, mais je me rappelle qu'elle me hantera de nouveau la nuit prochaine, puis le nuit d'après, sans jamais se lasser.


5 h 37.
J'allume la lumière du couloir, de la salle de bain, de la pièce principale, et enfin de la cuisine. Le même cérémonial. Hier, avant-hier, et les jours d'avant, je l'avais déjà fait. Avec toute cette lumière, je tente en vain de donner un peu de vie à ce lieu, en vain. Peut-être devrais-je mettre un peu de musique, un fond sonore. Je m'approche de mon vieux lecteur de disque, et ma main retombe avant d'avoir choisi quoi que ce soit. Je connais toutes ces œuvres par cœur, je n'ai pas envie d'en entendre.


5 h 38.
Je rentre dans la salle de bain, et le carrelage me semble brûlant tant il est froid. La pièce est encore plus glacée que la chambre. Tout l'appartement est froid de toute façon, malgré les radiateurs poussés à leur maximum.
Je me regarde dans la glace, et je ne sais pas qualifier ce que je vois. Un visage sans particularité, de ceux qu'on ne regarde pas, ou qu'on oublie dans la minute. Pâle, les lèvres exsangues, des cernes indélébiles… C'est moi…
Je rentre dans la douche et allume l'eau. Je tiens le pommeau loin de moi, et de longues minutes ne se passe avant que l'eau chaude ne se rappelle qu'elle doit arriver. Je devrais peut-être le signaler à la gardienne un de ces jours.


6 h 02.
Je sors de la douche, et le même visage me fait face dans le miroir. Rien n'a changé, rien ne change jamais.
Je me sèche lentement, sans entrain. Comme si quelqu'un pouvait éprouver de l'entrain aussi tôt.
Je me peigne, achève de me préparer, m'enroule dans mes serviettes humides et retourne dans ma chambre.


6 h 09.
Je suis en retard, comme tous les matins. Je ne suis pas encore habillé, je n'ai pas pris mon petit-déjeuner, je n'ai pas rangé les documents sur lesquels j'ai travaillé hier au soir. Je ne soupire même pas. Tout cela m'est bien égal, au fond.
Je me dis qu'il faudrait que je me lève plus tôt, et je me rappelle que je veux le faire depuis longtemps. C'était pour cette raison que j'avais, au départ, réglé mon réveil sur 5 h 18.
Je passe mes vêtements. Chemise blanche, costume gris. Je ne sais pas dans quel tissu il est taillé, d'ailleurs je m'en contrefiche. J'ai revêtu mon habit de Monsieur Tout le Monde.
Je range les papiers éparpillés sur mon bureau dans mon attaché-case. Ils sont en désordre, je n'ai pas le temps de les trier. Je le ferai dans le bus ou le train.


6 h 21.
Je pose mon manteau et ma serviette contre la porte, et je vais me servir un verre d'eau. Tant pis pour le petit déjeuner. Depuis le temps que je n'en prends plus, cela ne changera rien. Je suis las, à l'excès. Peut-être devrais-je vraiment me lever plus tôt pour grignoter le matin finalement.
Je repasse par la salle de bain, me brosse les dents en évitant de me regarder dans le miroir.
Il ne me reste plus qu'à quitter ce lieu malsain, pour aller dans une place plus malsaine encore.


6 h 26.
Je sors de chez moi et ferme à double tour.
J'entends le roquet de la voisine grogner derrière sa porte. J'appuie sur le bouton de la lumière. En panne. Prenons le bon côté de la chose, au moins je ne verrais pas tags qui barrent ma porte et infestent les murs.
J'appelle l'ascenseur. On n'entend aucun bruit de mécanismes grinçant ou cliquetant. Je remarque une tâche plus claire sur la vitre de la porte métallique. Sûrement un panneau annonçant qu'il est hors service. Encore une fois…
Je descends les huit étages à pied, en me tenant à la rampe. La seule lumière provient des lucarnes. La lueur blême des lampadaires… Chaque palier empeste. Des relents d'ordures m'agressent, et cela empire au fur et à mesure qu'on descend.
J'arrive au rez-de-chaussée. Les vitres de la porte donnant sur l'extérieur jonchent le sol, en morceau. Le verrou magnétique ne fonctionne plus. Cela fait plus d'un mois que l'entrée est comme ça. Des publicités jonchent le sol devant les boîtes aux lettres, accompagnées de mégots et autres détritus que je ne reconnais pas.
Il faut que je me dépêche, si je ne veux pas rater mon bus. Je me mets à courir. Je passe devant d'autres entrées d'immeubles, toutes semblables à celle que je viens de quitter.


6 h 37
Il pleut, la chaussée est glissante sous mes chaussures. Je traverse la route, le bus est déjà arrivé et commence à repartir. Je fais un signe au chauffeur. Il s'arrête. Comme tous les jours.
Je grimpe dans le bus au moment où la pluie redouble d'intensité. Je murmure un merci au chauffeur. Il ne me regarde même pas et redémarre. Pour lui, je ne suis qu'un visage parmi tant d'autres parmi les milliers qu'il voit défiler chaque jour. Et pour moi, il n'est pas plus qu'un chauffeur de bus parmi tous ceux que j'ai croisé jusqu'à aujourd'hui.
Tout n'est qu'automatisme, même le remerciement. Nous aurions pu nous en passer l'un comme l'autre sans que cela ne change rien à notre façon d'être.
Je regarde les visages autour de moi. Les mêmes que tous les matins.
Je m'installe à une place libre, la pluie me goutte dans le dos. Nous sommes arrêtés et une nouvelle fournée de gens monte dans le véhicule. Je ne les regarde pas, je ne veux pas avoir d'autres liens avec eux que celui de partager ce bus pendant quelques minutes. Ils ne me regardent pas non plus. Règle tacite des transports en commun.
Un bébé crie à l'arrière du bus, et cela m'exaspère. Comme toute chose. Comme le tambourinement de la pluie contre les vitres, comme le fait d'être dans ce bus, comme la pensée de ce qui m'attend aujourd'hui…
Le bus redémarre. Il reste six stations encore. Un homme arrive en courant, faisant de grands signes au conducteur. Le bus s'arrête pour le laisser monter.
Même cela m'énerve alors que je ne suis pas mieux que lui.


6 h 48.

A peine venons nous de quitter la dernière station que le voyant rouge "Arrêt demandé" s'allume. Comme si cela ne semblait pas évident de descendre au terminus.
Je n'ai pas rangé mes papiers encore, ceux que j'avais saisis hâtivement. Je ne voulais pas les toucher avec mes mains humides. J'ai senti l'eau traverser le manteau petit à petit. Je me sens mal.


6 h 50.
Je me lève alors que la gare routière se profile à l'horizon. Tout le monde est debout, tout le monde est pressé de sortir de ce tombeau de fer. Les portes s'ouvrent et les hommes et femmes se déversent. L'image d'un filet de pêche que l'on éventre sur un quai s'impose à mon esprit. Inexorablement… Pour faire comme tout le monde, je bouscule, pousse, grogne.


6 h 52.
Je suis dans la rue.
On dirait la même ville que je viens de quitter, avec les mêmes néons blafards qui brillent dans les encarts éventrés des abris-bus, les détritus jonchant le sol, amas brunâtre de pulpe de papier, foulé par les pieds de passants aveugles à tout autre chose que leur petite vie. Même l'odeur ne change pas.
Dirigeons d'un pas léger et ironique rejoindre un nouveau contingent de robots pour prendre un nouveau bus, bousculons et ignorons à perdre haleine, comme si notre vie en dépendait.


7 h 18.
Le bus n'a toujours pas démarré. Cette fois, je n'ai pas pu avoir de place assise, mais je descends dans deux stations, disons que ce sera mon lot de consolation pour ce trajet. Tout autour de moi, les gens commencent à se réveiller doucement. Les murmures prennent de l'ampleur, chacun pestant contre le chauffeur, la météo, le chauffeur, le travail, le chauffeur, le chauffeur.
Ce dernier monte enfin dans son bus, sans expliquer quoi que ce soit sur le retard. La tension retombe bizarrement, comme si elle restait tapie dans l'ombre, sous les sièges, n'attendant qu'un évènement anodin pour resurgir.
Et celui-ci se présente sous la forme d'un freinage un peu brusque…
Immédiatement l'énervement ressurgit, remplace l'oxygène, s'infiltre dans chaque pore de chaque voyageur, refuse de se détacher.
Je n'ai que deux stations, je n'ai que deux stations. Se tenir à cette litanie, la répéter inlassablement jusqu'à ce que les doubles portes se soient ouvertes deux fois, et que je puisse descendre à mon tour.


7 h 24.
Premier arrêt passé.
Les gens descendent, anonymes, les gens montent.
Au loin, se profile le panneau marquant le point de ma délivrance. A ce moment, je serai sorti de cet enfer matinal pour en replonger dans un autre. Je fixe ce point de toute ma volonté, c'est mon but pour les minutes à venir.


7 h 27.
Je suis enfin arrivé.
Devant, les bâtiments noirs où je vais m'enfermer jusqu'à ce soir 18 heures. Peut-être moins, peut-être plus. J'ai l'impression bizarre d'être observé par toutes ces fenêtres, comme autant d'yeux malsains et avides. Oui, ce ne sont là qu'un amas de vampires, absorbant mon temps, ma vie, ma force.
Même en sachant cela, je fais le premier pas vers le portail. Encore un, hésitant, puis l'automatique s'enclenche, me voilà redevenu un robot après un instant rare de lucidité…
Dragon glace MJ
 Le 04/12/2006 à 13:01:37 
Chapitre I, partie III.

Ca y est, j'ai fini. Plus ou moins.
Le papier devant moi semble crier, appeller une suite... Je ne sais pas trop si j'ai envie de le satisfaire, ces mots couchés sur le papier me rappellent trop ma propre vie.

Un petit coup d'oeil sur l'heure m'apprends que j'ai de très fortes probabilités d'être en retard. Je me passerais de petit-déjeuner ce matin, et je vais me préparer à subir ma propre non-vie de non-mort.

Qu'y a-t-il de palpitant dans ma vie ? Qu'ai je plus que les autres ? Suis-je différent ? Même les "créations " de mon esprit semblent vides... J'ai beau écrire, rien n'en sort... Est-ce ma faute ou celle de mes rares, très rares lecteurs ? J'entends les gens s'enthousiasmer autour de livres torchons, leur attribuant des qualités extraordinaires, portant leurs auteurs aux nuées... Pathétique...

Mais au final, peut-être ont-ils raison, et que si je ne suis pas lu, c'est que je ne suis pas assez bon...

Plongé dans mes réflexions, j'ai accompli machinalement les mêmes gestes appris et répétés depuis des années, jusqu'à arriver dans le bus de 6 h 41. Cette dernière pensée me met presque hors de moi. Je suis exactement comme l'homme dont j'ai écrit la vie. La non-vie, dis-je en me remémorant le titre.
Je monte dans ce bus et valide, et je vais me caler au fond de mon siège, toujours le même, le dernier avant la porte du milieu.

Et doucement, je m'assoupis...

- Phoenix
Dragon glace MJ
 Le 12/02/2007 à 15:29:00 
Chapitre II, Partie I

Les ballotements qui m'avaient bercé jusque là s'arrêtent soudain. C'est le déclic pour mon corps et mon esprit. Si je ne ressens plus de mouvement, c'est que je suis arrêté, si je suis arrêté, c'est que je suis arrivé. J'ouvre les yeux et jette un oeil par la fenêtre embuée. Non, nous sommes encore sur la route, et c'est un feu rouge qui me nargue non loin. Le même rouge que celui de mon réveil quelques minutes plus tôt.
Je reprends en main la bandoulière de mon sac, de peur qu'on me le vole, et je tente désespérément de me rendormir, de me raccrocher aux filaments brumeux de ce rêve qui s'efface doucement.

Pour une fois que je rêvais...
Je revois un paysage, vert, d'herbes et d'arbres, jonchés de fleurs, de prairies verdoyantes, je revois les chevaux galoper dans des plaines immenses et magnifiques, je me rappelle les montagnes hautes et fières, les sommets enneigés, les crevasses mystérieuses, je me souviens de l'océan qui borde ces terres, infranchissable... Et on m'a enlevé à cela...
N'y avait-il rien d'autre ? Je fouille mes souvenirs, il me manque quelque chose, une chose fondamentale pour compléter ce tableau. Une voix murmurait à mes oreilles, oui !
"Phoenix"...
Etait-ce moi le héros de ce rêve ou un autre ? Ces sons si délicats, étaient-ils pour moi ? Qui les a prononcé ?

Tant de questions pour un simple rêve. Mais il avait ce goût particulier de merveilleux qui manque à ma vie lorsque je suis loin de mon âme-soeur, Marion... Vous ai-je déjà parlé d'elle ? Me suis-je seulement présenté à vous, lecteurs ?
Je suis Anthony, étudiant, écrivain en quête de reconnaissance... Comme n'importe quel homme...

Dans quelques minutes, je vais monter dans un dernier bus avant d'arriver dans l'école supérieure dans laquelle je suis censé m'enthousiasmer chaque minute devant les connaissances qui nous sont dispensées... Un ramassis de larves, voilà où j'étudie... Pardonnez donc mon cynisme. D'autant plus que je suis parfaitement conscient de la chance d'être arrivé jusque là...

Dragon glace MJ
 Le 13/02/2007 à 14:03:33 
Chapitre II, Partie II.

La journée est terminée... Enfin...
Quand je dis terminée, comprenez que les cours viennent de s'achever et qu'il me reste à perdre mon temps dans les transports, puis perdre mon temps devant un simulacre de repas de famille, avant de pouvoir enfin me coucher...

Dormir... Dormir... J'ai hésité pendant toute la journée à poser ma tête dans mes bras et à fermer les yeux. Cette voix, ce murmure de ce matin est resté à la surface de mes pensées toute la journée. Ce ne pouvait pas être un rêve normal, je m'en souviens que trop bien. Chaque détail est net, que ce soit le bruit du vent ou la caresse de l'herbe. Rien qu'à évoquer cela, je suis capable de les ressentir à nouveau. Je dois me coucher au plus vite, espérer que le murmure rappelle le Phoenix...
Serait-il possible que je voie l'Oiseau de Feu cette nuit ?
Dragon glace MJ
 Le 13/02/2007 à 15:34:56 
Chapitre III, Partie I.

Dans les profondeurs d'un royaume noir et froid, que certains nommaient "Ether", errantes entre des piliers de lumière, deux femmes discutaient. Le terme "femme" n'était sûrement pas le plus approprié pour les décrire, mais le langage humain a toujours été pauvre en vocabulaire pour décrire ce qui pouvait avoir trait au Divin.
La première Déesse avait une peau blanche et veloutée, mais ici encore, la description est par trop difficile...
Comme parler de cette perfection ? Nous ne pouvons qu'espérer l'approcher, et laisser notre imagination faire le reste.
La première donc, avait une peau d'albâtre, sans aucun défaut, une peau que nul homme ou créature n'avait jamais touché de peur de la ternir. Ses cheveux noirs flottaient librement sur ses épaules, ses traits étaient fins. Ses mains étaient tout aussi délicates, et n'avaient sûrement jamais rien tenu de plus dangereux pour autrui qu'une épine de rose.
La seconde semblait plus "humaine", dans le sens où ses traits étaient peut-être moins parfaits. Son visage était constellé de tâche de rousseurs, comment en aurait-il pu être autrement, lorsque l'on voyait ses cheveux à la couleur de feu cascader dans son dos. Même si sa silouhette était toute aussi fine que celle de sa compagne, elle semblait moins fragile.

Les deux Déesses s'arrêterent enfin de marcher, prenant place entre un arc-en-ciel pastel et un torrent de couleurs sans nom. Elles se regardèrent longtemps, en silence, le regard vert de la première plongeant dans des yeux inhumains. Car les pupilles de la seconde Divinité étaient semblables à l'eau.
- Explique moi, Corellon, qu'as-tu fait qui mette ainsi Shevarash hors de ses gonds ?
La Dame Blanche resta silencieuse, détournant le regard. En prêtant l'oreille, il était vrai qu'on pouvait entendre des cris, étouffés par l'Ether. Mais, n'était-ce pas plutôt la foudre qui s'abbattait, ou un tremblement de terre qui secouait ce lieu ?
- J'ai appelé quelqu'un, Sehanine, j'ai seulement appelé quelqu'un par son vrai nom.
- Mais ce n'est pas la première fois pourtant ! Je veux dire, dès que la Voie Sombre prenait une dimension incontrôlable, tu as toujours été là pour "éveiller" un Humain et un Dragon à la Voie Blanche.
- Oui, oui, aquiesça Corellon Larethian. Un Humain et un Dragon, mais toujours Atsamiens...
La Déesse rousse marqua un temps d'arrêt. Son visage exprimait une inquiétude non feinte, à la limite de la terreur.
- Tu as appelé quelqu'un qui n'était pas né de Père-de-Tous ? Un Humain non originaire d'Atsami ?
- Oui, répondit la jeune femme, calmement.
- Mais dans ce cas, reprit Sehanine Luniarc, pourquoi Shevarash est-il si en colère ? Tous ceux qui sont venus en Atsami sans y naître ont servis sa Voie.
- Parce que cet humain, même dans son propre monde, n'est pas comme les autres. Il sert déjà la Voie Blanche...
Dragon glace MJ
 Le 16/02/2007 à 10:21:38 
Chapitre III, Partie II

Le Dieu leva sa main gantée de fer. Ce ne pouvait être qu'un Dieu tant la beauté sombre de l'armure et de l'arme à son côté était sublimée. Après avoir hésité quelques instants, assena un coup terrible contre une sphère de couleur qui aussitôt vira au noir et disparut. Laissant libre court à sa rage, il détruisit à main nue toute une zone de l'Ether. Les éclairs que lançaient les formes avant de disparaître éclairaient un être grand et puissant, un guerrier enragé et sanguinaire, Dieu de la Destruction... Bien loin de la douce radiance de Corellon Larethian et Sehanine Luniarc...
- C'est peine perdue, elle les fera réapparaître tôt ou tard. Traînée de Corellon... Pourquoi n'ai je pas été plus vigilant ?
- Ainsi donc les rumeurs doivent être vraies, dit une seconde voix soudain, si tu es dans cet état. Oh, non pas que ce soit réellement différent de la haine qui t'anime d'habitude, mais on la sent plus... amère.
Le Dieu guerrier se retourna pour se retrouver nez à nez avec sa copie conforme. L'autre entité aussi portait la même armure, la même épée battait son flanc, et le même casque dissimulait son visage. Mais sa voix était emplie d'une chaleur absente chez Shevarash.
- Que me veux-tu, Sheranesh. Je suis occupé... Si c'est encore pour un de tes duels pitoyables, retourne dans ta forteresse, car défier est une perte de temps, quand on peut assassiner. Dégage !
- Ah, mon frère... Toujours aussi incompréhensible... Tu me demandes ce que je veux, puis immédiatement, tu me pries de quitter ce lieu. Mais au vu de ta colère actuelle, j'ai ma réponse. Il est donc bien vrai qu'un adepte de la Voie Blanche va arriver d'une autre terre. C'est étonnant que certaines personnes aient choisi cette philosophie hors d'Atsami. surtout que dans le monde où Corellon l'a trouvé, tu règnes en maître incontesté... Ses capacités et son engouement pour Corellon vont être renforcés en arrivant en Atsami. C'est donc cela qui te fait peur ? Qu'un seul homme puisse changer le destin de nos terres ?
Dragon glace MJ
 Le 16/02/2007 à 11:20:36 
Chapitre III, Partie III.

- Je m'interroge, repit Sehanine. Cet humain, vas-tu le laisser sans protection ? N'y aura-t-il pas reptiles à ses côtés ?
Les deux Déesses étaient toujours assises au même endroit dans l'Ether. Ou peut-être avait-il changé sans qu'elles ne puissent le voir... Ce lieu était si étrange, à l'image de ses créateurs et résidents...
Dans l'Ether, le passage du temps n'était pas perceptible, les dimensions semblaient altérés. Partant du même point, allant à la même vitesse, deux êtres pouvaient mettre des jours de différence pour arriver au même endroit.
- Si, bien sûr, répondit Corellon. Sans Dragon, il n'aura aucune "crédibilité". Même avec, ce sera dur. Ce monde est tellement corrompu par la Voie Sombre. Penses-tu que mon oeuvre soit vouée à l'échec, mon amie ?
- Je ne sais... Mais l'Eau et la Lune veilleront sur lui, tant que se sera possible, je te le garantie, dit la déesse rousse. Mais qu'en est-il du saurien ? Est-il déjà né ? Attends-t-il, endormi ?
Dragon glace MJ
 Le 16/02/2007 à 11:52:30 
Chapitre IV, Partie I

Les falaises se dressaient face à la mer, géantes millénaires de roches, témoins de cataclysmes passés. On les appelait falaises à cause de l'océan qui baignaient leurs racines, mais certaines s'apparentaient plus à des montagnes qu'autre chose. Les plus hauts sommets perçaient la couche nuageuse, et les flancs de ces monts étaient recouverts partiellement de neige et de glace.
De loin, c'était tout ce que le Dragon pouvait voir et deviner.
Si un navigateur avait regardé en l'air à ce moment, il n'aurait rien vu. De la surface, le Dragon était comme invisible.
Ainsi volait la Wyverne...
Les écailles blanches aux reflets céruléens, le cou et la tête pointée vers l'avant, les ailes gigantesques, brassant l'air et s'appuyant sur les courants aériens, les pattes arrières plaquées le long du corps, et la queue tendue vers l'arrière, le Reptile fendait les cieux vers les falaises en question, à une vitesse difficilement atteignable pour un simple Dragon. La différence entre les Uruloki communs et les Wyvernes étaient là. Les seconds compensaient l'absence de membres antérieurs par cette formidable voilure et musculature dorsale.
L'esprit du reptile était en alerte, quelque chose clochait. Où étaient ses frères et soeurs, pourquoi personne ne montait-il la garde dans le ciel, où étaient les percées dans les nuages témoignant des jeux aériens des autres Wyvernes ?

Forçant toujours plus sur ses ailes, la Wyverne piqua vers la surface de l'océan. Accélérant ainsi sa vitesse, elle s'engouffra dans un courant ascendant. La manoeuvre était risquée, il suffisait d'une vague un peu trop haute pour briser le cou du Dragon. Mais l'urgence gouvernait les pensées de la créature.
Reprenant de l'altitude, elle arriva bientôt à quelques centaines de mètres des falaises...
Dragon glace MJ
 Le 16/02/2007 à 14:51:18 
Chapitre IV, Partie II.

La Wyverne distinguait enfin les entrées des grottes dans les parois rocheuses. Elle était arrivée à Dol Amlug, la place forte des membres de sa race...

Cela faisait des siècles que les Pères des Wyvernes avaient élu domicile sur cette île, cernée par les océans et les tempêtes. Ici, ces reptiles avaient trouvé leur paradis, une vie à l'écart des guerres, une vie de vol harmonieux, sur les embruns de la mer. En arrivant, les premières Wyvernes s'étaient attelées à la formidable tâche de creuser un réseau de caverne à flanc de la falaise. L'eau provenait aujourd'hui d'un lac souterrain, découvert avec les tout premiers tunnels creusés, et la nourriture de la chasse et de la pêche.
Toutefois, la pêche était réservée que pour des cas extrêmes, au vu des dangers permanents de se faire briser une aile.

Encore quelques secondes à planer, et le Dragon donna un dernier coup d'ailes, projetant son bassin et sa queue vers le bas. Il arriva ainsi parallèle à la paroi, et s'y accrocha à l'aide des griffes de ses ailes et de ses serres, arrachant quelques morceaux de roches en même temps. Il n'y avait que quelques mètres à parcourir jusqu'à l'entrée la plus proche, ce fut l'affaire de quelques minutes.
Même si ce mode de vie et cette façon de rentrer chez soit pouvait paraître mal aisé, il était en réalité bien plus efficace que nul autre ! Un saurien ennemi qui se serait aggrippé de la même façon à la roche aurait constitué une cible idéale pour des Wyvernes maîtresses des cieux. Tout Dol Amlug était tourné vers une unique fonction : permettre la survie des Wyvernes.
Dragon glace MJ
 Le 16/02/2007 à 17:12:27 
Chapitre IV, Partie III.


La Wyverne hissa d'abord la tête au niveau de l'entrée, et tenta de percer l'obscurité de la caverne. Une fois habituée à la pénombre, elle put distinguer les blocs de rocailles entassés sur les côtés, pour lancer sur d'éventuels assaillants, mais des gardes, il n'y avait aucune trace.
Ni trace, ni odeur. Pas de fumée, pas de glace, pas de cendres… Comme si le lieu n'avait jamais été habité.
Prenant pied dans l'antichambre de la grotte, le reptile ouvrit la gueule et, dardant sa langue fourchue entre ses crocs, siffla à trois reprises. Il entendit l'écho se répercuter contre les parois et descendre dans les entrailles de la falaise.
Une centaine de battements de cœur plus tard, il n'y avait toujours aucune réponse…

Le Dragon entra plus avant dans le réseau souterrain, marchant sur ses griffes d'ailes et ses serres, de la même façon qu'il s'était accroché à la paroi de la falaise. C'est en contemplant une Wyverne marcher que l'on se rendait compte à quel point ces créatures n'étaient pas fait pour rester au sol. Même si elles pouvaient se redresser et rester assises sur leurs pattes arrières, elles ne pouvaient pas marcher ou galoper à la façon des autres quadrupèdes.
Les seuls sons qui atteignaient les orifices auditifs du Dragon étaient le crissement des griffes sur la pierre, et le frottement des écailles de sa queue qui traînait derrière lui. Il leva la tête, jetant un dernier coup d'œil vers l'horizon que l'on percevait encore. La nuit commençait à s'abattre sur l'océan. Le vent l'appelait, le vent l'implorait de venir à lui, mais le mystère qui régnait sur la Forteresse de Dol Amlug devait être élucidé. Comment toute une population de Wyvernes pouvait ainsi disparaître sans laisser de traces ? Une migration avait-elle été organisée ? Si oui, un message devait être gravé quelque part… Un signe, quelque chose…

Après des heures de recherches infructueuses, à arpenter les tunnels les uns après les autres, à survoler l'île, faire le tour des caches, la Wyverne dut se rendre à l'évidence… Tous ses frères et sœurs de race avaient quitté l'île. Mais le mystère restait entier. Même si aucun signe de précipitation n'était visible, le reptile avait trouvé à certains endroits des kilos de viande fumée, qui n'attendait que d'être consommée. Il y avait même des empreintes très discrètes près du lac souterrain, comme si quelqu'un avait voulu effacer toutes traces de passage…
Que pouvait-il donc se passer à Dol Amlug ?

Epuisée par le vol au-dessus de l'océan et par le temps à chercher les autres membres de son espèce, la Wyverne se réfugia dans une grotte où de la mousse avait été entreposée. Elle se coucha sur ce lit, et s'enroula sur elle-même. Ouvrant les ailes, elle les étendit alors autant qu'elle le pouvait, afin de se détendre les muscles. Le saurien mit plusieurs heures avant de trouver le sommeil…

"Givre"
Dragon fantome
 Le 16/02/2007 à 17:38:40 
la suite... la suite... j'adore continue viiiteuh... s'il te plait !
Dragon volcan
 Satsue 
 Le 16/02/2007 à 18:52:02 
merci pour ces purs instants de magie, tu as un vrai talent ! encore !!!
Dragon glace MJ
 Le 16/02/2007 à 20:30:21 
Merci beaucoup !! Merci merci !!

Je peux vous dire que le "livre I" regroupant les chapitres d'intro se conclue avec le poste introduisant Givre.

Maintenant, si vous êtes d'accord, il est temps de romancer les aventures atsamiennes vécues par les deux compagnons. Vous reconnaitrez, je l'espère certains posts précédents !

Bonne soirée !
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