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 Ev-Dragon >> Forum >> Histoire du Jeu en Temps Réel ! >> Quand Mère et Magie ne font qu'un...

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Dragon slim
 Le 19/09/2006 à 17:07:49 
[HRP] Background de Ryll et d'Anaëlle. Merci à Hallym pour les idées et les corrections, en espérant te retrouver autour de la table sous tes traits d'Elu... [\HRP]

Prologue


L’aube était en train de se lever. Dans une clairière au milieu d’une forêt inconnue gisaient les corps d’une jeune fille et d’une jeune dragonne blanche. La jeune fille était mince, et avait de longs cheveux auburn, ramassés en une seule tresse épaisse. Un bandeau de soie bleu vif ceignait son front, cachant la partie supérieure de ses oreilles. Elle était habillée d’un pantalon en cuir brun et d’une chemise verte foncée, fermée au col par une lanière en cuir. Une sacoche, en cuir également mais usée et abîmée, était passée en bandoulière autour d’elle et reposait sur le sol. Sa main était posée sur un magnifique arc en corne noire et un carquois rempli de flèches empennées de bleu.
Lorsque le soleil atteignit la cime des arbres, la jeune fille ouvrit les yeux… pour se retrouver nez à nez avec le museau de la dragonne. Son sang se glaça. Menaçant à tout instant de céder à la panique, elle parvint néanmoins à se relever lentement, et encocha une flèche à son arc. Puis elle recula de quelques pas, lentement, sans gestes brusques…

« Ryll ! »

Son appel mental résonna dans sa tête. Elle y mit toute sa peur, et un grand sentiment d’urgence. Elle y ajouta aussi une image de la situation, pour être sûre que Ryll comprenne que ce n’était pas un jeu.




La dragonne ouvrit les yeux. D’abord visiblement confuse, elle regarda d’un air absent la jeune fille debout près d’elle. Quand elle réalisa ce qui était en train de se passer, elle ouvrit la bouche pour hurler…




Pourquoi Ryll ne répondait-elle pas ? Elle aurait déjà dû se téléporter ici… ce n’était pas normal. La dragonne a ouvert les yeux, plus le choix, il faut tirer…




« Anaëlle non ! Ne tire pas ! C’est moi ! C’est Ryll !»

La flèche fila dans les airs, manquant la dragonne de quelques centimètres. Ce n’était pas une erreur de la part d’Anaëlle, Ryll le savait, elle avait crié juste à temps. Anaëlle regarda la créature qui disait s’appeler Ryll, et un grand sentiment de colère l’envahit. Elle ? Sa petite Dragon-Fée ? La Ryll qu’Anaëlle connaissait faisait une trentaine de centimètres, la couleur de sa peau variait du turquoise à l’indigo, et ses ailes étaient translucides, semblables aux fines ailes des papillons. Loin, bien loin de cette grande et dangereuse dragonne blanche. Mais elle baissa néanmoins son arc. Le lien mental qui l’unissait à sa compagne ne pouvait pas se tromper. Aussi absurde que cela paraisse, c’était elle. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux.

« Ryll… Mais qu’est-ce qu’elle t’a fait ? »

En dragon blanc en plus… la honte. Chacun sait qu’ils sont les plus bêtes et les moins évolués des Royaumes. Les plus mesquins, aussi. Ryll ne méritait pas ça. Tout était de sa faute.
La dragonne huma l’air et se mit debout.

« Nous ne sommes plus dans les Royaumes. Je crois qu’on est loin, vraiment loin de chez nous…Tu n’aurais pas dû lui parler comme ça je pense.»

« Ah non ? Vraiment ? » La voix de la jeune fille vibrait de colère. « Et j’aurais dû faire quoi selon toi ? Baisser la tête et tout accepter ? Même si on a eu peut-être eu tort de discuter ses ordres, ce n’était pas une raison pour nous séparer. »

« Ana, c’est un déesse, elle… »

« Déesse ou pas déesse, j’ai eu raison de m’opposer à elle, car malgré ta nouvelle forme, nous sommes toujours ensemble »

Sa voix s’était radoucie et avait pris des accents mélancoliques, mais pas pour longtemps, sa vraie nature reprenant vite le dessus.

« Ne t’inquiète pas Ryll, on est toutes les deux, c’est ce qui compte ! Je ne sais pas où on est, mais on va trouver un moyen de rentrer chez nous très vite ! Il existe forcément un portail, un objet, quelque chose… Et une fois qu’on sera rentrées, te rendre ta forme première sera un jeu d’enfant.»

« J’ai faim. Tu crois qu’il y a des pommes par ici ? »

Anaëlle pouffa et se jeta dans les bras de la dragonne. Décidément, quoi qu’on fasse, certaines choses ne changeaient jamais.


Chapitre 1 : Souvenirs

S’affalant dans le hamac, Anaëlle contempla l’étrange plafond du cinquième souterrain. Elle était crevée. Ryll et elle avaient découvert cette maison abandonnée deux semaines plus tôt, et elles venaient juste de finir de la remettre en état. La grande question était de savoir si elles arriveraient à faire pousser quelque chose sous cette lumière bizarre. Mais si les arbres et les fleurs s’épanouissaient, pourquoi pas des légumes ? Soudain, Ryll surgit de derrière la maison, la gueule pleine de terre et des plants de tomates dans ses pattes avant.

« A quoi tu penses Ana ? »

« A Hallym. A Edric. A Archi… Oui, même Archibald me manque, c’est tout dire…Sont-ils seulement toujours en vie ? »

« Pourquoi pas ? Seulement deux ans se sont passés depuis que nous avons été projetées sur Atsami. A l’heure qu’il est, ce doit être l’hiver, et je les vois bien rassemblés au coin du feu dans une auberge accueillante, à parler du bon vieux temps. »

« Ou pas… »

« Cesse de déprimer Ana, personne ne peut échapper à son destin. »

« Si, toi… Si je n’avais pas déconné, toi tu y aurais échappé, et tu serais parmi les tiens aujourd’hui… »


Epuisée, Anaëlle ferma les yeux, laissant les souvenirs remonter à la surface de sa conscience.
Tout avait commencé par un matin comme les autres. Ils avaient défendu la ville d’Atkhatla contre une horde de morts-vivants (la routine quoi), Edric avait retrouvé son criminel de père à la tête de l’armée attaquante et l’avait jugé, et Hallym avait disparu. La ville était à moitié détruite, les cadavres des habitants touchés par les Ombres jonchaient toujours le sol, et cet idiot avait réussi à disparaître sans laisser de traces. Elle l’avait cherché partout pendant des jours après la bataille. Il s’en était sorti, ça elle en était sûre, mais pourquoi avoir quitté la ville aussi vite ? Même Ryll, qu’elle avait envoyé sur ses traces, était revenue bredouille. Folle de rage, elle s’était consacrée au nettoyage et à la reconstruction des quartiers les plus touchés, mais elle en connaissait un qui allait en prendre pour son grade à son retour. Deux à trois semaines plus tard, aux premiers jours de l’hiver, il réapparut. Ils dormaient toujours tous dans la meilleure auberge de la ville. Le propriétaire, fier d’accueillir les sauveurs d’Atkhatla sous son toit, ne leur faisait rien payer. Ils comptaient encore rester là-bas tout l’hiver, et reprendre peut-être la route au printemps. Hallym frappa à la porte de sa chambre un matin, l’air un peu hébété, et lorsqu’Ana le vit, elle le tira à l’intérieur et claqua la porte derrière elle.

« Je peux savoir où tu avais disparu ? » demanda Anaëlle en haussant la voix.

Peu pressé de répondre, Hallym agita les doigts en marmonnant. La porte prit une légère teinte bleue. Reconnaissant un sort de silence, la jeune fille ne se priva plus pour hausser la voix.

« Non mais t’es inconscient ou quoi ? Tu te rends compte si Elle s’était aperçue que tu m’avais lâchée ? Ou Elminster ? Ou si les Ombres étaient revenues ? T’as des responsabilités je te signale, et même si elles ne me plaisent pas plus que ça, t’es prié de ne pas disparaître sans rien dire comme ça… »

« Euh, Ana… » l’interrompit le demi-elfe calmement, « Tu as toujours ta perle ? Il faut qu’on s’en aille, je suis venu te chercher. »

Loin de se calmer, Anaëlle cria de plus belle. Elle avait peur de comprendre, et ça ne lui plaisait pas du tout…

« Me chercher ? Me chercher ? Pour aller où ? Tu disparais pendant trois semaines, comme ça, tu réapparais brusquement, tu n’as même pas l’air de t’être changé, et tu voudrais qu’on s’en aille ? Alors celle-là, elle est forte ! Je vais chercher Edric, on va en discuter en groupe. »

« Trois semaines ? Ca m’a semblé des mois… »

Agrippant le bras d’Anaëlle, Hallym la força à se retourner et l’éloigna de la porte. A bien y regarder, il semblait changé. Plus vieux. Plus sérieux. Responsable. Carrément effrayant. En colère aussi. Il resserra sa prise, à lui faire mal, l’empêchant de se dégager. Dans sa poche, Ryll s’agita d’un air inquiet, elle la rassura d’une pensée. Mais Hallym n’en avait visiblement pas fini avec elle.

« Non, on ne va pas parler à Edric, il ne doit rien savoir de tout ça ! Tu prends tes affaires, ta perle, et on s’en va. C’est important, alors pour une fois, ferme la et obéis ! »
Sans attendre de réponse et surtout sans la lâcher, Hallym ramassa l’arc et le sac d’Anaëlle, puis les téléporta dans le plan éthéré. Ce plan est en tout point identique au plan réel, mais il est comme noyé dans une brume grisâtre qui absorbe les sons. Les habitants aussi sont différents, même si ce n’était pas la première fois qu’ils voyageaient là-bas, et qu’ils n’avaient heureusement jamais croisé personne. C’est le moment que choisit Ryll pour jaillir de sa poche et se jeter sur le demi elfe, toutes griffes dehors. Habitué, Hallym n’y fit pas plus attention qu’à une mouche, et ouvrit la porte de la chambre. Mais au lieu du couloir de l’auberge, c’est une surface bleue et brillante qui se trouvait derrière. Sans hésiter, Hallym la traversa, traînant toujours Anaëlle derrière lui.

« Hallym, lâche moi tout de suite, qu’est ce qui te prend ? t’as perdu la boule ou quoi ? »

Ils firent alors irruption dans un monde étrange. Ils se trouvaient sur un chemin de pierre parfaitement rectiligne, continuant à l’infini de chaque côté, toute trace de portail complètement disparue. De chaque côté du chemin, le vide. Excepté à intervalles réguliers, il y avait des sortes de piscines iridescentes, qui se succédaient en quinconce de chaque côté. Lâchant enfin la jeune fille, Hallym sortit une perle de sa poche, et se mis à scruter les piscines une à une en regardant à travers.

« Sors ta perle et aide moi, on a peu de temps. »

Toujours boudeuse, Anaëlle ne bougea pas, se contentant de caresser son dragon-fée. Mais à vrai dire, il n’avait pas vraiment besoin d’aide. Ayant trouvé ce qu’il voulait, il rangea sa perle et désigna la piscine devant laquelle il se trouvait.

« Saute, je te suis »

Long silence immobile.

« Il faut que je te pousse ? »

Anaëlle se décida alors à bouger et se laissa tomber dans la piscine, sans prendre la peine de vérifier la destination. Elle avait sa fierté tout de même…




Ce message a gagné 20 Po !
Dragon slim
 Le 05/10/2006 à 11:48:53 
Chapitre 2 : La présentation

Brume, une superbe jument grise parsemée de taches plus claires, parcourait d’un pas tranquille les sentiers du cinquième souterrain. Comme disait si bien son père, rien ne sert de courir, il faut brouter à temps. Un bon secret pour vivre vieux. Quant à sa cavalière, ça faisait un bon moment qu’elle somnolait sur la selle, et tout ce que Brume avait à faire, c’est d’éviter de la faire tomber. Ca tombait bien, elle aussi voulait vivre vieille.

***

Elle se trouvait quelque part. Sur un plan. Où exactement ? Aucune importance. Le problème, généralement, ne vient pas tellement de l’endroit où on est, mais des gens qui s’y trouvent. Sous ses pieds, une route pavée serpentait au milieu d’une vaste plaine rocailleuse et aboutissait un peu plus loin, environ à une centaine de mètres de là, à des piliers de cristal bleus dressés vers le ciel. Disposés plus ou moins en cercle et sur plusieurs rangées, ces étranges piliers masquaient ce qui se trouvait au milieu. Ou plutôt qui se trouvait au milieu.
Hallym atterrit lourdement à côté d’elle, et commença à l’entraîner vers le cercle.

- Heu, merci, t’es gentil, mais je connais le chemin.
- Dépêche-toi, cours, ça a déjà commencé !
- Qu’est-ce qui a déjà commencé ?
- Mais la présentation !

Décidément, Anaëlle n’y comprenait rien de rien. Et comme toujours dans ses cas là, elle laissa tomber les questions et se concentra sur l’immédiat: mettre un pied devant l’autre sans se planter. Ils atteignirent le cercle de cristaux et se faufilèrent à l’intérieur. Dans l’espace dégagé au centre, se tenaient un groupe de personnes, parmi lesquelles elle reconnut six des Elus (le septième, qui se tenait à côté d’elle moins d’une seconde auparavant, avait tout simplement disparu). Le reste était composé de quelques femmes, toutes plus vieilles qu’elle. Et tout ce petit monde la regardait, elle. Et elle, elle aurait bien aimé qu’ils cessent de la regarder, surtout avec cet air furieux et contrarié. Le genre d’air qui dit ‘Tu es en retard, ça va être ta fête et tu l’auras bien mérité’. A bien y regarder, toutes ces femmes lui ressemblaient. Ou plutôt, elles ressemblaient toutes les six à la femme qui se trouvait debout sur un piédestal au centre exact du cercle, et qui tenait un bébé dans ses bras. Mystra, la Déesse de la Magie. Ce n’est que quelques mois auparavant qu’Anaëlle avait appris qu’elle était l’une de ses sept filles, et pour la première fois aujourd’hui, elle rencontrait ses sœurs. Disséminées sur les différents continents, elles étaient les relais de la Magie sur le monde. C’est par elles que le flux magique passait avant de se répandre partout comme un pot de confiture renversé. Ou un filet gluant. Ou autre chose, elle n’en savait rien. Evitant soigneusement de croiser le regard de sa mère, Anaëlle se glissa parmi ses sœurs, et remarqua enfin qu’elles n’étaient pas sept, mais six. Pas normal… A moins que… le bébé ?

- Mes filles ! Si je vous ai convoquées aujourd’hui…

Le regard de Mystra glissa vers Anaëlle, qui contemplait consciencieusement ses pieds. Alors c’était ça le corbeau qui avait tambouriné à sa fenêtre toute la matinée ? Elle ne pouvait pas deviner…

- … c’est pour vous annoncer à la fois une triste et une merveilleuse nouvelle. Comme vous avez déjà dû le deviner, si votre sœur Ilanna n’est pas parmi vous, c’est que son heure était venue, et qu’elle a rejoint Kelemvor. La Toile Magique doit s’étendre toujours entière sur notre monde, et pour cela vous devez être sept. Sept filles vous étiez, sept filles vous êtes. Hallym ? A toi l’honneur.

Il n’y a rien de plus perturbant que l’effondrement de ses repères. C’est vrai. Déjà, on s’imagine bonne forestière. Douée pour le tir à l’arc, pas mauvaise en pistage, on se débrouille en cueillette… Et là BOUM, subitement, on se retrouve catapultée Fille de Mystra. Déjà là, c’est perturbant. Mais Anaëlle devait bien l’avouer, la chose la plus perturbante qu’elle ait jamais vécu jusqu’ici, c’est la vision d’Hallym avec un bébé dans les bras, et qui proclame d’un air peu assuré mais avec l’air sérieux et responsable:

- Je vous présente ma fille Ambre, votre sœur.

En fait, Anaëlle ne savait pas trop ce qui la gênait le plus. Le bébé ou l’air sérieux et responsable. Les deux allaient aussi bien à Hallym qu’une robe de bal à un guerrier barbare. Mais maintenant elle comprenait mieux son air stressé de tout à l’heure.
Chacune à leur tour, ses sœurs passèrent devant lui et présentèrent leurs respects à l’enfant, qui, visiblement, était bien plus intéressée par les cabrioles de Ryll autour de sa tête. Quand son tour vint, Anaëlle eut tout le loisir de la contempler. Un très beau bébé. Elle avait les yeux noirs de son père. Mais bon, au final, tout ce qu’elle trouva à dire, ce fut :

- Elle bave.

Chapitre 3 : La dispute

Les Elus comme ses sœurs avaient quitté le cercle de cristaux, et c’était tant mieux. Anaëlle n’avait jamais vu sa mère en colère auparavant, sinon elle aurait forcément trouvé un moyen de s’éclipser aussi. Une Déesse, généralement, on évite de la mettre en colère. Par principe. Hallym non plus ne savait pas à quoi s’attendre, et de toute façon il était assez occupé à empêcher Ryll de souffler son gaz hilarant au visage d’Ambre. On s’attendrait à des cris, des grands gestes, des baffes. Le ton froid et distant de Mystra fut bien pire. Parce que c’était le genre de ton auquel on ne répond pas facilement. Un ton qui dit : ‘Quoi que tu penses, tu as tort et j’ai raison, alors pourquoi lutter ?’. Des tas de gens tentent de l’utiliser pour obtenir ce qu’ils veulent, et certains y parviennent très bien, mais employé par une déesse, il prenait une toute autre dimension. Parce que c’était vrai. Ca ne servait réellement à rien de lutter. D’ailleurs, ça ne viendrait à l’idée de personne. Enfin presque personne…

- Pourquoi n’as-tu pas répondu à l’appel ?
- Ben euh… Je dormais… On a fait la fête hier soir à l’auberge…
- Anaëlle, ça suffit maintenant, tant que tu étais la plus jeune de mes filles, j’étais encline à pardonner beaucoup de choses, mais à présent ce n’est plus le cas. Tu n’es plus une enfant, quand donc vas-tu te décider à grandir ?
- En tout cas, je vois que certaines personnes ne m’ont pas attendu…

Mais son regard assassin ne croisa pas celui d’Hallym. Décidément, les dalles de cette partie du plan avaient un motif extrêmement intéressant. D’un beau gris anthracite, avec des joints plus clairs. Vraiment fascinantes.

- J’ai une amie en charge d’Atsami, tu vas aller faire un stage là-bas.
- Pardon ? Atsa quoi ?
- Atsami, un monde parallèle. Si lui ne te fait pas grandir, alors vraiment, j’abandonne.
- C’est une idée stupide.

Hallym releva la tête en ouvrant de grands yeux. Visiblement, expliquer à Mystra qu’elle avait des idées stupides ne faisait pas partie de sa conception du monde. En fait, ça ne faisait pas non plus partie de la conception du monde de Mystra elle-même. Ses longs cheveux noirs se dressèrent sur sa tête, tout son corps rayonnant d’une aura magique.

- Je ne te donne pas le choix. Ce sera à toi seule de trouver le chemin pour revenir parmi nous. Ryll restera avec Hallym, elle veillera sur Ambre.

A ces mots, Ryll fila comme une flèche se blottir dans les bras de sa compagne, et Anaëlle se dit que même si hurler sur une déesse ne se faisait pas d’ordinaire, elle s’en fichait bien, elle l’avait bien cherché.

- Envoie-moi où tu veux, ça m’est égal, mais Ryll et moi on ne se séparera pas ! Même toi tu ne pourrais pas ! Elle se téléportera près de moi et tu n’y pourras rien ! Je me fiche bien de ton monde d’Atsatruc et de tes méthodes éducatives ! Je vis ma vie comme je veux ! Tu ne peux…

Un seul geste de la main de la part de Mystra mit définitivement fin à la discussion, et la projeta au milieu d’une clairière bordée d’une végétation inconnue, au côté d’une dragonne aux écailles aussi blanches que la neige. Ryll était là aussi, finalement…

***

Un cri perçant résonna dans le Cinquième Souterrain, en de longues et crispantes vibrations, sortant Anaëlle de sa rêverie. Elle tira sur les rennes, arrêtant Brume au milieu du chemin.


(Suite dans le topic’Prémices au conseil du cinquième souterrain’)

A suivre quand même dans ce topic : Chapitre 4 : La découverte


Ce message a gagné 20 Po !
Dragon slim
 Le 24/11/2006 à 15:27:26 
[HRP]Bon après avoir mûrement réfléchi, j'ai décidé de finir mon background ici. Pheonix, je t'enverrai la version doc quand tu veux. Il ne s'agit pas d'un manque d'inspiration mais plutôt de contraintes temporelles. J'ai encore bcp de choses à dire sur Ryll et Anaëlle, mais si vous voulez en savoir plus, il faudra le leur demander... dans les différents topics où elles interviennent.
J'utiliserai peut-être encore ce topic pour différentes choses (ajouts, réflexions, explications) sauf si vous décidez de l'archiver.[/HRP]
Dragon glace MJ
 Le 02/01/2007 à 19:48:21 
Je laisse ton HRP, mais aucune archive de topic
Vous pourrez voir que les seuls archivés sont ceux de RP pour l'instant.

Je dois penser à passer ceux dont les quêtes sont terminées aussi !

Et à effacer ce message

Bonne soirée !
Dragon slim
 Le 09/05/2007 à 09:58:41 
Changement d'avis, voici la suite:

Chapitre 4: La découverte

- Je n’y arrive pas.
- Ce n’est pas très étonnant…
- Pas très étonnant ? Vraiment ?
- Ana, il y a deux heures j’étais une dragon-fée tout ce qu’il y a de plus normale et regarde-moi maintenant…
- C’est différent !
- Qu’est-ce que ça a de différent ? On est plus dans notre plan d’existence, pourquoi diable voudrais-tu que ça marche toujours ?
- Je ne vois pas le rapport, changer de plan d’existence n’a jamais fait gonfler personne, et regarde toi ! Il doit y avoir autre chose.

Les deux amies avaient installé leur campement dans la clairière même où elles étaient arrivées, et depuis elles allaient de découverte en découverte. Le sol, la végétation,… même la lumière semblait différente. Anaëlle regarda son arc d’un air rageur. D’ordinaire, le carquois avec les flèches empennées de bleu, c’était juste pour garnir. Qui aurait perdu son temps et son argent à peindre des plumes en bleu, pour ensuite les accrocher à une flèche qui serait très vite perdue ou brisée ? Un peu de sens pratique que diable ! Mais d’ordinaire aussi, quand elle bandait son arc, un petit effort de volonté et une flèche lumineuse apparaissait. Bon, elle ne se sentait pas capable d’en lancer quinze sur la journée, mais c’était quand même impressionnant et ça permettait de ne pas passer tous ses tours de gardes à fabriquer des flèches au coin du feu. D’ordinaire.

- Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il ne se passe rien.
- Tu es censée faire un stage pour grandir, peut-être que ça fait partie de la punition ?
- Si oui, c’est encore plus crétin que le reste. Ca nous met en danger.
- Je ne pense pas, il ne doit rien y avoir de plus dangereux qu’un écureuil par ici.
- Pourquoi ?
- Ecoute, la quasi-totalité de tes disputes avec Mystra concernent le fait que tu fais exactement ce que tu veux quand tu veux, mettant ainsi ta vie en danger. Elle a besoin de toi pour maintenir la stabilité de la Toile, elle ne va pas elle-même te placer dans une situation délicate, ça n’a aucun sens.
- Dis, c’est un peu flippant quand tu parles de manière raisonnée comme ça. Ca change un peu trop à mon goût.
- Tu te trompes, nos échanges étaient basiques parce que nous apprenions toutes les deux à communiquer ensemble. Ici, la situation semble différente et notre lien encore plus fort. J’ignorais que cela pouvait être possible. Mystra a littéralement modelé la Toile pour créer ce lien entre nous, ça n’aurait pas dû être possible de faire mieux. Pas aussi vite en tous cas.
- Eh ! Mais attends un peu ! La Toile ! Elle a besoin de moi pour la Toile !
- Oui ? Et ?
- Et il y a forcément un lien entre nous et les Royaumes ! Quelque chose qui fait qu’inconsciemment je fais toujours mon boulot de relais ! Ca doit être ça le chemin pour rentrer ! Trouver la corde, et tirer dessus jusqu’à la porte….
- Euh…
- Quoi ? Ca va sans doute prendre du temps, mais on trouvera. Le tout est de…
- Euh… Ana…
- …comprendre comment la magie fonctionne sur ce monde, de trouver les similarités…
- Sans doute oui mais…
- … et de les exploiter. Peut-être contacter l’un ou l’autre dieu… Il y en a forcément. Un indigène devrait pouvoir nous renseigner. Dis, je peux savoir pourquoi tu fais cette tête là depuis tout à l’heure ? Ce n’est pas si terrible, on a vu pire.
- Je crois… commença Ryll en pointant quelque chose derrière Anaëlle avec sa patte avant, je crois que j’ai trouvé un indigène, et s’il y a pire, je ne veux pas savoir quoi !

A ces mots, Anaëlle se retourna brusquement, et le regretta aussitôt. Un énorme dragon noir, au moins cinq ou six fois plus massif que la nouvelle Ryll, les toisait à une dizaine de mètres de distance. Il était monté par une sorte de chevalier en armure qui les regardait fixement avec un sourire carnassier.

- Ouh ! Ils ont de gros écureuils dans la région ! Euh, oui ? On peut vous aider ? demanda Anaëlle en reculant lentement vers son sac et son carquois.
- JE SUIS VOTRE PIRE CAUCHEMARD. JE VAIS VOUS REDUIRE EN MIETTES. VOUS NE POURREZ PAS M’ECHAPPER. HA HA HA !
- D’accord, d’accord. Bien bien bien. Bon, ben on va vous laisser hein. On ne voudrait pas abuser.
- C’est vrai, finalement, ne vous dérangez surtout pas pour nous. On s’en allait justement.

Ryll pivota aussi vite qu’elle le put, mais elle n’était pas encore habituée à se mouvoir dans son nouveau corps, et chuta lourdement sur le sol. Anaëlle la dépassa en trombes en hurlant.

- Mais cours ! Couuuuuuuuuuuuuuurs !

La toute nouvelle dragonne ne se fit pas prier, et prit ses pattes à son cou, sur lequel elle sentait déjà l’haleine fétide de son agresseur. Elles coururent comme ça quelques centaines de mètres en slalomant à travers les arbres, avant de stopper à l’orée du bois. Au-delà, une plaine herbeuse descendait en pente douce vers ce qui semblait être un village.

- Pfiou ! Il n’a pas suivi, apparemment il est plus doué pour parader que pour attraper ses proies.
- Déjà, bonjour l’accueil, s’ils sont tous comme ça dans le coin, on n’est pas rentrées.
- Rejoignons ces habitations, il y aura forcément quelqu’un qui pourra nous dire où aller pour trouver de l’aide.

Mais elles n’avaient pas marché un kilomètre qu’une voix qui commençait sérieusement à leur taper sur les nerfs s’éleva au dessus de leurs têtes.

- HA HA ! QU’ESPERIEZ VOUS DONC AVEC CETTE MANOEUVRE DE DEBUTANT ?

L’une comme l’autre n’avaient pas besoin de se concerter dans une situation pareille, et elles se remirent à courir de plus belle. Mais une prairie offrant considérablement moins d’abri qu’une forêt, tout ne fut plus bientôt que flammes, chaleur, et finalement, obscurité.

***

Quand Anaëlle rouvrit les yeux, elle ne savait plus où elle était. Elle flotta quelques secondes dans un état étrange où elle avait l’impression de lutter pour atteindre la surface de quelque chose, puis tout lui revint d’un coup. Elle se redressa en position assise et regarda autour d’elle, hébétée.
Elle se trouvait dans un lit étroit mais confortable, et Ryll, toujours aussi grande et blanche, dormait paisiblement à ses côtés. Plusieurs autres lits étaient alignés le long du mur de la pièce, certains occupés, d’autres non. On aurait dit une sorte d’hospice. De grandes fenêtres en verre coloré de toutes les couleurs laissaient passer la lumière du soleil sur une partie du mur en face d’elle, faisant danser des scènes de bataille et de magie sur le sol.

- Mais ? Où suis-je ?
- Vous êtes au temple, bien entendu. C’est la première fois que vous venez ici ?

Une toute jeune fille se tenait au pied du lit, un paquet de linge propre dans les bras.

- Ben… Oui. Je ne comprends pas, je me souviens des flammes, de la chaleur…
- Oui, répondit la jeune fille d’un air sombre, le nombre de dragonniers prêts à tout pour gagner un peu de pouvoir et de renommée augmente chaque jour. Nous sommes littéralement envahis par les réfugiés. Mais ne vous inquiétez pas et reposez-vous, vous en avez besoin.
- Attends, qui m’a amené ici pour me ressusciter ? Je dois au moins le remercier !
- Vous ressusciter ? Je ne comprends pas.
- Oui, j’étais morte, et à présent…
- Morte ? Qu’est ce que vous racontez ? Sur Atsami, personne ne meurt, tout le monde atterrit ici.

Décontenancée par les paroles bizarres d’Anaëlle, elle s’éloigna précipitamment et passa dans une autre pièce, hors de vue. Ryll se redressa lentement en la suivant des yeux.

- C’était donc ça. Il y a de gros écureuils, mais finalement, ils mordent pour rien.
- Quel endroit bizarre.
- Moi, ce que je trouve bizarre, c’est que Mystra envoie la plus irresponsable de ses filles dans un endroit où de toute façon, elle ne risque rien.
- Finalement, son but n’est peut-être pas de me faire grandir, mais juste de limiter la casse le temps que ça se fasse tout seul ?
- C’est complètement idiot.
- Je ne te le fais pas dire.
- J’ai faim. Sans rire, Elle ne peut tout de même pas nous avoir envoyé dans un pays sans pommiers. Ca n’existe pas ça les pays sans pommiers.

Anaëlle sortit péniblement du lit, tous ses muscles douloureux. Après avoir vérifié qu’elles n’avaient rien oublié, elles sortirent ensemble du temple, à la découverte d’un nouveau monde.
Dragon glace MJ
 Le 09/05/2007 à 11:47:34 
Ana ! La suite !!
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