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 Ev-Dragon >> Forum >> Ev-Dragon >> [RP] Jeux de Role : Action !

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Dragon brume
 Le 25/07/2006 à 12:09:10 
En marchant la fatigue se peint sur le visage de tous sauf Elvyan. Miguel avait des doutes sur ses origines elle ne pouvait être ni une humaine ni une elfe donc qu’était elle ? Réstlin vint le voir et lui dit :
-A ton avis, elle est faite de quel bois ?
Miguel, choqué par cette expression qui ne semblait pas provenir de la bouche du sorcier.
-Elle m’a l’air pas mal... Elle est forte et jolie tu ne trouves pas ?
Etant étonné par la remarque du sorcier, Miguel ne répondit pas.
-Tu n’es pas d’accord ??? hurla Réstlin !
-Calme toi ! Si tu la trouves belle c’est ton choix... Moi je n’ai pas fait attention à ça... En plus de toute façon elle est trop vieille !
-Oui mais vieille ou pas, elle est magnifique.
-Tu te sens bien ?
Réstlin n’eut jamais le temps de répondre car le sable s’ouvrit devant leurs pieds, et qu’une personne sortit du trou.
-Ecarte toi dit celle ci.
-Quoi ?
-Il n’est pas dans son état normal.
-J’avais remarqué.
-Alors écarte toi, je vais m’occuper de lui un nasgra s'est infiltré en lui.
-Un quoi ?
-C’est qui lui ?
-Bon vous allez vous écarter oui ? Ou vous préférez qu’il continue à dire des âneries ?
-Qu’est-ce que tu vas lui faire ?
-Je vais lui retirer le nasgras.
-C’est quoi un nasgra ?
-Un insecte qui s’infiltre dans le cerveau et qui se nourrit du système nerveux en captant tous les signaux électrique.
Derrière eux, Réstlin se mit à chanter.
-Bon vas-y mais ne lui fait pas de mal, on te surveille.
-Ce serait pas une grande perte dit elvyan.
-Ne fais pas attention, elle est toujours aussi froide dit Ashen.
-Bon, il se dépêche la face de diable ?
-Bon, elle peux se taire la matronne ?
-T’as dit quoi dit Elvyan en s’avançant.
-Chut tais toi la vieille...
Soudain, elle lui décocha un coup de poing... Qui n’atteignit jamais son but car un mur de sable s’était dressé entre elle et le garçon.
-Comment ?
-C’est pas beau de frapper quelqu’un qui est occupé dans le dos...
A ce moment là le sable s’enflamma.
Le garçon sortit une pince de sa tunique et la fit rentrer dans l’oreille de Réstlin qui venait de s’évanouir.
Elvyan elle retira son poing du sable qui le retenait et s’en tira sans aucune brulure.
A ce moment, le garçon finit par sortir quelque chose de l’oreille de réstlin
-Haaa, voilà... Ca va aller mieux comme ça !
-Merci dit miguel.
-Vous voulez passez chez moi ? Proposa le garçon, au fait moi c’est Daret.
-Nous ne voudrions pas vous dérangez dit Anaya qui était rester muette jusque là
-Ca ne me dérange pas j’ai rarement d’autres visiteurs autre que des bandits.
-Bon bah allons y alors dit Ashen.
-Non, nous devons nous dépêcher !
-Ce n’est pas en nous tuant que l’on ira plus vite aller détends toi Elvyan.
-Je suis détendue.
-J’en doute dit daret bon venez et expliquez moi je vous prie la raison de votre venue.
-Nous ne dirons rien dit Elvyan
-Si Daret nous voulait du mal il aurait attaqué dés qu’il nous aurait repéré et n’aurait pas guéri Réstlin cela lui aurait fait un adversaire de plus.
-Bien ne dites rien.
-Si... Elvyan est d’accord maintenant, n’est-ce pas Elvyan ?
-Si tu insistes.
-Bon venez, vous m’expliquerez en route.
Miguel aidé d’anaya et de réstlin qui était enfin rétablit expliqua la raison de leur présence à Daret.
-Donc vous vous rendez dans la jungle ?
-Oui.
-Hum.
-Tu y es déjà allé ?
-Oui
-Tu pourrais nous guider !
-Non
-Pourquoi ?
-Car je n’en ai pas de bons souvenirs.
-Explique...
-Je n’ai pas envi d’en parler
-Une armée se fait anéantir en un rien de temps dans une jungle un jeune garçon en réchappe il était accompagné de ses parents mais ceux ci se sont fait bruler
-Arrête...
-Le jeune garçon conclut donc un pacte avec un démon de sable.
-Arrête...
-Il tue tous les membres de l’armée ennemis depuis on ne l’a jamais revu le pauvre accompagnait son pére pour le voir combattre car sa mère était cantinière...
-ARRETE !!!
Je vous guiderais mais par pitié arrête.
-Merci.
-Bon puisque l’autre imbécile à récupérer mettons nous en route. Le désert est dangereux la nuit.
-Bon je pense que demain nous serons arrivée si je l’appelle...
-Si tu appelles qui ?
A ce moment là le sable recouvrit daret et un monstre apparut à coté de lui.
-Tu veux quoi Daret ?
-Que tu nous conduises à la jungle.
-Tu veux retourner la bas ???
-Tu nous conduis et tu te tais.
-J’aime pas quand tu es comme ça !
-Alors obéis !
-D’accord.
Dragon blackshadow
 Blackshadow 
 Le 06/08/2007 à 23:03:43 
Let's start again !
Dragon blanc
 Pouleman 
 Le 02/09/2007 à 11:34:37 
La végétation luxuriante ralentissait l’avancée du groupe mais Elvyan semblait à l’aise et frayait sans problème un chemin grâce à son épée, ainsi, au bout de quelques heures, ils débouchèrent sur une clairière assez large. La jeune femme avançait d’ailleurs d’un pas assuré lorsqu’elle s’arrêta brusquement en plein milieu de celle-ci. Puis, soudainement, elle plongea sur le côté, ses autres compagnons tentèrent de l’imiter mais à peine avaient-ils esquissés leur mouvement qu’ils furent projetés en arrière contre un arbre. Ils essayèrent de se dégager mais c’était vain, ils étaient immobilisés, comme ligotés contre l’arbre.

« Qu’est-ce que… !? Des liens de mana ! » S’écria Lelyawë

« Elvyan ! Aide-nous ! » cria Anaya à l’attention de la guerrière.

Mais la jeune femme ne réagit pas, elle se releva et resta droite, son épée toujours à la main. Finalement un homme pénétra dans la clairière, il était encapuchonné et portait dans ses mains un épais livre à l’air ancien donc la couverture elle-même était abîmée par le temps.

« Et bien, et bien… qu’elle vitesse de réaction. Mais je n’en attendais pas moins de toi Elvyan Estharh. »

Les yeux de la guerrière s’assombrirent en fixant le nouvel arrivant et elle pris enfin la parole :

« Alors c’est toi… comment ose-tu te servir de ton savoir de cette manière ? Tu devrais avoir honte, après tout ce que ton maître à fait pour toi. »

« Et c’est toi qui me dit ça ? Qu’elle bonne blague, » répondit-il avant de se mettre à rire.

« Libère-les immédiatement et écarte-toi de notre chemin ! » s’écria-t-elle alors en balayant l’air de sa main libre.

« Ne joue donc pas aux personnes compatissantes, tu ne peux éprouver de tels sentiments et le sait. »

« Que veux-tu à la fin ? »

« A ton avis…. Ta mort, » dit-il d’un ton sombre. « Et l’œuf, bien entendu, » rajouta-t-il avec un sourire qui ne présageait rien de bon.

« Et tu crois pouvoir faire le poids face à moi ? La magie n’a plus de secret pour moi depuis longtemps et tu le sais, ce ne sont pas tes petits sorts qui me tueront. »

« La magie…. Oui… mais ce n’est pas la seule chose qui peut venir à bout de toi… » répondit pensivement l’homme en la regardant droit dans les yeux.

La jeune femme plissa ses yeux et fixa un long moment le mage en se demandant de quoi il voulait parler. Mais il ne répondit pas à son interrogation muette et ouvrit simplement son livre, entamant par la suite une incantation. Au bout de quelques secondes un cercle de télépointage apparu et en sorti des créature ni mortes, ni vivantes. Des humains, des elfes, des orques… se dressèrent dans la clairière et fixèrent de leurs yeux hagard la guerrière qui se tenait devant eux. Ils étaient au moins une vingtaine et fondirent sur Elvyan. Cette dernière esquiva son première assaillant et abaissa son épée sur sa nuque, le décapitant au passage, ce fut le premier coup qui entama une danse mortelle. Elle esquivait en faisant quelques pas de côtés et assénait des coups en réponse, empêchant les mort de riposter par la suite, le tout formant une danse à la fois magnifique et terrifiante.

Réstlin n’en croyait pas ses yeux, l’homme encapuchonné était visiblement un excellent nécromancien, peut-être même celui d’Al’Merchek. Il continuait de bouger ses lèvres sans dire un mot, se concentrant, et le mage compris tout de suite qu’il préparait quelque chose.

« Je n’arrive pas à me dégager…. » fit Kelnor essouflé.

« Tu ne pourra pas, » répondit Ashen avec calme tout en regardant Elvyan besogner contre les charognes vivantes. « Ce sont des liens de mana, rien ne poura les enlever sauf le jeteur de sort ou quelqu’un de plus puissant. »

« Je m’inquiète pour Elvyan, ils sont nombreux tout de même… » reprit Anaya qui n’arrivait pas à détacher son regard de la scène.

« Il n’y a pas de quoi, ce ne sont que des mort-vivants, ils ne peuvent pas grand-chose contre elle, » répliqua le fils d’Auroch. « Ce qui m’inquiète en revanche c’est-ce que prépare ce mage, il m’a l’air bien confiant, je me demande ce qu’il à pu trouver à faire. »

« Alors ? C’est tout ce que tu peux faire ? » demanda alors Elvyan d’une voix forte et assurée.

La jeune femme avait mis hors d’état de nuire ses assaillant et prenait appui sur son épée, visiblement blasée et légèrement égratignée à quelques endroits.

« Bien sûr que non, mais j’ai bientôt terminé. »

Elvyan fronça les sourcil et se lança contre le mage, bien décidée à ne pas le laisser continuer plus en avant son incantation. Mais, arrivée à un mètre de lui elle fut repoussée en arrière et le mage se mit à avoir un rire dérangeant?

« C’est un bouclier magique que rien ne peut percer, même toi tu ne pourra rien contre lui ! »

En effet, une étrange barrière de mana l’entourait et rien n’aurait pu la pénétrer pour le moment à part un sort lancé contre elle. Mais le mage avait confiance et il se remit à lire un passage de son livre. Les corps disparurent aussi sec et à la place apparut sur le sol un nouveau cercle de télépointage Bientôt un nouveau corps se matérialisa à cet endroit et le sorcier se remit à rire comme un fou en imaginant la suite des évènements. Le nouvel arrivant était encore étendu sur le sol et portait des vêtements funéraires assez ancien. Le mage continua de psalmodier son incantation et une lumière pénétra dans le corps du défunt. Elvyan, quant à elle, ne bougeait pas, son épée était baissée et son regard vide. Le cadavre se leva alors et le reste du groupe découvrit alors son visage, malgrés les trace de décomposition avancée on pouvait tout de même deviner qu’il avait été assez beau et ses cheveux noirs, bien que peu nombreux désormais, reflétait une légère couleur bleuté de temps en temps.

« Par tous les dieux… » murmura Ashen dans un souffle. « Impossible… »

« Qu’y a-t-il ? Qui est-ce ? » demanda Lelyawë.

Mais le fils d’Auroch ne répondit pas, Elvyan était comme statufiée sur place et répétait d’un ton mortifiée et surprise les même mots :

« Non… c’est…. Toi… tu…. » C’est alors que des larmes se mirent à couler le long de ses joues pâles, sa voix entrecoupée de sanglots. « C’est… bien toi ? C’est… réellement toi ? » elle pleurait désormais pour de bon et son visage était trempé de larmes.

« Oui, c’est bien moi… » répondit finalement l’homme avec un étrange sourire. »

La jeune femme ne put se retenir plus longtemps, des larmes qui semblaient contenues depuis tellement de temps coulaient à flot, elle couru vers l’homme, prête à le serrer dans ses bras, mais, alors qu’elle allait se jeter sur lui, elle se retrouva à terre, il l’avait frappé avec une force incroyable et avait maintenant dégainé deux fines dagues à lames recourbées propres aux voleurs.

« Mais… qu’est-ce que… pourquoi ? » demanda-t-elle stupéfaite.

« Elvyan ! » s’écria Ashen. « Ne te laisse pas prendre ! Ce n’est plus lui ! »

« Mais… mais si… c’est lui… c’est… c’est Olaen… mon Oli… »

Elle se releva, n’écoutant pas les mises en garde du fils d’Auroch, et avança une nouvelle fois vers le cadavre. Cette fois-ci ce dernier leva simplement la main et claqua des doigts, une boule de feu tomba sur Elvyan qui l’évita de justesse, un pan de sa chemise brûlant légèrement. La jeune femme se releva toujours aussi incrédule et fixa le défunt qui la regardais de ses orbes vides. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il lui faire ça ? C’était pourtant bien lui… ces vêtements… ce visage… un éclair la fit sortir de sa torpeur, elle l’évita juste à temps mais ne comprenait toujours pas.

« Olaen ! » hurla-t-elle. « Pourquoi ? »

« Parce que tout est de ta faute, » répondit-il simplement.

« De… ma… faute ? » répéta-t-elle horrifiée.

« Ne l’écoute pas Elvyan ! Ce n’est plus lui ! Il est manipulé ! » lui lança Ashen en tentant de la ramener à la raison.

« Bien sûr, de ta faute, » reprit Olaen. « C’est à cause de toi que nous sommes mort, tu n’as pas su les protéger, ni eux, ni toi… si je suis mort, c’est par ta faute. »

« Non ! C’est faux ! Ne l’écoute pas Elvyan, tu n’y pouvais rien ! »

Elvyan s’arrêta net, ses yeux rouges et gonflés par les larmes étaient posés sur le sol, elle n’écoutait pas Ashen, seul la voix d’Olaen lui parvenait et avec des images du passé lui revenait en mémoire… Les flammes, les cris, le bruit des armes… et surtout son cri à lui, lorsqu’il s’était interposé entre elle et l’épée adverse, les larmes cessèrent de couler, elle se mit droite et regarda l’homme d’un air sérieux et désespéré

« Je comprend… c’est… c’est pour cela que… tu est revenu… je… moi-même je ne peux vivre avec ce poids, pas si tu ne peux te reposer, je dois payer ma faute. »

En disant cela elle avait baissé la tête et ses doigts s’étaient desserrés de la garde de son épée qui finit par tomber par terre dans un bruit sourd. Finalement elle écarta les bras en croix, un sourire triste et des larmes sur le visage. Un sourire carnassier apparut sur le visage d’Olaen, Ashen dit quelque chose mais la jeune femme ne l’écoutait plus depuis un moment déjà.

« Je vais enfin reposer en paix Elvyan… Adieu… princesse. »

Quelque chose fit alors réagir la jeune femme, il claqua des doigts et un éclair frappa l’endroit où se trouvait la guerrière, la lumière aveugla tout le monde un instant, lorsque Miguel pu rouvrir les yeux il s’attendait à trouver le coprs d’Elvyan étendu sur le sol mais en fait elle était accroupie à côté de l’endroit où elle se trouvait auparavant, le guerrier comprit qu’elle avait du rouler sur le côté, il se rendit compte que quelque chose avait changé chez elle. La tristesse avait disparu de son visage à la place on pouvait deviner de la fureur.

« Toi… »

« Pourquoi résiste-tu ? » demanda Olaen d’une voix morne.

La jeune femme avait retrouvée son calme et s’était relevée, son regard était sombre et fixait ses deux ennemis toujours crispée de colère.

« Tu as fait une grave erreur Gledoc…. » dit-elle le regard noir.

« Comment ? » murmura le mage incrédule. « Et laquelle ? »

Elvyan ramassa son épée, le visage fermé et son bras tremblant légèrement de fureur.

« C’est simple… Olaen ne m’a jamais… jamais appelée Elvyan, » répondit-elle avec un léger sourire aux lèvres et le regard sérieux

« Quoi ? Mais… je sais que… » le sorcier ne comprenait visiblement rien de ce qui était en train de se passer et semblait essayer de trouver une solution rapidement face à ce retournement de situation imprévu.

La guerrière essuya ses larmes avec sa manche avant de se mettre en position de combat. Olaen lança une nouvellet boule de feu mais la jeune femme était prête et esquiva facilement avant de dire à son tour :

« Ce… ce n’est qu’une pâle copie. Son âme repose… je le sais… sa force n’est rien comparée à celle du véritable Olaen… »

Et ne laissant aucun répit au mort-vivant elle s’élança vers lui et enfonça sa lame profondément dans son cœur, de ses deux mains, des larmes coulant sur son visage. L’expression de l’homme sembla surprise une seconde puis un sourire apparu sur ses lèvres. Un sourire doux et soulagé. Il s’effondrait doucement sur le sol lorsqu’au moment où son visage passait devant celui de la guerrière celle-ci l’embrassa toujours en pleurant. Le corps atteignit le sol et Elvyan récupéra son épée avant de se tourner vers Gledoc.

« T’en prendre aux gens qui me sont cher… t’en prendre à des innocents… tu est la honte de ton maître… »

« Tu ne pourra pas me battre, ce bouclier me protège ! »

L’humaine ne l’écoutait plus, les paroles n’avaient plus de sens pour elle, elle était enragée. Elle ressera son étreinte sur la garde de son épée et fondit sur le mage. Elle abattit durement son arme sur le bouclier. Elvyan fut violement projetée en arrière et lorsqu’elle se releva elle découvrit la lame de son arme brisée.

« Rien ne peut briser ce bouclier, même pas la grande Elvyan, la dame aux dragons. Dire que j’ai brisée l’épée dite invulnérable dElvyan ! »

Mais la jeune femme n’avait pas l’air plus surprise que ça, elle fixa nonchalamment le reste de l’épée qu’elle tenait dans la main et la jeta au loin comme un vulgaire bout de bois. Le mage sembla quant à lui surpris et la guerrière posa une main sur sa hanche en fixant l’homme droit dans les yeux. Il était hors de question qu’il s’en sorte ainsi, elle allait lui faire payer, elle le devait, pour la mémoire d’Olaen.

« Idiot… tu croyais vraiment qu’un vulgaire bout d’acier pouvait être « mon » épée ? Celle qui m’a suivie pendant des années, celle qui m’a vu gagner tant de combats ? » fit-elle en tendant son bras droit sur le côté. « Tu veux vraiment voir à quoi ressemble mon épée ? Et bien prépare-toi car ce sera la dernière chose que tu verra ! ! »

Sur ces mots elle tira sur sa manche et son bracelet apparut. Le dragon ciselé dessus sembla s’animer pendant une seconde et la guerrière tendis sa main comme pour attraper une garde. Elle ferma les yeux et ce fut comme si le dragon devenait vivant, tournant autour du poignet de la jeune femme.

« Je t’en conjure, gardien du pacte, moi qui suis liée à toi depuis tant de temps, moi qui aie liée ma vie à la tienne, toi qui m’a offert ta force tout au long de ces années, toi qui est le dernier vestige d’un royaume enfoui ! Je t’appelle, du plus profond de mon âme, pardonne mes actes, pardonne cette période où j’ai été faible, j’en t’en conjure, apparaît ici et maintenant. Que ta force soit mienne, ici et à jamais ! Au nom de la seule et unique lumière d’espoir qui ai jamais existé en ce bas monde. Dr Akan ! ! »

Le dragon d’argent tourna de plus en plus vite autour du poignet de la jeune femme et finalement il glissa dans sa main et bientôt une longue épée apparut dans le creux de la paume d’Elvyan. La lame était brillante, des symboles gravés sur la lame, la garde était formée de deux dragons entrelacés aux yeux de pierres précieuses. C’était une arme magnifique où l’on sentait émaner d’elle une étrange force. La guerrière porta l’épée devant elle et baissa légèrement la tête, les yeux attristés.

« Pardonne-moi Drakan… de t’avoir abandonné toutes ces années… » dit-elle d’un ton sincère.

« Je mentirais si je disais que je ne t’en veux pas… je t’ai vu combattre et tuer durant tout ce temps… sans jamais me laisser me repaître de quoi que ce soit… mais t’entendre m’appeler me fait plaisir et j’accepte tes excuses. Je serais donc ravi de pouvoir te transmettre une nouvelle fois ma force, » répondit une voix grave et lointaine qui surpris tout le monde présent.

« Qu… qu’est-ce que c’était… ? » demanda Kelnor en regardant autour de lui.

« Drakan… l’épée des dragons… l’épée d’Elvyan… » répondit simplement Ashen qui fixa la lame un instant. « Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu… elle est toujours aussi belle. »

« L’épée des dragons ? Qu’est-ce que c’est ? » demanda Lelyawë qui n’en avait visiblement jamais entendu parler.

« La seule épée qui ai jamais été forgée par le pouvoir d’un dragon, » reprit Ashen d’un ton calme.

« Le pouvoir… d’un… dragon ? » répéta lentement Anaya en fixant la guerrière qui semblait prête à en découdre avec leur ennemi.

Elvyan quant à elle fixait le mage avec un calme étrange, puis finalement elle leva son épée et l’abattit brusquement, faisant siffler l’air au passage. Gledoc en fut tellement surpris qu’il en lâcha son livre qui tomba sur le sol dans un bruit mate. La jeune femme en profita et fonça sur lui la lame de son épée frottant le sol en laissant un léger sillon dedans. Arrivée en face de lui elle sauta brusquement en l’air et la lame suivi de mouvement, continuant son sillon mais cette fois-ci dans la chair du sorcier qui hurla alors qu’Elvyan se rattrapait derrière lui, tournant finalement sur elle-même, Drakan tranchant l’air, décapitant Gledoc sans rencontrer aucune résistance. La tête retomba sur le sol et le silence se fit dans la forêt, plus un bruit ne vint perturber le calme étrange et un peu lourd de la scène. Une aura meurtrière entourait toujours la guerrière dont les yeux bleu semblaient briller d’un étrange éclat doré. Son épée toujours en main elle s’avança en titubant légèrement, cramponnée à la garde de Drakan elle ne s’occupa pas de ses compagnons désormais libérés et se rendit près du corps d’Olaen. Elle le fixa un long moment, personne n’osant approcher, sentant qu’il n’en faudrait que peu pour que son épée siffle une nouvelle fois dans les airs. Quelques secondes s’écoulèrent dans un silence pesant, le temps s’arrêtant autour des deux êtres dans la clairière. Puis, finalement, Drakan glissa des mains de la jeune femme et se planta dans le sol alors qu’Elvyan s’écroula sur le corps du défunt en hurlant son désespoir.

« Olaen ! ! ! Olaen ! ! Carro ! ! Carro ! ! »

Elle prit le corps contre elle et se mit à pleurer à chaude larme, sa peine sembla parcourir la forêt car aucun oiseau ne reprit son chant. Un hurlement déchira l’air et elle appella de nouveau son amant perdu en basculant d’avant en arrière, le tenant contre elle, gardant sa tête contre sa poitrine. Une vague de folie semblait avoir pris possession d’elle et aucun des membres du groupe n’osa s’approcher. Mais finalement Miguel prit son courage à deux mains, détestant voir une femme pleurer il s’avança d’un pas peu assuré et se pencha légèrement en posant une main sur son épaule. Mais bien vite il retira cette dernière et eut un mouvement de recul en voyant l’air désespéré de la jeune femme, comme si rien de pire n’aurait pu arriver. Il voulu dire quelque chose pour l’apaiser mais rien ne vint, c’était comme si sa voix était bloquée dans sa gorge.

« Pourquoi ? ? ? Pourquoi ? ? Olaen ! ! ! ! ! »

Elvyan était dans un état second, dans sa tête repassait le fil de sa vie passé. Lorsqu’elle était encore heureuse, lorsqu’elle pouvait espérer à un avenir serein. Elle revoyait les jours heureux où elle se chamaillait avec son aimé, où elle se battait avec lui, où elle s’entraînait des heures durant avec son âme sœur pour que cela finisse quasiment à chaque fois au lit. Et elle revit le sourire espiègle des deux âmes qui les avaient finalement rejoint. Tout était perdu de nouveau, elle avait pensé que la solitude l’avait guérie, qu’elle pouvait de nouveau vivre… mais le revoir l’avait détruite à nouveau. Elle se sentait tellement seule, pourquoi est-ce qu’elle devait survivre ? Pourquoi devait-elle vivre ? Etait-ce une facétie des dieux ? Elle continua de pleurer et de crier sur le corps de son défunt mari, laissant des anciennes larmes souiller une nouvelle fois ses yeux de saphire. Anaya s’approcha doucement et s’accroupit à côté d’elle en essayant de murmurer des mots apaisant, mais elle n’écoutait pas, elle était seule dans son désespoir, seule avec sa peine…

« Par tous les dieux… c’est… » commença Miguel un peu déstabilisé.

« Bizarre comme scène de la part d’Elvyan ? » continua Ashen le regard sombre. « Non, ça ne l’est pas… je ne connais pas toute sa vie mais je sais qu’elle a beaucoup souffert de la perte des siens. »

« Cet homme… c’était un sorcier ? » demanda Réstlin tout bas, n’osant pas élever la voix.

« Oui, un excellent sorcier bien que je ne me souvienne pas l’avoir jamais entendu parler de ses études, Elvyan disait toujours qu’il avait ça dans l’âme mais je ne saurais dire si elle se moquait ou si elle était sérieuse. »

« Que… que pouvons nous faire ? » fit Miguel en fixant Anaya qui essayait de faire réagir la guerrière.

« Rien… pour le moment… rien… » fit le fils d’Auroch en secouant la tête, visiblement attristé par ce qu’il voyait.

Elvyan quant à elle continuait de hurler et de pleurer sur le corps de son amant de toujours, sur une des quatre seule personne qui avaient jamais illuminés son cœur. C’est alors que quelque chose se produisit, tandis que tout le monde était préoccupé par ce qu’il venait de se passer, personne ne remarqua l’étrange lueur qui d’un coup venait d’apparaître au dessus du corps inanimé. D’une étrange couleur bleuté elle sembla s’intensifier et vibrer un instant jusqu’à ce que finalement Lelyawë la remarque.

« Qu’est-ce que c’est que ça… » murmura-t-il en plissant ses yeux mauves.

Il s’approcha pour essayer de voir ce que cela pouvait bien être mais avant même qu’il puisse faire deux pas la lueur pénétra instantanément dans le corps d’Elvyan. Cette dernière eut un spasme et poussa un cri de surprise avant de finalement s’effondrer sur le sol, Olaen toujours dans ses bras. L’elfe se précipita vers elle et la secoua pour essayer de la réveiller.

« Elvyan ? Elvyan ! »

Mais rien à faire, elle était profondément endormie et des larmes coulaient toujours le long de ses joues.

« Que s’est-il passé ? Qu’est-ce que c’était ? » demanda rapidement Anaya

Ashen s’approcha de la jeune femme et posa sa main sur son front en fermant les yeux. Il les rouvrit quelques secondes plus tard et sourit un peu avant de se redresser.

« Tout va bien, ce n’est pas un sort… je ne sais pas très bien ce que c’était mais je crois que tout va bien… montons un camp ici et attendons, » dit-il calmement.

Tous eurent un mouvement de la tête pour acquiescer, passablement inquiet pour leur compagne de voyage. Ils se mirent pourtant tous au travail et quelques minutes plus tard le campement était monté et Elvyan allongé non loin du feu, le visage à la fois paisible et tourmenté. Drakan était toujours planté dans le sol, là où elle était tombée auparavant. Réstlin avait voulu l’en déloger mais Ashen le lui avait formellement déconseiller, lui rappelant qu’elle était magique et avec sa propre conscience. Elle n’aurait pas accepter qu’un autre qu’Elvyan la prenne, à moins que le mage prenne le risque de perdre son bras. Ils ne pouvaient donc qu’attendre que la guerrière se réveille pour pouvoir repartir puisqu’elle était la seule à connaître le chemin qui menait vers le village des dragontyr.

**************************************

Noir… tout était noir… même la petite lueur d’espoir qui régnait auparavant dans ces ténèbres avait disparue. Il n’y avait plus rien, plus rien ici… juste d’immense ténèbres… tout avait disparu, la lumière avait été remplacée depuis longtemps. Et elle était seule, recroquevillée sur elle-même, pleurant son désarroi qui remplissait les ténèbres par ses doutes. Rien ne pouvait la consoler, rien ne l’atteignait. Elle était toute seule, elle avait été abandonnée, plus rien ne pouvait la sauver désormais. Elle allait se faire engloutir et cette fois rien ne viendrait la sauver, plus personne ne pouvait rien pour elle, plus jamais.

Les ténèbres se dissipèrent pourtant, laissant apparaître une petite lueur bleue, elle ouvrit lentement ses yeux gonflés de larmes et fixa cette lueur. Que voulait-elle ? Lui rendre le peu d’espoir qu’elle pouvait avoir ? Non, elle ne voulait plus souffrir, plus jamais, elle ne voulait plus avoir à faire à tout ça. Elle voulait mourir, elle voulait que cela se termine, que sa trop longue vie se termine enfin. Alors elle rejetta cette petite lumière qui voulait d’approcher d’elle, elle lui cria dessus, elle voulait rester seule, seule dans les ténèbres, car ainsi, plus personne ne serait blessé autour d’elle. Mais c’était sans compter la persévérance de la lueur qui s’approcha d’elle un peu plus et qui soudainement prit forme humaine.

« Evy… ne pleure pas… » cette voix douce et chaude, protectrice et calme.

« Non, laisse-moi, j’en ai assez, j’en ai assez ! » hurla-t-elle en secouant violement la tête.

« Chut… reprend-toi… ils ont besoin de toi… de nous… » reprit la lueur en posant une espèce de main sur la tête de la jeune femme.

« Non… personne n’a besoin de moi, personne ! ! ! »

« Et si je te disais que nous sommes au moins deux à t’attendre ? » fit malicieusement la petite voix.

« D…deux ? »

Elvyan fut piquée de curiosité et releva sa tête lentement. La lumière bleue s’étendit brusquement et l’image d’un jeune homme adossé à une fenêtre apparut au côté d’une jeune femme riant avec des enfants. La guerrière écarquilla les yeux et se remit à pleurer brusquement.

« Non… non… ils vont… encore… être blessés par ma faute, je ne veux pas ! ! » s’écria-t-elle.

« Ne dit pas ça… ils ont besoin de toi… ils sont seuls sans toi… ils ont une nouvelle chance, ne la laisse pas la gâcher… »

Elvyan se mordit la lèvre en détournant les yeux, elle ne voulait plus faire de mal aux gens, elle ne voulait plus qu’il leur arrive quelque chose de mauvais. Et pourtant, les revoirs… elle avait l’impression que son cœur reprenait vie. Ils étaient à la fois pareil et différent, elle… les voulaient… la lueur avait compris cela et s’approcha de la jeune femme, sa forme humaine se faisant plus précise et faisant apparaître une belle femme au sourire d’ange.

« Ma chérie… tu as été comme ma fille, je ne veux pas te voir pleurer… sourit, reprend goût à la vie que les dieux t’ont donnée… je t’en prie… »

« Altesse… je… »

Elvyan ferma les yeux et senti quelque chose lui réchauffer le cœur. Des souvenirs, des souvenirs heureux lorsqu’elle était encore une femme joyeuse. Les sourires, les rires et même les pleurs… la femme l’enveloppa doucement entre ses bras et la serra contre elle avec un sourire doux.

« Tu dois être forte… n’oublie pas que la lune te protège… »

« La lune… » répéta doucement la jeune femme. « Mais… vous êtes morte… »

« Mon corps l’est et mon âme à peut-être été enfermée… mais je crois que je peux toujours protéger ceux qui me sont cher… »

Un appaisement certain pris la guerrière, elle senti le poids de toutes ces années s’envoler et doucement les ténèbres diminuèrent autour d’elle. Elle rouvrit lentement les yeux pour fixer celle à qui elle avait voué son âme mais ne la trouva point. Elle regarda autour d’elle et l’appella mais aucune réponse ne lui vint. Elle crut qu’elle allait se remettre à pleurer mais la voix reprit doucement dans le lointain.

« Le temps des pleurs est terminé, tu est une guerrière, tu est la dernière de ta race, vit, survit et continu notre œuvre… »

*********************************


Elvyan rouvrit lentement les yeux, elle se sentait tellement fatiguée. Elle se redressa lentement et porta un main sur son visage. Un rêve ? C’était… un rêve ? Elle regarda autour d’elle, elle était seule dans un campement, elle reconnaissait la forêt qui menait à Elissarn. Elle se leva lentement et regarda autour d’elle, elle était seule… non, elle entendait des voix au loin. Elle passa une main dans ses cheveux et soupira avant de lever les yeux au ciel. Le soleil déclinait, depuis combien de temps dormait-elle ?

« Une journée complète, » lui répondit une voix à sa question muette.

La guerrière tourna lentement son visage vers la voix et reconnut Ashen. Ah oui… le combat… Olaen… elle senti la peine lui revenir mais elle la chassa d’un revers de la main sur son visage. Anaya se précipita vers elle et lui prit les main en la regardant droit dans les yeux.

« Tu va bien ? On était inquiet tu sais… Ashen nous avait dit de ne pas nous inquiéter mais… »

« Je vais bien, ne t’en fait pas, » la coupa Elvyan avec un sourire calme et reposé.

L’elfe noire écarquilla les yeux de surprise et recula un peu, ne comprenant pas vraiment ce brusque changement d’attitude. Kelnor resta bouche bée au point qu’il en lâcha le bois qu’il avait ramassé avec ses compagnon. Mais la jeune femme n’y prêta pas attention et s’approcha de Drakan pour la retirer l’entement de terre.

« Pardon, je t’ai négligé, je suis désolé, » murmura-t-elle tout bas.

L’épée ne répondit rien et reprit juste sa place autour du poignet de la jeune femme. Cette dernière s’étira dans un soupir et se retourna pour faire face à ses compagnons, l’air à la fois géné et apaisé.

« Pardonnez-moi… je… je n’aurais pas dû me montrer si… »

« Froide ? Hautaine ? Mesquine ? Sarcastique ? » continua Ashen calmement en s’asseyant près du feu qui commençait à décliner.

« Distante, » reprit Elvyan en jettant un œil inquisiteur au fils d’Auroch qui lui sourit simplement.

« Tu as tes secrets, tu n’as pas jugé bon de nous les faire partager, c’est tout, » dit simplement Lelyawë en prenant place lui aussi non loin d’Ashen.

La guerrière eut un petit rire, tout le monde la regarda avec surprise et elle leur tourna le dos avant de reprendre sérieusement.

« Vous voulez savoir qui je suis ? Où sont les mensonges et où est la vérité ? Alors ne m’interrompez pas, sous aucun prétexte, »

« De quoi ? » s’exclama Miguel avec surprise avant de se ressaisir et de s’asseoir à son tour.

La guerrière soupira et tous s’assirent à l’exception de l’humaine qui préféra fixer le lointain avant de se retourner en prenant une grande inspiration.

« Techniquement je ne vous ai jamais menti… mon nom est bien Elvyan Estharh et je suis bien une humaine. Je connais effectivement un dragontyr et… en fait.. Je les connais tous, par cœur, depuis longtemps, » un bref murmure passa parmis le groupe mais il se tu rapidement. « Mon nom complet par contre… je vous l’ai caché … » elle sembla hésiter mais Ashen l’encouragea d’un regard et elle continua. « Mon nom est Alkianne Elvyan Eshtarh Dragontyr, »

« Quoi ?? » s’exclama Lelyawë en recrachant presque l’eau qu’il venait de boire. « Mais… c’est impossible ! »

La jeune femme lui lança un regard lourd de sens et il se tu en s’essuyant la bouche.

« La légende des dragontyr… n’est pas tout à fait vraie… » reprit-elle mal à l’aise. « Je suis effectivement la fondatrice du clan mais je ne suis pas comme on me décrit, je ne suis pas bonne et généreuse, je ne sauve pas la veuve et l’orphelin… en fait, j’ai toujours agit pour mon propre compte. » elle regarda un peu ailleurs et reprit. « L’épisode du saccage des barbares… où l’on dit que je passais par là et que je suis intervenue courageusement pour sauver le village, risquant ma vie pour eux sans raison… c’Est-ce que les gens ont bien voulu retenir de moi… ce qu’il s’est passé ce jour là n’as rien à voir avec ce que raconte cette histoire qui a été embellie, édulcorée et tout ce que l’on peut faire de mieux pour me mettre en avant. »

« Comme dans la plupart des légendes, » hasarda Kelnor.

« Les légendes… oui, beaucoup de légendes sont bien fausses… d’ailleurs je ne comprendrais jamais pourquoi les elfes n’en rétablissent pas plusieurs… » fit-elle d’un air pensif.

« Les humains ont besoin de croire et d’espérer, il arrive que la vérité puisse choquer, » répondit simplement et sagement Lelyawë

« Et bien permettez-moi de vous dire que vous pouvez tous oublier le moindre bienfait que l’on me prette, je suis une mercenaire, je n’ai jamais rien fait par bonté de cœur, je n’ai jamais combattu pour le simple honneur et j’aurais encore moins tenté de donné ma vie pour un village attaqué par des barbares ! » dit-elle un peu froidement.

« Hum… excuse-moi mais… » commença doucement Anaya. « Quel âge as-tu en fait ? » demanda-t-elle génée.

Alkianne eut un sourire mystérieux et fixa Ashen longuement avant de soupirer.

« En fait… je suis plus vieille que « ça » » dit-elle d’un ton las en pointant l’homme du doigt.

Tous restèrent bouche bée en fixant Ashen, était-ce seulement possible ? Mais ce dernier ne nia pas et hocha même de la tête pour acquiescer à ses paroles.

« En fait, je suis la dernière survivante et le dernier modèle vivant de ce qu’étaient les humains avant que les dieux n’interviennent dans tout ce micmac, » fit-elle en baissant les yeux. « Alors qu’on ne leur avait rien demandé… » ajouta-t-elle pour elle-même dans un murmure amèr. « Pour un raison qui m’a toujours échappée je n’ai jamais vieilli lorsque j’ai atteint mes Vingt ans… c’est comme si… le temps s’était arrêter en moi… » en disant ces paroles elle avait posé ses mains sur son ventre alors que ses yeux s’étaient assombri. « Mais bon, ce ne sont pas vos affaires, » continua-t-elle rapidement. « Ce que je peux vous dire c’est que j’ai crée le clan pas par fatigue des combats mais… par peur de l’oublie. Lentement je me rendais compte que j’oubliais certaines choses… alors j’ai commencé à écrire, tout ce que je savait, tout ce dont je me souvenais, de mon enfance, du royaume où j’ai grandit, de notre chute… puis des voyages que j’ai fait, des connaissances que j’ai accumulés… finalement je ne pouvais plus transporter ce que j’écrivais, alors je me suis installé dans un endroit tranquille, ou je pourrais être seule avec l’homme que j’aimais… Puis des gens sont venu, réclamant de connaître mon savoir… je l’ai fait, avec plaisir, ne voulant pas que l’on oublie ceux qui ont toujours tout fait pour protéger notre monde, mais cela ne se déroula pas bien… pas bien du tout… Un jour un elfe vint nous voir, il demanda à ce que je lui parle de tout ce que je savais, j’étais étonnée qu’un elfe ose m’approcher alors que la plupart de ses semblables ne voyaient en moi qu’une étrange erreur des dieux… nous avons discutés longtemps ensemble… durant pas moins de trois ans il est resté ce qui était devenu le petit village d’Elissarn, puis un jour, il est parti… sans même dire au revoir… je pensais qu’il n’avait pas voulu faire d’adieux déchirant mais… lorsque deux ans plus tard j’entendais de nouveau parler de lui… » sa voix se coupa net et elle baissa honteusement la tête.

« Tu veux dire que… cet elfe c’était… » commença Lelyawë

« Oui… je l’ai énormément regretté, terriblement, il utilisait ce savoir que je lui avait enseigner pour faire des choses horribles… alors j’ai décidé que plus jamais je ne laisserais quiconque posséder mes souvenirs et mes connaissances… le clan dragontyr c’est donc refermé sur lui-même ne laissant plus une chance aux étrangers de partager leur savoir. Et moi… j’ai continué à vivre, pendant des années, avec cet homme si cher à mon cœur qui m’avait été rendu par je ne sais quel miracle… »

« De quoi tu parle ? » demanda Miguel avec curiosité.

« Je n’ai jamais aimé qu’un seul homme… » dit-elle en levant la tête vers le ciel. « Peut-être les dieux ont-ils eut pitié de moi, de me voir si seule… ils me l’ont rendue… son âme, dans un corps tout neuf, dans une nouvelle vie. Je l’ai rencontré par hasard alors que je voyageais sans réel but, je l’ai tout de suite reconnu, il ne m’a d’abord pas reconnu mais petit à petit c’était comme si les souvenirs de son ancienne vie était revenu… il est resté près de moi… gardant une curieuse longévité presque équivalente à la mienne… nous ne comprenions pas c’était incompréhensible… mais bon, le principal était que nous étions ensemble. Nous avons vécut plusieurs siècles ensemble et puis… un jour… sans que je comprenne pourquoi… cette fois là avait été différente, c’était comme si quelque chose clochait… ce ne fut que trois mois plus tard que je me rendis compte que le temps tournais à nouveau en moi… »

« Oh ! » fit Anaya émerveillée, « c’est magnifique… »

Elvyan fit la moue et secoua la tête, faisant rougir l’elfe noir qui se sentait honteuse de sa réaction.

« Nous avons eu des jumeaux… Hélios et Gaïa… le temps semblait filer de nouveau, comme si les dieux avaient enfin éxaucés mes rêves les plus cher… je leur en voulais moins d’ailleurs, j’étais presque prête à me réconcilier avec eux… mais au bout de sept ans… ce fut… » elle ne put continuer et mit une main devant son visage pour retenir ses larmes. « Ils sont… tous les trois… je… nous étions heureux, nous étions bien… je pensais… pouvoir enfin… mourir normalement… mais… tout fut détruit, à nouveau… » elle se ressaisit lentement et continua d’une voix amer. « Je voulais me laisser mourir mais à cause d’une vieille promesse idiote je ne pouvais que continuer à errer… alors je suis parti, j’ai tout quitté, j’ai repris mon rôle de mercenaire et… me voilà aujourd’hui… » conclu-t-elle.

Personne ne parla, personne ne dit rien. Alkianne fixa la lune qui s’était levée entre temps et soupira un peu avant que Réstlin ne s’en mèle finalement, hésitant à hausser la voix.

« Et les dragons ? »

« Les dragons ? » répéta la guerrière, « Un lien ancestral m’unit à l’un d’eux… les autres… ils ont la nostalgie de cette époque où nous vivions en harmonie… alors ils m’ont demandé de les lier à certains humains, comme lors de cette époque lointaine ou le royaume de Lahanine était protégé par la déesse de la lune… »

« Lahanine ? La déesse de la lune ? Excuse-moi mais… la déesse de la lune n’a jamais existé, c’est la seule divinité qui ait été inventée par les humains, » comenta Lelyawë en prenant du pain.

Elvyan plissa ses sourcils et Ashen toussa avant de se lever pour poser ses mains sur les épaules de la jeune femme.

« Calme-toi… il ne peut pas savoir… » dit-il rapidement.

« Savoir quoi ? » demanda Miguel en fixant les trois intervenants.

« La déesse de la lune à existé ! Elle était la seule qui croyait en nous ! Elle était la seule qui croyait en un avenir où les dieux, les dragons et ce qu’ils avaient créés pourraient vivre en paix ! ! » s’écria Alkianne. « Elle est venu dans ce monde, ses frères et sœurs l’ont rejettés en disant que ce n’étaient que des idées folles ! Mais elle a persévérée, ses pouvoirs ont été bridés, séparés ! Mais elle n’a pas abandonné, elle a illuminé notre monde de sa lumière ! Les dieux ne sont que des abrutis qui n’ont pas su voir ce que elle, la déesse de l’espoir et de la vérité à sû voir ! Ils étaient jaloux ! Jaloux de ce qu’elle avait réussi à faire ! Alors ils ont décidés que c’était mal, ils ont tout enfermés ! Ils ont tout détruit ! Ils ont tués tout les êtres qui m’étaient cher ! Tout est de leur faute ! ! » continua-t-elle en repoussant Ashen. « Je les hais ! Ils ont enfermé la personne la plus importante à mes yeux, la personne la plus douce, la plus sage et la plus merveilleuse qui ai jamais existé ! »

Lelyawë ne fit aucun commentaire, il regarda juste la guerrière avec surprise alors que celle-ci tentait de reprendre son calme. L’elfe n’aurait jamais crut la voir dans un tel état pour une simple remarque. Il n’avait pas tout compris à ce qu’elle avait dit mais se senti touché par sa colère. Ashen quant à lui, recula plus loin, sachant qu’il ne ferait pas forcément de vieux os en restant près d’elle. Lui qui était un « proche » des dieux, elle le détestait pour ça, il le savait et il ne préférait pas être trop proche d’elle lorsqu’elle était dans une colère contre les dieux, allez savoir ce qui lui passerait par la tête. Les membres de la compagnie ne comprenaient pas bien pourquoi elle réagissait ainsi mais supposaient que ce n’était pas le moment de lui demander. Réstlin préféra donc changer de sujet rapidement.

« Mais alors… le parchemin… tu pouvais nous le traduire depuis le début ! Nous n’aurions pas eu à faire tout ce chemin ! » dit-il simplement et se rapprochant.

Tous fixèrent Elvyan avec un petit air de reproche, et celle-ci baissa les yeux, un peu génée par la remarque qu’on lui faisait. Elle passa une main dans ses long cheveux bicolores et soupira légèrement avant de se mordiller la lèvre inférieure.

« Je… ce n’est pas que je ne voulais pas… si j’avais pu, je me serais moi aussi passé de ce voyage… mais… mais au fil des années, à mesure que le temps passe… les choses changent, les dialectes évolus, les expressions diffèrent… Je ne comprend pas tous les mots et les expressions utilisés sur le parchemin, sans doute que le dragontyr à évolué au fil du temps. L’ancien dragontyr était le langage utilisé au royaume de Lahanine, il était même la langue commune de notre monde. Mais les choses changent avec le temps et cette langue aussi. Si au début j’ai suivis cette évolution… par la suite je n’y ai plus prêter attention, ce qui fait que beaucoup de choses ont changés et que je ne suis plus très sûre du contenu du parchemin, » expliqua-t-elle un peu honteuse.

Tous la regardèrent avec surprise et elle détourna les yeux avant de se gratter la temps gauche. Effectivement c’était un peu honteux mais c’était bien là la vérité. Quoiqu’il en soit, ils avaient perdu du temps à cause d’elle, ils allaient désormais devoir se dépêcher. Enfin, c’était ce qu’elle pensait leur dire jusqu’à ce que Réstlin reprenne avec ses questions qui commençaient doucement à échauffer les oreilles de la guerrière.

« Mais au fait… et le magicien d’hier ? Qui était-ce ? Celui d’Al’Merchek ? »

« Gledoc ap Ermig, il était autrefois le disciple d’Olaen, il lui avait tout appris, ils étaient assez complices en fait, c’est le seul apprenti qu’il ai jamais accepté, que ce soit dans cette vie ou dans la précédente. Un gamin intelligent de ce que je me souviens, mais ambitieux… je n’aurais jamais crut qu’il puisse tourner ainsi. Quant à Al’Merchek… je ne pense pas que ce soit lui, ses pouvoirs ne sont pas aussi étendu, un sous-fiffre sans aucun doute à qui on aura ordonné de s’occuper de nous. Mais ce ne doit pas être celui qui as ressuscité notre ennemi, » répondit-elle calmement en fermant les yeux tout en réfléchissant.

« Et l’œuf ? » demanda Kelnor en carressant sa coquille.

« Ithil… » commença-t-elle le regard sombre. « Je ne l’ai pas tout de suite reconnu, je l’avoue… mais si c’est vraiment lui… alors nous devons le protéger jusqu’à ce qu’il éclose, c’est-à-dire lorsqu’il se sentira prêt à affronter le monde, » répondit-elle.

« Tu l’a connu avant alors ? » demanda Anaya avec curiosité.

« Mais il se protège tout seul, on l’a vu sur le bateau ! » reprit Réstlin.

« En fait… j’ai surtout connu son père… c’est assez compliqué mais en résumé à mon époque si voir un humain se lier à un dragon n’était pas chose étonnante, c’en était pourtant rare, il existait peu de dragonnier, une élite. Par contre, la première reine de Lahanine, la reine Selyan la juste, incarnation terrestre de la déesse de la lune, à fait un pacte avec le roi-dragon Calerù, liant ainsi toute sa descendance et donc ses futures incarnations avec. »

« Incarnation ? Comment ça ? » demanda Lelyawë en plissant ses yeux.

Alkianne soupira légèrement et reprit.

« Lorsque la déesse est descendu sur terre pour se lier aux être vivants elle est tombée amoureuse d’un homme en plus d’être tombée amoureuse de la terre elle-même. Mais c’était impossible pour elle de rester ainsi, alors elle à divisé ses pouvoirs, en abandonnant une partie et en faisant en sorte que l’autre se propage de génération en génération, une partie de ses pouvoirs allant à sa fille et celle qu’elle possédait irait à sa petite fille à venir lorsqu’elle ne serait plus là… c’est assez compliqué et je n’ai pas envie de m’étendre là-dessus… en fait, chacune de nos reines étaient en quelques sorte la déesse, en tout cas une partie… »

« Je n’ai pas tout compris… » fit Kelnor en se mordillant la lèvre.

« Pas grave… » fit Elvyan en secouant la main. « Donc… Calerù se lia à la déesse et une ère de paix commença, jusqu’à ce que… quelque chose se passe… vous voyez, le pacte continu par le sang et la force à la naissance de l’enfant. Malheureusement lorsque la princesse Destiny est née il s’est passé quelque chose qui as perturbé la formation du lien… »

« Qu’est-ce que c’était ? » demanda Ashen, tout à coup intéressé

« Moi… » dis simplement Alkianne en baissant les yeux. « Nos reines sont toutes nées le même jours, quasiment à la même heure, lors de l’equinoxe de lune, malheureusement… je suis née en même temps que son Altesse Destiny, exactement au même moment… cela à tout perturbé pour une raison inconnue et… le lien s’est bien formé… mais avec moi. »

« Toi ? » s’exclama Miguel surpris

« Oui… c’est compliqué… quoiqu’il en soit, la princesse se trouva démuni de lien draconique, c’est alors que Calerù lui proposa sa descendance. La reine Elvyre trouva que c’était une merveilleuse idée et c’est ainsi qu’Ithil fut amener à devenir le futur Roi-dragon. »

« Et… ? » fit Réstlin.

« Et il ne s’est pas protégé tout seul sur le bateau… j’ai été moi-même surprise mais la force que j’ai ressentie était celle de Calerù, il à du sentir que son fils était revenu… je me demande même comment ça se fait qu’il soit toujours vivant, ça fait des siècles, voir des millénaires que je ne l’ai plus vu… quoi qu’il en soit, si Ithil s’est protégé, il n’aurait pas eu la force tout seul de le faire. Pas dans un œuf, » dit-elle calmement en priant pour que ce soit la dernière question qu’on lui pose, d’ailleurs elle fut d’avis de ne pas les laisser en poser plus. « Bon, c’est pas tout mais on a perdu du temps ! En route ! On verra pour d’autres questions plus tard ! »

La jeune femme ne leur laissa pas le temps de faire de nouvelles remarques et elle prit la direction d’un petit sentier, les laissant où ils étaient pour les forcer à la rattraper. Après tout, n’était-elle pas la seule à savoir où aller ? Elle fut rapidement rejoint et personne n’osa lui demander autre chose, jugeant qu’elle avait déjà beaucoup parlé pour le moment et que sans doute d’autres choses viendraient par la suite.

Ce ne fut finalement que trois heures plus tard qu’elle s’arrêta à nouveau, fixant quelque chose droit devant elle en soupirant, n’osant pas avancer plus loin.

« Qu’y a-t-il ? » demanda Miguel en se plaçant à ses côtés.

« Depuis combien de temps ne suis-je pas revenu… ils… ils doivent m’en vouloir… j’en suis certaine… » dit-elle d’un ton las.

« Ne dit pas ça, » tenta de la rassurer Ashen. « Je suis sûr qu’ils seront ravi… au pire, ils t’auront oublié… »

Cela ne fit rire personne et Alkianne encore moins. Elle hésita un moment encore avant de finalement sauter le pas. Elle traversa quelques un épais buisson et arriva bientôt sur une aire dégagée ou l’on voyait un peu plus loin des maisons. La jeune femme déglutis en revoyant tout cela et soupira avant d’avancer lentement. Il n’y avait personne pour le moment mais elle se doutait que ça n’allait pas tarder. D’ailleurs bientôt une femme avec un épais panier rempli de linge accompagnée de son enfant passa non loin avant d’apercevoir les voyageur. Elle s’arrêta net et les dévisagea un court instant avant que l’enfant ne cours en direction du village, sans doute pour en prévenir les habitants. Elvyan prit une grande inspiration et avança, elle détourna lentement les yeux et allait dire quelque chose lorsque le panier se retrouva brusquement sur le sol.

« Est-ce que… non… c’est… » la femme, sans doute âgée d’une soixantaine d’année, la fixa un long moment avant de finalement mettre ses mains devant sa bouche avec stupeur. « Dame Alkianne ? »

La guerrière rougit instantanément avant de baisser les yeux. Elle se souvenait d’elle ? Comment ? Pourquoi ? Alors qu’elle…

« Je… Reina ?» demanda Elvyan un peu surprise.

« Dame Alkianne, je suis Milla, la fille de Reina ! » s’exclama la femme toute excitée avant de se prendre les mains de la guerrière.

« Mi… Milla ? » Elvyan se senti génée et baissa la tête. « Tu as bien grandi… la dernière fois tu n’étais qu’une enfant… »

La femme se mit à rire comme une enfant et bientôt d’auter membre du village débarquèrent, gênant la guerrière qui ne savait plus vraiment où donner de la tête. Ils semblaient tous si heureux de la revoir, elle ne comprenait pas… alors qu’elle les avaient abandonnés… L’effervescence continua un moment jusqu’à ce qu’un vieillard calme les choses. Il ordonna d’une voix ferme à tout le monde de reprendre ses activités et conduisit le groupe chez lui avant de se tourner vers elle.

« Dame Alkianne… quel plaisir de vous revoir, pardonnez leur, ils sont tellement excités de vous revoir… » dit-il avec un sourire.

« Mais… je… je suis partie, je vous ai laissé… je… » fit Elvyan en baissant la tête.

« Nous savons bien que la mort de maître Olaen et de vos enfants vous as plus qu’ébranlé, nous comprenons votre geste et nous sommes heureux que vous soyez de retour… »

Alkianne baissa la tête et se leva avant de se diriger vers la porte. Elle ne dit rien et sorti juste alors que la nuit commençait à tomber.

« Hé ! Elvyan ! » fit Miguel en voulant la suivre, mais le vieillard le retint d’un mouvement de la main.

« Laissez-là… elle a besoin de temps je suppose, » fit l’homme avant de fermer les yeux et de reprendre. « Je suis Eryas, le doyen du village, vous qui avez ramenez notre maîtresse et lui avez rendu le sourire… qu’est-ce qui vous amène en ce lieu secret et protégé de l’extèrieur ? » demanda-t-il d’une voix calme et profonde.
Dragon faucheuse
 [?] Shadak 
 Le 04/09/2007 à 14:24:39 
La nuit se faisait calme sur le village.
Alors que tous les membres du groupe parlaient à l'intérieur de la maison, Lelyawë aperçu une ombre passer devant lui, d’abord il crut que ce n’était qu’un chat ou un gros rat mais quand cette « ombre » lui tapota l’épaule, c’est avec un grand geste qu’il se retourna pour frapper de son poing… le vide. Plusieurs fois dans la soirée il se passa la même chose avec différents membres du groupe, mais Ashen comprit qui s’amusait avec eux, les seules personnes capable de jouer de telles manières avec l’ombre étant les puissants assassins de l’ordre noir ou les maîtres voleurs.
D’un coup, un homme sortit de l’ombre et se tenait au centre de la pièce, il était vêtu de noir, une cape noire, un capuchon noir, des cheveux noirs, des yeux noirs. Tout en noir. Deux sabres à lames violettes pendaient à sa ceinture. Quand il ouvrit la bouche pour parler, ce fut avec une voix pleine d’assurance et d’autorité qu’il dit aux membres du groupe :
« Salutation à tous, je suis Shadak, je vous suis depuis vôtre retour dans la forêt. Je dois avouer que vous avez êtes facile à suivre mais de bons combattants ! Bravo mademoiselle dit-il à l’attention d’Elvyan, belle épée. Mon métier est…. Euh… peu…. Loyal, par contre, il permet de connaître bien des choses. À force de vous suivre et vous surveiller, j’ai appris que vous vouliez ramener de l’autre côté de la forêt un œuf de dragon, c’est bien ça ? Je vous avoue que je n’ai pas l’habitude de sauver mais plutôt d’oter la vie, par contre, j’ai un cœur plein de gratitude envers les dragons et il m’arrive de faire des quêtes nobles, telle celle des vigilants que vous connaissez sûrement ? Je n’ai pas osé vous aborder plus tôt par peur que vous ne me preniez que pour quelqu’un à la recherche de l’œuf. Alors, je vous dis ce que j’ai à vous dire et dites moi ce que vous en penser. Je suis venu vers vous pour vous aider à mener l’œuf à bon terme. Êtes vous d’accord ? »

Dragon blanc
 Pouleman 
 Le 04/09/2007 à 22:44:41 
Tous se retournaient sur son passage...

"Je me demande ce qu'ils ont tous ?" pensa-t-elle.

Le panneau qu'elle vit indiquait "Vous entrez dans la région du nord, prenez garde aux ours !"

La petite ville toute proche lui était famillière mais elle ne savait pas pourquoi. Elle fixa en point d'horizon les lointaines montagnes, toutes de blanc vétues, montant vers le soleil.

"Vous voulez un coup de main ?"

Elle se retourna pour constater qu'un costaud gaillard lui offrait de l'aide. Elle agrippa le manche de son arme et se mit à la faire tournoyer rapidement. On vit de suite que le grand bonhomme avait pris peur.

-"Je crois que je vais me débrouiller... mais, merci !" lui repondit-elle avec un clin d'oeil.

Ils firent quelques pas ensemble mais elle marchait bien plus vite que lui. La bourgade se nommait Dalfon, elle n'était pas bien grande mais elle était très fréquenté car elle se trouvait au début des terres du nord et beaucoup de voyageurs s'arretaient pour y faire des provisions et prendre un peu de repos avant de gagner le froid. En arrivant, la première chose qui retenue son attention fut la taverne, elle savait qu'il y avait souvent là informations et rumeurs. Regardant dans son sac, elle prit deux-trois piècettes pour se payer une choppe.

-"Qué qu'sa s'ra pour vous ma jôlie ?" Elle avait toujours apprécié les compliments, surtout ceux relatif à sa physionomie. Elle était très belle et le savait bien, elle en jouait parfois pour parvenir à soutirer un renseignement. Passant sa main dans ses magnifique cheveux chatains clair, elle prit une petite voix et fixa l'aubergiste:

-"Je n'ai pas grand chose sur moi, qu'avez-vous pour les bourses modestes ?" ses yeux étaient d'une telle beauté qu'un eunuque n'y eut pas été insensible.

-"J'vous f'ré un prix ma belle, qu'é-ce vous voulez ?" lui demanda l'homme derriere le comptoir.

-"Je veux bien quelque chose de chaud s'il vous plait...et...merci." Les yeux baissés, elle prit l'air gêné même si elle savait très bien ce qu'elle faisait.

Une gamelle et un verre se posèrent devant elle, la première contenait de la soupe et le second un lait chaud. Un autre couvert se posa à côté d'elle:

-"Puis-je ?" demanda une voix derriere elle.

-"Je vous en prie..." Elle n'avait même pas pris la peine de regarder.

-"Je ne voudrais pas t'importuner Enarylva..." dis la personne en s'asseyant.

Elle tiqua...qui pouvait bien la connaître...surtout ici...Elle tourna son charmant minois vers l'inconnu. Rien ne lui rappela quoi que ce fut-ce dans le visage de cet homme... enfin, il semblait que ce soit un homme. Elle allait dire un mot mais elle n'en eut pas le temps.

-"Ne cherche pas en moi un quelconque trait qui puisses t'être famillier, nous ne nous connaissons pas...enfin, moi, je te connais en partie... mais laisse moi me présenter, je suis Hensa, je suis une sorte d'oracle mais pour la plupart de mes "missions", je vais chercher les informations dans les signes des dieux... pour toi... j'ai eu la vision sans que je n'ai rien demandé." Il prit une gorgée de ce qui semblait bien être une liqueur. "Je sais que tu t'es éveillée dans ce fourré, seule et presque appeurée, je connais bien cette arme qui t'accompagne, surement pas aussi bien que toi, mais quand même... Erratia, la hache forgée par Gaïa, plus lourde que tout ce qui existe et aussi tranchante que..." Il pausa et prit une autre rasade de son breuvage.

-"GêleFlamme..." Enarylva commençait à percevoir ses propres souvenirs.

-"Je vois que tu prends conscience de ton être... enfin... reprendre conscience serait plus juste, toi, la guerriere de..." Elle le coupa.

-"L'équilibre"

Un flash passa dans son esprit, tout lui revint... Mais où se situait-elle ? Hensa avait sans doute lu le désarroi dans son regard. Attrapant ses couverts, il l'invita par ce geste à se mettre à une table, à l'écart. Une fois assis, il reprit:

-"Je suis là pour ça...Il y a un peut plus à l'est une petite grotte, elle ne paie pas de mine mais tu y verras des symboles que tu reconnaitras très facilement, ce sont ceux du clan Jin-Wu-Mun..." Il sirotait toujours....

-"Les dragons de la branche orientale ?" Elle ne savait pas franchement d'où venait ce savoir mais elle parvenait à l'utiliser.

-"Oui... va en ce temple et attend son arrivé !"

-"L'arrivé de qui ?" Elle ne savait pas du tout de quoi ni de qui il parlait.

-"Lorsqu'il arrivera, tu le reconnaîtras, ai confiance." il finit son verre d'un trait et se leva. "Ne sois pas inquiète, bientot, tout te reviendra, alors il te faudra te préparer à combatre, bien des épreuves t'at...vous attendent"

Il remit sa cape en place et jeta un dernier regard vers Enarylva.

-"Je suis content que tu sois revenue en tant qu'elfe, ça donnera un côté épique à tout ça !" Le sourire qui se lisait sur son visage la choqua un peu.

Il partit dans même saluer sa compagne de tablé. Une fois sortit, Enarylva se remit à boire sa soupe, tranquillement, pensive.
Dragon blanc
 Pouleman 
 Le 06/09/2007 à 18:04:47 
Ashen sortit de la maison, manifestement mécontent, Lelyawë le suivait:

-"Qu'y a-t-il mon ami ?" demanda l'elfe.

-"Nous n'allons pas nous encombrer de tout les traines-savates de Gaïa ? Si ? Autant me le dire de suite que je reprenne ma route !" On sentait qu'Ashen était remonté.

-"Pourquoi cette colère ? Une main de plus pour mener Ithil ne sera pas de trop..."

-"Et quand il essayera de voler l'oeuf ou pire, le dragon, vous ne viendrez pas vous plaindre !"

-"Pourquoi montres-tu tant de méfiance, laisse lui sa chance, ce n'est qu'un humain mais il semble avoir un bon esprit, c'est déjà ça..."

Ashen grommela:

-"Je vais méditer dans une tente..."

Il partit et L'elfe rentra dans la cahute du chef de tribu où les discussions autour de Shadak battaient leurs pleins. Posant tous plus de questions les uns que les autres, on ne s'entendait plus vraiment.
Au bout d'une bonne heure, ils sortirent et il parut clair que l'assassin était désormais des leurs. C'etait au tour de Kelnor de veiller sur L'oeuf, les autres en profitèrent pour aller se reposer un peu.
Dans sa tente, Ashen était assis en tailleur, le dos bien droit, les yeux clos et le bout des doigts joint. Son sourcil gauche se leva:

-"Que me veux-tu ?" demanda-t-il."Essayer de te cacher est plutot inutile si nous ne sommes que tout les deux."

-"Je me doutais bien que tu m'avais senti tout à l'heure... Tu m'as l'air d'un petit magicien très doué.." L'assassin semblait très sur de lui.

-"Si tu ne déguerpis pas rapidement, tu verras que je le suis bien au delà de ce que tu peux croire !" Ashen avait toujours les yeux fermés.

En une fraction de seconde, Shadak avait atterri juste en face du fils d'Auroch, une des lames de l'assassin posée sur sa gorge. Ashen ouvrit lentement ses paupières:

-"Qu'attends-tu ? Tu ne veux pas faire mauvaise impression avant d'avoir obtenu ce que tu es venu chercher ?" Les deux hommes se regardaient face à face, sans broncher.

-"Je pense que je pourrais te retourner la question... n'est-ce pas ?" Un rictus s'était posé sur le visage de l'assassin.

Ashen se releva d'un bond. Il ne regardait plus Shadak, il se retourna simplement et sortit. "On est pas rendu avec celui-là..." pensa Shadak.
Dragon blackshadow
 Blackshadow 
 Le 07/09/2007 à 20:24:34 
Il avait de plus en plus de mal à dormir ces temp-ci. Une manière de sentir monter la tension, jusqu’à ce qu’elle devienne palpable. Qu’elle atteigne son paroxysme ?
Certainement pas.
Il y veillerait. Car tel était son rôle de gardien depuis voila bien des vies d’hommes.
Installé à la fenêtre de sa chambre, dans l’une des tours de la forteresse de Frigueul, Valérian admirait les étoiles et leur positionnement ne lui disait rien qui vaille.
Rien de bon.
Foutus stupides humains.

Quelque chose de gros se préparait, quelque chose d’énorme, qui ferait du dégât quand cela exploserait. Du bon gros et sale, avec les odeurs de cadavre subissant les affres de la décomposition.
Mais son rôle l’obligeait à rester auprès de Frigueul sur ses fiefs de Nihilis. Alexandre était déjà faible et quelque chose avait envahi son esprit torturé de l’autre côté de la frontière, autant empêcher cela ici. Car le Gardien, bien que neutre en tout point se devait ici de prendre parti, car pour tout le sud du continent la situation risquait de virer à une âpre guerre de factions. L’une dirigée par Frigueul et l’autre par Alexandre. L’est et l’ouest des terres d’ouest en guerre. Triste ironie. Il n’était même pas dit que les terres du nord soient épargnées. Bien que la dense forêt les protégeât jusqu’ici, elle ne tiendrait pas le coup face à des déferlantes humaines surarmées.
Parlez lui des esprits protecteurs et des créatures de cauchemar qui y vivent.
Il vous répondra qu’il est aisé de réfrigérer leurs ardeurs avec des centaines de catapultes et de bûcherons aussi terrorisés que chevronnés, persuadés de tous participer à la victoire prochaine de leur empire.
D’ici que les elfes s’en mêlent. Et les mages. Et tous ces loqueteux de gueux qui prédisent leur fichue bonne aventure, surgissant des ombres chargés de prophéties aussi fallacieuses que grotesques.
Une belle panade.
Que faire alors pour le Gardien ? Se faire attribuer le contrôle des armées de toutes les provinces de Frigueul et ses vassaux ? Ceux-ci, fidèles ou pas à l’ancienne tradition rechignerait à la cession, c’était plus inévitable que prévisible.
Restait encore le groupe d’aventuriers empêtré dans les forêts du nord, à la recherche de leur point final de destination. Lui était avis que le voyage serait encore bien long et que leurs embûches n’avaient pas commencé à cette étape. Récemment il leur avait été adjoint une nouvelle force, Valérian avait pu la sentir malgré les centaines de kilomètres les séparant. Et pourtant … Réussiraient-ils dans leur quête ?
Valait que vaille à ce niveau, le Gardien parvenait à dégager peu à peu les tenants et aboutissant d’une telle entreprise. Et peut-être qu’il ne fallait pas la mener à bout. Ou peut-être que si ? Le nuage grisonnant qui les entourait de mystère demeurait encore bien trop opaque.

Et puis … L’équilibre, il était ici. Là ou des centaines de milliers de vies humaines allaient être fauchées par des atrocités et d’anciens camarades revenus d’outre-tombe. Double perte.
La balance pencherait définitivement pour le côté sombre. Le tout grâce au sombre crétin de nécromant qui voulait sans doute encore dominer cette partie du monde. Avant le reste.
Peu original comme dessein mais le Gardien se fichait éperdument des aspirations enfantines à l’origine de cette brouille dans la balance. Le fait était là : ce type ramenait des morts parmi les vivants et il était fichtrement doué pour avoir ramené des pointures dans la pure lignée de Khartack. Et les insectoïdes arachnéens n’arrangeaient guère les choses. Ils ressemblaient à des horreurs caverneuses rencontrées longtemps avant sur d’autres chemins temporels poussiéreux mais Valérian n’y avait pas prêté attention sur le moment, trop occupé qu’il était à sauver la peau du plus possible de son détachement minimaliste d’éclaireurs.

Du potentiel en face donc. Du très gros potentiel. Enorme envoûtant et subjuguant. Presque … Non, un autre mage arnaqueur, bidouilleur de tours de passe-passe. Le regard du Gardien se laissa aller à dériver dans la pièce, ne s’attardant guère sur les torchères, les tapisseries vermeilles et le baldaquin. En réalité attiré par autre chose.
Ses yeux se posèrent sur l’acier glacé de Gêleflammes, au chaud dans son fourreau. Parce qu’il la voulait. Normalement simple instrument de pensées, image du pouvoir concédé elle n’était qu’un symbole, aussi inutile que nécessaire.
Mais il en avait fait plus.
Parce que pour son cerveau endormi elle représentait … Plus.
Quelque chose à quoi se rattacher.

Et elle éveillait un sentiment terrible en lui, elle comblait ce besoin inexpressif sous-apparent, cette soif inextinguible … Elle l’apaisait la nuit, alors que ses paupières se fermaient et que sa tête, lourde, se posait sur la garde.

Autre temps.
Souvenirs.
La présence derrière lui. Pas le moins du tout menaçante.
Attirante ?

On la lui retire violemment, il se retourne et frappe l’air de son arme. Mais il n’y à rien à voir, plus rien à sentir.

Le gardien ouvre les yeux, il s’est endormi, l’espadon posé sur ses genoux.
Il rejette la lourde lame sur le côté, ne cessant de s’interroger sur cette sensation.
Un vague sentiment de « déjà-vu », quelque chose qui prend aux tripes, d’au moins aussi vieux que lui.
Peut-être que … ?
Le mot s’impose dans l’enchevêtrement de pensées chaotiques et de réflexions brumeuses.
Elle ?

Dragon brume
 Le 08/09/2007 à 15:36:22 

La nuit était tombée sur le village, tous les habitants étaient rentrés chez eux, tout était calme. Mais tout au bout d’Elessarn se trouvait une silhouette, droite, derrière une petite maison, devant trois croix en bois. Trois tombes bien entretenue, avec des fleurs fraîche sur chacune d’entre-elles. La silhouette tenait contre elle un bouquet de roses sauvages qui poussaient non loin de là. Elle s’accroupit finalement et déposa équitablement les fleurs à chacune des tombes. Puis elle resta là, devant elles, sans bouger, s’empêchant de pleurer à nouveau. Les souvenirs remontaient à la surface en même temps que les paroles de la reine dans son songe quelques heures plus tôt.

« Le temps des pleurs est terminé, tu est une guerrière, tu est la dernière de ta race, vit, survit et continu notre œuvre… » murmura-t-elle très doucement.

« Notre oeuvre », protéger Gaïa, protéger notre terre et ses habitants, leur transmettre l’espoir et la paix. Pourquoi maintenant ? Les dieux avaient tout gâchés, ils avaient enfermés le royaume et fait en sorte de réduire les dragons au maximum. Ils avaient fait du havre de paix dans lequel ils vivaient un endroit plein de vice et de guerre. Pourquoi devrait-elle protéger cette terre maintenant ? Elle pourrissait de l’intèrieur, elle avait eu l’occasion de le voir durant ses voyages et ses multiples combats. Un soupir las s’échappa de ses lèvres et elle n’entendit même pas le craquement derrière elle. Pourtant elle ne sursauta pas lorsqu’une voix s’éleva derrière elle.

« Tu as complètement baissé ta garde, ce n’est pas prudent »

La jeune femme se releva et fixa le ciel étoilé, plus particulièrement la lune brillante, très loin au dessus d’elle.

« Je ne peux pas mourir de cette façon, je n’en ai pas le droit. Que veux-tu Ashen ? » dit-il d’un ton calme et blasé.

« Rien, je voulais juste voir ce que tu faisait, » répondit-il de façon énigmatique.

Alkianne se retourna vers le fils d’Auroch et découvrit l’énervement dans son regard. Elle arqua un sourcil et finalement un petit sourire moqueur se dessina sur ses lèvres avant qu’elle ne s’étire finalement, gardant son visage levé vers la lune. Elle ferma les yeux et se laissa baigner par sa lumière.

« Elle me manque… » dit-elle lentement.

« Quoi donc ? » demanda Ashen en levant le regard comme pour essayer de comprendre ce qui attirait autant la guerrière.

« La lumière de la lune… » répondit-elle. « Savais-tu qu’autrefois elle brillait réellement, qu’elle illuminait la nuit de sa douce lumière, appaisant les âmes errantes… » elle baissa les yeux sur Ashen et son regard s’assombrit. « Depuis que la déesse est enfermée, de sa lumière il ne reste qu’un pâle reflet du soleil… ce n’est plus qu’un astre présent dans le ciel. »

Ashen ne répondit pas, ne voulant pas commencer une dispute théologique sur la raison qu’avaient les dieux de vouloir enfermer leur sœur. Il regarda juste les trois sépulture avant de s’accroupire en face de celle du milieu. Il sembla se perdre dans la contemplation des fleurs alors que la jeune femme était tournée vers la lune.

« Il devait-être jaloux… » dit-il finalement.

« Qui ? » demanda Elvyan captivée par ce qu’elle voyait.

« Olaen. Tu as l’air de porter plus d’importance à la lune qu’à ta famille… » remarqua-t-il avant de se redresser.

« Il le savait, il avait accepté, depuis toujours, il n’était jamais que deuxième dans mon cœur, il n’est passé premier qu’après la disparition de notre royaume… et encore… » fit-elle avec un léger sourire. « Il n’a jamais protesté, il disait que du moment que j’étais heureuse, il pouvait bien passer en dernier que ça lui suffisait, » elle se tourna une fois de plus vers Ashen et son sourire se fit plus moqueur. « Mais, et toi ? Qu’est-ce qui te met dans un tel état ? »

« Rien, juste que j’ai l’impression que nous sommes un aimant à abrutis, » maugréa-t-il légèrement.

Alkianne, ne comprenant pas ce qu’il voulait dire, le fils d’Auroch lui expliqua qu’un nouvel arrivant venait de débarquer et qu’il avait été finalement accepter par les autres dans le groupe. La guerrière ronchonna à son tour, elle n’était pas sûre d’apprécier elle aussi un nouvel arrivant.

« Comme si on était pas déjà assez nombreux… » grimaça-t-elle. « Oh et puis, ils font ce qu’ils veulent, s’ils veulent se compliquer la vie, tant mieux pour eux. Moi je vais me coucher, »

Sur ces mots elle quitta les lieux et pénétra dans la petite maison derrière laquelle ils se trouvaient. Elle prit une lampe et l’alluma pour découvrir que l’endroit avait été entretenu au même titre que les sépultures… son sourire s’attrista à l’idée qu’on avait attendu son retour jusqu’à ce point là. Elle se rendit dans une chambre au fond et découvrit des draps propres sur un grand lit. C’était étrange, c’était comme si elle n’était jamais partie… elle aurait pu se déshabiller pour se coucher mais elle ne se sentait pas prête à s’endormir comme avant dans ce grand lit. Alors elle y pénétra après avoir seulement gardé son pantalon le dessous de sa chemise. Ca faisait bizarre… elle se blottis dans les draps et en fermant les yeux elle eut l’impression de sentir son amant près d’elle. C’était aussi agréable que c’était effrayant…

Alkianne s’était endormi relativement rapidement, épuisée par le voyage et toutes les émotions qu’elle avait subie. Car même si elle n’en avait pas l’air, elle était humaine et pouvait être fatiguée. Elle ne se réveilla que dans la matinée, avec l’impression de sortir d’un long rêve. Pendant une fraction de seconde elle eut même l’impression qu’en tournant la tête elle pourrait découvrir Olaen. Mais elle se redressa seule dans le lit. Elle ouvrit un placard et se changea, ses vêtements étaient propre et bien entretenu… il faudrait qu’elle remercie les habitants du village pour avoir pris tellement soin de ses affaires… elle ne le méritait pas. Elle enfila un pantalon noir, une chemise de couleur crème et une veste de chasse cintrée en cuir. Elle attacha ses longs cheveux bicolores vers le bas puis sorti finalement de la maison non sans avoir jeté un coup d’œil à l’immense bibliothèque dans une pièce adjacente. Le savoir de tout un peuple se trouvait là… c’était impressionnant de se dire qu’elle avait écrit tout cela… ça lui faisait même un peu peur. Pourtant elle sourit et se retrouva dehors. Le soleil brillait et il n’y avait pas un nuage dans le ciel, son visage sembla paisible et elle rejoignit le groupe qui s’était réunis un peu plus loin en train de discuter.

« Ah, Elvyan ! On t’attendais, où étais-tu cette nuit ? » demanda Miguel, visiblement souriant.

« Où ça ? Quelle question… j’étais chez moi, » répondit-elle avec un air amusé, c’est à ce moment là d’ailleurs qu’elle remarqua le nouveau venu. « Toi, tu est le nouveau ? » demanda-t-elle d’un ton peu enclin à la sympathie.

« J’ai l’impression que tu ne m’apprécie guère, » remarqua Shadak d’un ton à la fois amusé et assuré.

« Moi ? Jamais de la vie… » ironisa la guerrière alors que les autres ne semblaient pas comprendre son comportement. « Bon, on ne va pas discuter toute la journée, si ? Vous m’avez traînez ici, maintenant ce serait bien de mettre les choses au point, non ? »

Était-elle redevenue comme quelques heures auparavant ? Oui et non, disons que l’idée d’avoir un nouveau dans l’équipe ne lui plaisait pas vraiment, elle avait le sentiment qu’ils étaient déjà assez nombreux comme ça. Mais bon, si la majorité l’acceptait, elle n’avait plus qu’à se taire.
Dragon blanc
 Pouleman 
 Le 13/09/2007 à 22:02:06 
Ashen demanda que chacun s'asseye autour de l'oeuf.

-"Il etait en effet temps de faire le point... voyons ce que nous savons..." Il croisa les bras machinalement, "En plus, ça ne fera pas de mal au gamin d'échanger des informations !"

Ils se demandèrent qui était "le gamin", Ashen en profita pour s'agenouiller:

-"Une fée vous a confiés un oeuf de dragon, vous demandant de le mener en Tursellante...point où nous sommes presque... J'ai l'impression que nous somme tous plus ou moins liés les uns aux autres mais vous conviendrez que le hasard n'y est probablement pour rien. Le dragon dans cet oeuf semble être la réincarnation du roi des dragons... et il a l'air d'être de retour pour combattre celui qui, autrefois, tenta de regner sur Atsami. Son nom est Zalkystre et..." il s'arreta brusquement.

-"Qu'y a-t-il ?" demanda Kelnor, "Un problème ?"

-"Juste que..." Ashen semblait hésiter à parler, "Zalkystre n'a pas eu de "permission" divine pour revenir... je me demandais si il était revenu en temps que mort-vivant ou si un corps servait pour son âme... mais peu importe !"

Le fils d'Auroch croisa à nouveau les bras, les sourcils froncés:

-"Je n'aime pas ça...mais bref, je crois que c'est à peu près au point où nous en sommes..." Il tourna la tête vers Shadak, "C'est bon gamin, tu as compris ?"

les sourires se posèrent sur les visages d'Elvyan, de Lelyawë et d'Anaya, l'assassin prit la parole, du ton assuré qu'il avait souvent:

-"A peu de choses près, je savais déjà tout ça, je suis membre d'une caste particulièrement ancienne, les Vigilants, notre role est de veiller au maintien d'Atsami, nous ne sommes pas tous des tendres, j'en suis la preuve, mais nous n'avons tous un objectif commun qui est la sauvegarde de notre terre. Nous ne sommes pas si nombreux mais nous sommes extremement bien organisés et nos renseignements sont parmis les plus pointus et fiables de tout Gaïa. Pensiez-vous que j'étais tombé sur vous par un hasard heureux ? Vous l'avez bien dit tout à l'heure, il n'y est probablement pour rien... je suis une sorte d'émissaire, nous n'aimons pas ce qui se passe sur le continent Est, on m'a donc chargé de venir vous assistez. Je reconnais que nous ne savions pas qu'il s'agissait du roi des dragons... la valeur de ma mission en est accrue."

-"Vigilants hum ? Jamais entendu parlé" dit Ashen, on sentait dans le ton une pointe de vexation.

Shadak senti sans doute qu'il avait pris l'enfant de Kerrin de court et ne se risqua pas à un commentaire supplementaire lorsque ce dernier tourna à nouveau la tête, vers Elvyan cette fois:

-"Tu t'y connais un peu plus que nous, il m'a semblé qu'il n'est pas loin d'éclore, mais je peux me tromper, qu'en penses-tu ?"

La guerriere eut une grimace...
Dragon faucheuse
 [?] Shadak 
 Le 15/09/2007 à 10:00:34 
Shadak reprit la parole d’un ton assuré et dur, regardant chacune des personnes assises autour de lui avec un regard autoritaire.

_ Au fait, je vais vous dire tout de suite une des choses primordiales à savoir sur moi, d’ailleurs une des seules que vous connaitrai de moi, je suis un Irda. Comme vous le savez, nôtre colère est très forte et redoutable, je saurai me maintenir par certains temps mais ne me posez pas trop de questions…. Fâcheuses, au fait, dernière chose, ne m’appelez pas gamin, je pense que je suis plus vieux que bien d’entre vous. Mais comme vous me le direz, je n’y ressemble pas trop.
Sur ce, je vous laisse discuter, j’ai l’impression que je n’ai pas grand-chose à faire dans la discussion qui va suivre.
Toi, dit-il en désignant Anaya d’un ton plus sympathique, si tu veux apprendre bien plus que ce que tu ne sais sur l’art des voleurs et de la finesse des assassins, rejoins moi après vôtre discussion.

Shadak se retourna et partit en direction de la forêt proche du village.
Il avança en empruntant des chemins bien diverses, passant du simple chemin, aux chemins de sangliers.
Quand il arriva devant un grand arbre, il s’avança.
Il s’assit à côté de l’arbre et murmura à voix basse :
_Ar ‘ quantour pchu.

Un porte apparut dans l’arbre, une porte avec une poignée d’or, il toqua mais personne de répondit, les chouettes aux alentours le regardaient avec un œil intrigué.
Il re-toqua. Personne.
Il commença une escalade de l’arbre avec une finesse et une souplesse sans égal. Quand il arriva à la cime de l’arbre, il prit une de ses nombreuses lames et la glissa dans l’écorce de l’arbre. Il l’enfonça et découpa un cercle, il arracha le morceau d’écorce et se glissa à l’intérieur de l’arbre, une vaste pièce était devant lui, un tapis de sol magnifique, des meubles très beaux, une porte à droite, une porte à gauche et une porte en face. Il se remémora ses souvenirs pour se diriger vers une des portes. Celle de droite, il l’ouvrit mais il s’avère que c’était la mauvaise, mais tant pis, il était arrivé à son but, pas par le bon chemin mais il y était arrivé. Un homme se tenait sur un siège d’or, deux hommes à côté, un pour lui tendre un plateau de charcuterie, l’autre de la salade.
Quand l’homme aperçu Shadak, il lui dit :
_Alors assassin, que viens tu faire ici ?
_ À ton avis ?
_Tu es venu me tuer, c’est ça ?
_Parfaitement, je pense que je n’ai pas besoins de te rappeler pourquoi fils de Zalkystre !
_Me rappeler, non, me dire, oui.
_Pour les infamies que tu t’apprête à faire !
_Ah ?! Vous êtes donc au courant, bon puisque tu es là, finissons en !
Le nécromancien commençait à faire une incantation quand Shadak lui sauta dessus, une fraction de secondes plus tard, Shadak avait posé une se ses dagues sur la gorge de Tech’ Zalkystre, le magicien, lui, avait fini don incantation et Shadak vola jusqu’au mur d’en face en faisant un fracas d’éléphant. Une cinquantaine de zombis sortirent du sol et s’avançaient vers Shadak. Celui-ci cria un mot bref et il retomba au sol. Il se rattrapa et sauta sur le mur de gauche, il détendit ses jambes au moment ou il attrapait ses deux sabres. Il tournoya et virevolta en faisant pleuvoir une pluie de coups sur ses adversaires. Quelques secondes plus tard, tous les zombis étaient à terre tels des machabées desséchés.
Shadak remarqua Tech’ Zalkystre en train de finir une incantation des plus puissantes.
Shadak vola vers le mur avec une énorme décharge de feu sur le corps, deux squelettes se levèrent et s’approchèrent de Shadak, l’un d’eux tenait une masse d’arme, le deuxième tenait une hache. Ils faisaient dans les 2m50 de hauteur et avec un corps fait de muscles pourris.
Quand ils s’approchèrent, Shadak senti l’odeur de la mort. Comme il l’a connaissait, parfaite et rapide mais il sentait que ce n’était pas à son avantage, il sauta, attaqua les zombis tels un homme fait de lames. Quand il sautait, la mort se répandait dans ses yeux. Shadak parait, attaquait, parait fendait, au bout d’un moment, la fatigue le submergea, un des zombis le toucha à l’épaule, un béante blessure parcourai son épaule, le deuxième le retoucha, c’était la fin pour lui si il ne réagissait pas.
_A’ ck tal ir !
Ses lames se transformèrent, elles qui d’habitude était violettes, devinrent rouge, rouge de feu, rouge de sang.
Il sauta, une fois de plus, toucha le premier zombi au bras le lui coupant, il para le deuxième zombi et lui arracha la tête avec une de ses nombreuses techniques rapides et efficaces d’assassin.
Le zombi tomba à terre.
Il sauta sur le deuxième lui coupant la tête.
Quand il s’approcha du nécromancien, il vit la lueur de joie qui approuvé, il saute dessus et lui planta un sabre dans l’épaule, celui-ci finit son incantation et Shadak se retrouva en feu.
Il brûlait. Peut après, Shadak se jeta sur Tech’ Zalkystre, celui-ci s’enflamma.
C’est à ce moment que la fée apparut :
_Tu as bien fais ce que tu devais faire.
Elle parla en langage elfe et une vague d’eau s’abattit sur Shadak, elle s’approcha de lui et commença à soigner ses blessures, peut après, grâce aux soins de la fée, Shadak était comme neuf.
Il rentra au camp et trouva les autres membres du groupes toujours en train de parler…
Dragon blanc
 Pouleman 
 Le 22/09/2007 à 14:09:44 
Les herbes aux alentours du village était sacrément touffues et les lianes ne faisaient qu'entrelacer un peu plus l'étouffante jungle. Ashen, pourtant aguerri aux joies de la recherche de plantes en milieu hostile avait grand peine à trouver ce qu'il cherchait. Il n'était pas certain de pouvoir mettre la main sur ces satanées abrunes, graminés du sommeil, très utile en cas d'insomnie. Il était empêtré dans tout ça depuis la deuxième moitié de la matiné ayant préférer laisser la troupe discuter de tout le tintamarre concernant l'oeuf... Il n'avait pas non plus envie d'être là lorsque Shadak reviendrait...
Au camp, Shadak justement, revenait tranquilement, sa mission accomplie, la fée le devançait, elle volait de tout les côtés, pour ne pas changer.

-"Il n'est pas loin, je le sens, que faites-vous encore ici ? Partez ! Entendez-vous ?"

L'elfe nomade, bien que très proche des créatures de Gaïa, commençait à en avoir un peu assez que l'être de lumière soit toujours en alerte pour un rien, ne laissant jamais la parole à personne. Kelnor, qui n'avait pas encore vraiment vu la fée, lui parla:

-"Qui n'est pas loin ? Y a-t-il un enn..." Comme souvent, il ne put finir sa phrase.

-"L'assassin a éliminer le fils du démon mais il n'était qu'un maillon faible, Ithil doit arriver sous peu, il faut rejoindre Tursellante au plus vite... il n'est pas loi..." Cette fois, ce fut elle qui ne put terminer son propos, Miguel la coupa:

-"Comment ça, "le fils du démon" ? De qui s'agit-il ? Qu'est-ce que c'est que toute cette histoire ?" Il avait l'air furieux.

La fée sentit surement le couroux du guerrier et se calma un peu. Elle prit une petite voix pour son explication:

-"J'ai tester l'assassin pour voir de quel côté il était... Je lui ai demandé de tuer l'instigateur de tout ceci... le fils du démon elfe."

-"Zalkystre ?" demanda Anaya. Le signe d'approbation de l'être volant ne rassura visiblement personne. L'elfe noire enchaina: "Nous avons donc un ennemi de moins, non ?" Elle réalisa en une seconde ce qui s'était dit, son sourire disparut: "Ce n'est qu'un maillon faible...autant dire qu'écraser un cafard nous aurait avancé de la même façon, c'est ça ?"

Elvyan avait les sourcils froncés et les bras croisés, elle n'aimait pas trop les initiatives personnelles, surtout si elle ne venait pas d'elle, levant les yeux vers la fée, elle questionna:

-"Ce n'etait pas lui le vrai nécromancien, je me trompe ? Je doute qu'un elfe ait pu faire un prodige tel celui de ramener une âme du flux de la vallée des morts... J'ai d'ailleurs du mal à imaginer qui pourrait faire une chose aussi insencée mais bref... Je crois que cela ralentira notre ennemi mais qu'il n'en demeure pas moins pret à nous sauter dessus lorsque cela sera le moment..."

La fée n'avait cessé de hocher la tête pour signifier que la guerrière avait vu juste. Elle baissa le regard pour ajouter:

-"Il y a aussi Tellish-kerrin, je l..." elle ne put finir son discour, un tourbillon l'aspira sans qu'aucun n'ait pu y faire quoi que ce soit.

Médusé, ils se regardèrent les uns les autres sans avoir idée de ce qui venait de se produire. Ashen revint, les bras pleins d'un amoncellement de broussaille, il en avait sans doute pas eu la patience de trier les bouquets et avait arraché directement des mottes entières de fourrés. Devant ses accolytes aux yeux grands ouverts, presque bouche bée, il demanda:

-"Qu'y a-t-il ? N'avez-vous jamais vu un jardinier revenir avec ses trouvailles ?"

Rèstlin vint expliquer au fils d'Auroch ce qui venait de se passer et celui-ci tourna la tête en direction de l'assassin:

-"Je trouvais étrange que tu nous ais mis la main dessus si facilement... avec deux elfes... et Kelnor qui a l'air d'être un vrai pisteur..." Le membre de la tribu phoenix sortit toutes ses dents pour répondre:

-"Je me débrouille..." Ashen reprit:

-"Et cette histoire de tourbillon est bien étrange... mais que voulez vous, Gaïa semble nous être favorable, un ennemi de moins, un assassin semblant fort adroit en plus, si nous atteignons Tursellante à temps, tout ira pour le mieux, alors ne nous plaignons pas ! Bon, j'ai des décoctions à préparer... Je vais dans ma cahute, bon après-midi à toutes et à tous."
Dragon brume
 Le 01/11/2007 à 14:13:16 
La lourde porte se referma sur eux et Lelyawë resta en parti interdit, ne comprenant pas vraiment pourquoi on le mettait à l’écart pour une question d’odeur. Par contre, Elvyan plissa ses yeux bleu et cracha par terre en direction de la grande porte avant de se retourner.

« Bande d’ingrats… » susurra-t-elle entre ses dents en prenant un air fier.

« Je crois que nous n’avons plus qu’à attendre… » soupira l’elfe en s’asseyant contre le mur, jettant tout de même un œil à la guerrière qui ne semblait pas avoir apprécier se faire mettre à l’écart.

« Nous leur avons tout donné, tout offert… qui aurait crut que ceux qui resterait après ça soient les seuls qui n’aient pas cru en nous ! » continua-t-elle à grogner en faisant les cents pas. « Etaient-ils finalement plus fort ou plus lâches pour avoir survécus ? »

Lelyawë la regarda sans dire un mot, jugeant qu’il ne valait mieux pas la lancer dans une discussion sur sa relation avec les dragons. Un lien particulier semblait la lier à eux, il l’avait bien remarqué, ce sourir doux et presque maternel qu’elle avait eu en voyant Ithil pour la première fois. Il l’avait bien vu lui chanter une chanson dans l’ancienne langue les premiers jours bien que Miguel ne leur en ai jamais parlés… sans doute lui avait-elle fait promettre de ne rien dire. L’elfe la vit s’arrêter et se demanda ce qu’elle allait faire à présent qu’ils la mettait de côté, combien de temps ils allaient attendre et surtout… si cet endroit était réellement protéger des morts-vivants.

« Calerù les as toujours protégés, il leur à toujours donné tout ce qu’il avait, il est mort pour eux ! ! Et c’est comme ça qu’ils le remercie ? Ce ne sont que des ingrats ! »

Alkianne semblait toujours aussi remontée et ne se calmait pas, marchant en rond en marmonnant des insultes et en s’expliquant à elle-même. Lelyawë se doutait d’ailleurs qu’elle n’en avait rien à faire de sa présence.

« Pourquoi tu ne te repose pas plus tôt au lieu de les insulter ? Ca n’arrangera pas les choses tu sais… » dit-il calmement.

« Tu ne peux pas comprendre ! C’est… c’est la même chose qu’avec elle… ils… ils ont tous oubliés ce qu’il à fait pour eux, tout comme les humains ont oubliés ce que la reine à fait pour eux ! C’est un univers plein d’ingratitude, je me demande encore pourquoi je me bat pour survivre, quand est-ce que je pourrais enfin mourir ? »

A ces derniers mots elle leva les yeux au ciel et sembla le demander directement aux dieux. Lelyawë ne répondit rien, il baissa la tête et secoua simplement la tête.

« Tu est un elfe, tu ne peux pas comprendre… lorsque tu est fatigué tu peux retourner auprès des tiens qui vivent aussi longtemps que toi… mais moi ? Moi je ne peux que voir les gens que je connais mourir… les habitants du village… je les connais depuis leur naissance… c’est moi qui ai fait naître le grand père d’Eryas… c’est moi qui ai aidé sa mère à le mettre au monde. Je les connais tous depuis plusieurs générations… et je les aient vu grandir, vieillir mourir… je n’attend qu’une seule chose depuis plusieurs siècle, depuis que je me suis retrouvée seule… c’est le jour où je pourrais enfin quitter cette terre. »

L’elfe releva juste un peu la tête et fixa la guerrière. C’était la première fois qu’il la sentait à ce point désespérée mis à part le jour où elle avait combattu contre le corps de son défunt mari. Il se rendait compte qu’effectivement ce ne devait pas être facile. Mais il ne pouvait pas non plus la réconforter, pourtant il essaya un peu.

« Pourquoi ne va-tu pas vivre avec les elfes ? Enfin… ce doit être possible. Nous sommes, je le reconnais, assez peu enclin à accepter les étrangers mais peut-être que… »

« Serait-tu du genre utopique ? Mon cher petit elfe… les gens de ta race me haïssent… je ne suis qu’une erreur de la nature, quelque chose qui appartient au passé et qui ne devrait même plus exister, je ne pourrais jamais vivre avec… »

Elvyan s’interrompit brusquement et une grimace de douleur apparut sur son visage. Elle se plia en deux et posa un genou sur le sol dans un gémissement en posant une main sur son épaule.

« Alkianne ?! Ca va ? »

L’elfe se redressa immédiatement et se précipita sur elle. Mais lorsqu’il voulut poser sa main sur son dos elle l’attrapa et le serra avec force, le faisant plier lui aussi dans un râle de douleur.

« Ne me… touche pas ! » grogna la jeune femme en plantant ses yeux dans ceux de Lelyawë.

L’elfe écarquilla les yeux et atterris sur les fesses en reculant un peu alors qu’il se rendait compte de plusieurs choses. Non seulement elle avait failli lui casser le poignet, comme la dernière fois avec Réstlin, mais en plus son dos avait pris une forme bizarre et ses yeux étaient dorés. C’était la première fois qu’il voyait ça, sa voix semblait même plus profonde sans qu’il comprenne pourquoi. Pourtant tout redevint rapidement normal et Elvyan se redressa comme si de rien était, roulant juste des épaules comme pour les remettre en place, fixant le ciel avec un étrange regard.

« Qu’est-ce que…. Qu’est-ce que c’était que ça ? » demanda l’elfe en se massant le poignet.

« Maintenant…. ? » murmura la guerrière les yeux dans le vague.

« Quoi ? Hé ! Alkianne ! » l’interpella son compagnon.

La jeune femme tourna la tête dans sa direction et arqua un sourcil comme si sa présence ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle se passa une main dans sa longue chevelure bicolore et haussa des épaules comme si quelque chose semblait à présent clair dans son esprit. Ça avait été comme si le brouillard s’était dissipé, comme si tout était désormais limpide… son rêve lui était revenu à l’esprit et elle passa une main sur son visage en soupirant.

« Je comprend… j’ai été égoïste… » murmura-t-elle pour elle-même.

L’elfe voulu lui demander ce qu’elle voulait dire mais elle tourna les talons et avança en direction de la forêt. Il resta stupéfait quelques secondes mais se reprit avant de l’interpeller à nouveau.

« Hé ! Où vas-tu ?! »

« Je ne vais pas rester pendant des heures à poireauter ici, alors je fais comme on me l’a proposé, je rentre chez moi, » répondit-elle simplement en s’arrêtant tout en tournant la tête vers son compagnon.

« A Ellessarn ? Mais… »

« Ellessarn ? Pourquoi Ellessarn ? J’ai dit que je rentrais chez moi. Ellessarn est là où je vis, là où mes écrits sont entreposés… mais ce n’est pas chez moi, » répondit-elle simplement en levant les yeux au ciel.

« Comment…. »

Mais l’elfe n’eut pas le temps de poser sa question, Alkianne retira sa chemise, laissant place à un haut noir en cuir qui possédait d’étrange marque dans le dos. Elle se plia soudainement en deux, croisant les bras sur son ventre, son visage empreint d’un rictus de douleur. Lelyawë n’osa pas avancer dans sa direction, son poignet étant encore douloureux. Pourtant cette fois-ci la jeune femme ne s’éffondra pas et cria alors que deux bosses se formaient dans son dos, sa peau sortant un peu des deux marques de son haut. L’elfe les voyaient clairement et se demandait ce que cela pouvait bien signifier. Elvyan poussa alors un hurlement et se redressa alors qu’un bruit de déchirement se fit entendre. Quelque chose fut projeté et l’elfe se protégea de ses bras en sentant quelque chose gicler sur lui. Il regarda ses mains et recula subitement en voyant du sang avant de redresser son visage en direction de la jeune femme.

« Qu’est-ce que… » murmura-t-il stupéfait en détaillant la guerrière.

Elle semblait avoir totalement changée. Ses cheveux étaient désormais d’un brun foncé jusqu’à la racine, délicatement ondulés et retombant gracieusement sur son dos. Son dos qui arborait à présent une immense paire d’aile charnue couvertes de sang. L’elfe était abasourdi et eut un mouvement de recul lorsque ses yeux croisèrent les siens. Ils étaient dorés… il n’avait jamais vu ça, leur pupille s’était allongées presque comme celles d’un elfe, pourtant c’était différent et il fallu une seconde pour que Lelyawë ne se ressaisisse et comprenne.

« Dragon… » fit-il tout bas.

« Oui, dragon. C’est-ce que je suis, en partie du moins, » répondit Alkianne en souriant tristement, dévoilant des dents proéminentes.

« Comment… ? »

« C’est ma malédiction, » répondit simplement la jeune femme en levant les yeux au ciel. « Cela fait longtemps que je n’ai pas volé… des siècles… » sa voix semblait rêveuse et elle sourit plus calmement. « Ca m’avait manqué… »

« Attend ! Tu t’en va réellement ? »

« Il le faut bien, j’ai d’autres choses à faire que de rester à attendre le bon vouloir de ces ingrats, »

Sur ces mots elle battit des ailes quelques secondes comme pour se souvenir et bientôt elle décolla sans ajouter un mot. Elle ne laissa pas non plus le temps à Lelyawë de la retenir, on l’attendait ailleurs, elle le savait, elle le sentait. La guerrière prit rapidement de l’altitude et fut bientôt au dessus du mur du fort. Son regard croisa celui d’un dragon et elle lui lança un baiser de la main dans un sourire amusé. Qu’ils pensent ce qu’ils veulent, ils viendraient la chercher, la supplier de les aider… c’était couru d’avance.

Une membrane se referma latéralement sur les yeux de la jeune femme et elle prit de la vitesse, prenant toujours plus de hauteur pour se retrouver au dessus des nuages. Sa deuxième série de paupière la protégeait du vent, elle allait à une vitesse folle, fendant les nuages moutonneux qu’elle frôlait. La sensation était grisante et un sourire joyeux se forma sur ses lèvres. Ca lui avait manqué… tellement manqué… elle fit un looping et se mit à rire toute seule à redécouvrant ce qu’elle avait délaissé des siècle auparavant et qui avait toujours eu le don de lui remonter le moral. Elle se sentait prête, forte… ils l’attendaient, elle allait les rejoindre, et ce serait comme autrefois…
Dragon brume
 Le 06/11/2007 à 00:38:28 
Vibryn ouvrit subitement les yeux en inspirant profondément, se redressant sur son lit en soufflant comme s’il s’était noyé. Il était en nage et il tremblait de tout son être. Des voix inquiètes s’élevèrent autour de lui et des mains se posèrent sur ses épaules pour le forcer à se rallonger.

« Du calme mon grand, doucement… il faut te reposer ! » fit une voix grave en lui tapotant l’épaule.

Le jeune homme le regarda avec un air interrogatif et se senti subitement partir. Il avait mal partout, sa poitrine le faisait horriblement souffrir. Il grimaça un instant et… s’évanouit en murmurant quelque chose de sa voix sèche et affaiblie :

« Al… »

Combien de temps dormit-il après ça ? Il ne savait pas, il se réveilla juste à un moment donné, le corps lourd, l’esprit toujours embrumé. Une voix douce et inquiète attira son attention, il tourna la tête vers elle et observa la silhouette floue qui se tenait près de lui.

« Tu va mieux ? Tu m’a fait tellement peur, si tu savait… »

Le jeune homme la regarda longuement, essayant de la voir plus clairement, puis tendis sa main vers son visage. Un sourire doux et apaisé se forma sur ses lèvres et il ferma les yeux une nouvelle fois en laissant sa main retomber.

« Tu va bien… c’est le principal, » marmonna-t-il faiblement avant de sombrer une nouvelle fois.

Il lui fallut plusieurs jours pour récupérer, on lui avait dit qu’il s’était subitement évanoui et qu’il n’avait cessé de délirer en se tordant de douleur par moment avant de finalement hurler et de retomber inerte. On l’avait crut mort mais il s’était subitement réveillé pour continuer à délirer pendant quelques jours. Vibryn avait du mal à se remettre… pas à cause de la fièvre, pas à cause de la douleur dans sa poitrine… non, à cause des souvenirs qui affluaient. Ils étaient nombreux, trop nombreux, il avait du mal à faire le tri.

« Bois ça mon amour… ça te fera du bien, » fit Erin en lui présentant un bol de soupe.

Le jeune voleur la regarda et tenta de lui sourire amoureusement mais il ne le put et s’en trouva pittoyable. Elle dû le remarquer car elle quitta la pièce en s’excusant. Il soupira et s’assit dans son lit en prenant sa tête entre ses mains. Elle lui ressemblait tellement… son visage, ses yeux, sa peau… et pourtant, elle n’avait rien d’« elle » … sa beauté, son charisme… si jamais « elle » l’apprenait « elle » le tuerait sans hésiter. Il eut un petit rire à cette idée et se leva lentement pour se rendre à la fenêtre. Tout devenait plus clair à présent. Il regarda ses mains et en posa une sur son torse nu. Il y avait une marque rouge au niveau de son cœur, on lui avait dit qu’elle était apparue subitement, mais lui savait pourquoi elle était là. Il eut un sourire tendre et caressa la marque avant de tourner son regard vers la lune montante, persuadé qu’ « elle » la regardait aussi.

« Tu est toujours aussi faible… » murmura-t-il.

La porte se referma et il se retourna, surpris. Il n’y avait personne. Il baissa les yeux et s’excusa dans un murmure. Erin devait se sentir bien mal. Il n’aimait pas faire de mal aux jeunes filles innocentes, elle ne méritait pas ça…

Quelques jours passèrent à nouveau et finalement il se senti en forme. Il se rendit une nouvelle fois à la fenêtre et laissa un vent nocturne s’engouffrer dans ses cheveux de geais. La nuit était claire, c’était la pleine lune, pas idéal pour voyager incognito mais c’était sans doute ce qui faisait le charme de la pleine lune. Il prit ses affaires et descendit furtivement jusque dans la grande cour de la forteresse de la guilde. Il n’aimait pas voler à ses compatriote mais… il avait besoin d’un cheval rapide. Il devait rejoindre « cet endroit ». Il avait encore un peu de mal à organiser tout les souvenirs qui affluaient par moment et il avait donc du parcourir quelques cartes du monde connu pour repérer où était « cet endroit » mais maintenant il se souvenait bien. Il pénétra dans la cour et avança à pas de loup avant de s’arrêter brusquement en écarquillant les yeux.

« Qu’est-ce que… »

Un cheval ailé, un pégase, en plein milieu de la cour. Non, pas un pégase, le pégase, le seul de toute la forteresse, celui que Jhunnry avait eu tant de mal à obtenir. Celui qu’il lui avait fallut des années à voler, préparant son plan à la perfection. Il était magnifique, le mieux gardé de tout les trésors de la forteresse. Et il était là ? Au beau milieu de la cour ? Il y avait anguille sous roche.

« Et bien ? Qu’attend-tu ? Les gardes repassent d’ici dix minutes tu sais, ils vont le ramener dans son enclos. »

Vibryn se retourna brusquement en sortant par réflexe une de ses dagues recourbée. Un rire lui répondit et il se retrouva nez à nez avec son protecteur.

« Et bien, vas-y, il n’attend que toi, » continua l’homme en lui tapant sur les épaules.

« Pourquoi ? »demanda le jeune homme intrigué.

Le chef de la guilde soupira et conduisit son subalterne vers le noble animal qui attendait sagement de pouvoir s’envoler à nouveau.

« Tu n’a toujours pas compris ? » Jhunnry lui donna une claque dans le dos et attrapa les rennes. « J’ai ramassé plein de marmots après des attaques de barbares, j’en ai beaucoup ramené, et pourtant tu est le seul que j’accepte à ma table et qui sache où son mes cartes, » à ce dernier mot il lui fit un clin d’œil qui fit détourner le regard de Vibryn. L’homme le ramena contre le lui et posa ses grandes mains sur ses épaules. « Mon garçon, tu est comme mon fils, c’est ainsi que je te considère. Je ne sais pas pourquoi tu t’en va, je ne sais pas où, ni même ce qu’il adviendra de toi mais je veux te regarder me quitter le cœur léger en sachant que tu sera à l’abris avec lui. »

Vibryn écarquilla les yeux et se senti tout d’un coup idiot. Il ne l’avait jamais remarqué. Il releva son visage et sourit à Jhunnry en s’écartant un peu de lui.

« Je te suis reconnaissant pour tous ce que tu as fait pour moi, je ne l’oublierais jamais. »

Sur ces mots il senti une poigne ferme sur son bras et se fit tirer en direction de l’animal. Les deux mains se glissèrent sous ses bras et, sans qu’il ait pu se débattre, il se retrouva sur le dos du cheval qui piaffait d’impatience. Vibryn ne rajouta rien et sourit juste à l’homme qui mettait ses poings sur ses hanches, signe du travail bien fait. Ils se saluèrent à la façon des voleurs de la guilde et le plus jeune donna un coup de talon pour faire avancer l’animal.

« Dis-moi seulement où tu va, » fit l’homme en reculant.

Vivryn fit un large sourire et lança sa monture pour que celle-ci prenne de l’élan pour s’envoler. Il dépassa son protecteur et cria à son attention.

« Je rentre chez moi ! »
Dragon blackshadow
 Blackshadow 
 Le 06/11/2007 à 20:46:53 
Quelque part sur un avant poste du Rideau.
Une voix dure :
« Ekran ! Cesse de bailler aux corneilles ! Ta garde ne se fera pas seule ! T’es foutu de basculer le levier en tombant !»
L’interpellé releva lentement la tête. Il n’avait pu s’empêcher de s’assoupir lamentablement.
« A vos ordres chef », murmura-t-il paresseusement tout en s’écartant du lourd levier métallique qui dépassait du mur.
La nuit avait été rude, très rude. Depuis quinze ans qu’il occupait son poste sur le Rideau, Ekran n’avait jamais eu à faire face à pareille horreur. De sa vie même, il n’était pas dit qu’il verrait pire. Perché au sommet de sa tour de pierre il se pensait à l’abri de tout, sauf de la pluie. Dans le pire des cas, les murs de l’avant poste étaient épais et son réseau souterrain assez étendu pour soutenir un siège de courte durée. Mais là …
Son regard dériva au loin, vers la prochaine tour de la ligne. Ils envoyaient un signal.
- Chef ! Tour à l’ouest, ils envoient un signal, pas bon à l’air que ça a !
L’homme qui avait vertement réveillé Ekran reparu au sommet de la tour, bondissant littéralement sur les barreaux de l’échelle.
- Qu’est-ce que ça dit ?
- Ils ont perdu cinq hommes cette nuit.
Le nouveau venu gratta sa barbe d’une semaine l’air perplexe …
« - Trouve un miroir ou de quoi faire office et dis leur qu’un messager a été envoyé pour demander un renforcement de garde, le Rideau ne doit pas tomber. Je m’en vais vérifier les défenses de l’avant poste, nous devons recreuser les fossés tant qu’il fait jour. »

Ainsi soit-il.

Trouver un miroir, discutailler avec les types des autres tours perchés à des kilomètres de là et attendre inlassablement, voila qui rythmait la vie du Rideau des Terres du Nord.
Une ligne de tours au sommet grillagés par des barreaux d’acier, des avant postes et ce qu’il fallait de défenses pour planter une épine dans le pied d’une armée imposante … Des murs, des fossés, des douves, des coups fourrés … Et au pire … Les oiseaux.
Ekran avait été à deux doigts de les lâcher la nuit dernière, mais le chef de poste l’en avait empêché. Il ne jugeait pas encore la situation assez alarmante. Ce type ne paniquait pas tant qu’il avait une épée dans une main, fusse-t-elle sa gauche … Mais là il devrait peut-être.

Les morts avaient commencé à apparaître il y’a une semaine de ça, la nuit. Ils étaient résistants mais faibles, lents et balourds, il avait été facile de les repousser les premières nuits en se servant des goulots d’étranglement de la ligne et de quelques incendies biens calculés. Mais au fur et à mesure des jours ils étaient venus plus nombreux. Et moins lents. Et plus forts et … Maintenant il fallait les tailler en pièces puis les brûler pour en être débarrassé. Les divisions lourdes des avant poste étaient à l’honneur et les haches de bataille recherchées. Malheureusement, toutes deux étaient peu nombreuse et leur nombre diminuait chaque jour … On était dans un avant poste, pas à la suite d’une armée en campagne avec sa cohorte de forgerons.

Message envoyé aux gars d’en face. Mais que pouvait faire Ekran après tout ? Un jour ou l’autre ils auraient à lâcher les oiseaux dans les cages …
Passant la tête entre les barreaux, il avisa les fossés en contrebas. Des horreurs étaient encore empalées dessus. Elles gigotaient encore.


AU NORD !

Valérian stoppa précipitamment la monture en pleine course. D’où venait la voix ? Il n’en avait aucune idée. Son objectif était d’aller renforcer les assauts de Frigueul sur la zone « morte » et éviter le conflit avec Alexandre. Du coup … Pourquoi le Nord ?

LE NORD.

Valérian se retourna alors et regarda derrière lui … Vers la capitale de Nihilis où se dressait le fief de Frigueul. Et au sommet de la tour … Corrigan !
Le mage l’envoyait au Nord, le fourbe avait donc débusqué quelque chose.

AU NORD, PRESSEZ.

Mouais … Éperonnant prestement sa monture le Gardien bifurqua en direction des Terres du Nord. Pour y faire quoi ? mystère. Il le découvrirait bien assez tôt. Même s’il avait des nœuds au ventre à l’idée de partir là-bas.
A bride rabattue tout de même.


Quatre jours qu’Ekran n’avait pas fermé l’œil, il en devenait plus que nerveux. Cette nuit serait la pire, il le savait. Il n’y aurait pas que des hommes revenus d’entre les morts. Il y’aurait aussi des « araignées ». ces choses faites de morceaux d’hommes et d’animaux, aussi lestes et rapides que des serpents. Il en avait aperçu deux ou trois la nuit précédente mais il ne s’était pas jeté dessus et les avait perdues de vue dans le chaos ambiant.
- Eh Ekan ! Tu ne veux pas lâcher ta cage et venir nous aider à soigner les blessés ? Ces saletés ne se pointeront pas avant la nuit !
La voix venait d’en bas … Et il ne pouvait qu’être d’accord avec elle. Se dirigeant vers l’ouverture, il se laissa glisser le long de l’échelle et descendit le long et obscur colimaçon qui le mènerait dans les sous-sols de l’avant poste. De là il rejoindrait l’infirmerie, trouverait quelqu’un pour le remplacer et aussi le moyen de piquer un roupillon.


S’il avait vu les yeux qui l’observaient dans le noir, il n’aurait peut-être pas quitté son poste.


Jamais un lit de fortune ne lui avait semblé si doux, si enchanteur. Comme quoi …
Mais quand des bruits de bottes et des cris résonnent partout autour de vous … Il faut se lever. Et vite.
La nuit était de retour.
Les horreurs aussi.

Ekran mis brutalement fin à sa sieste et se rua au sommet de « sa » tour. Des archers l’y attendaient déjà et s’employaient à arroser de flèches les zombi en bas. Le tonnerre au loin rythmait les sifflements des traits dans l’air humide.
- Combien sont-ils ?
- Beaucoup, on se contente de flécher ceux que l’on voit à la lueur des torches au bas de la tour !
Le tonnerre au loin.
Derrière Ekran un bruit qui se fait entendre à l’ouverture. Un soldat lourd envoyé en renfort inopiné. Au cas où ils faudrait repousser des choses qui se seraient approchées … Trop près.
Tonnerre.
La pluie qui se remet à battre.
Éclairs.
Et à la lueur bleuté l’effroi qui révèle son étendue.
Eckran su qu’ils ne s’en sortiraient pas cette nuit. Devant eux se massaient bien des centaines de morts, des milliers peut-être. Et ces araignées … Il y’en avait partout.

Panique.

- Des traits ! Des traits bon sang ! Vous en avez assez ?
Ekran avait eu grand peine à reconnaître sa propre voix. Et il connaissait déjà la réponse à sa question …
- Impossible, ils sont trop nombreux.

Ce n’était plus quelques morts épars qui s’avançaient vers le Rideau, c’était une armée, une véritable masse de chair, grouillante et insensible que rien ne pourrait arrêter. Sauf les flammes.
Avec l’orage qui battait son plein.

Les premiers murs cédèrent …
Fuite.

- Partez vers l’avant poste ! hurla Eckran.
- Impossible, retraite coupée, ils s’amassent en bas de l’échelle !
Le temps pour Ecran de se retourner que le soldat lourd disparaissait par l’ouverture, ses hurlements couverts par les grondements assourdissants de l’orage déchaîné.
Les choses commencèrent à gravir les échelons, les archers délaissèrent leurs illusoires traits inutiles pour tenter de repousser les cadavres, toujours plus nombreux.
Eckran vivait la situation comme un rêve … Paniqué, mais détaché, étrangement conscient. Il savait que sa vie devait s’arrêter ici.
Cette nuit.

Il se dirigea au ralenti vers le levier dépassant du mur, tandis que le dernier de ses archers été happé par les monstres. Il n’aperçu pas l’araignée qui bondit et c’est à peine s’il ressentit la douleur. Il bascula le levier.
Toute une vie d’attente.
Pour cet instant.
Il avait espéré les voir. Sans toutefois le vouloir.

Les grondements du tonnerre cessèrent. La tour commença à trembler et un sifflement se fit entendre à son somment. Puis des éclairs. Un bleu magnifique. Envoûtant même. Et au milieu de cet orage miniature intense, pris au piège par les barreaux de la tour, un oiseau, majestueux, splendide. Mortel.
Son chant commença à emplir l’air et sa magie électrique à réchauffer l’atmosphère. Nul ne pourrait grimper au sommet de la tour à présent.
Mais ce n’était plus la préoccupation d’Eckran.
Eckan était mort depuis belle. Transformé en chaleur et lumière par la puissance de l’oiseau de foudre.
Le Rideau venait de se déchirer.




Cavaler. Au loin et sans relâche, faisant fi des éléments déchaînés et des dangers potentiels. Toujours au nord. Pourquoi le nord après tout ? Un sentiment étrange, de vérité. D’importance sans doute ? Frigueul se dépatouillerait bien sans lui de toute manière, depuis si longtemps préparé à la guerre qu’il était.
Il avait eu la révélation en voyant les feux bleutés du Rideau, rayonnant sur l’horizon, la situation tendait à lâcher ici aussi.
Il n’en avait cavalé que plus vite, méprisant les halètements confus de son destrier. Peu lui importait de pousser la bête à bout. Importait seulement d’aller au Nord. Et vite.
L’entrée des terres du Nord avait été forcée, assez durement pour que ses gardiens soient obligés de lâcher la foudre. Pendant bien longtemps on avait plaisanté au sujet de ces tours en les traitant de vieilles cages rouillées pour cause des barreaux à leur sommet. Ce que les plaisantins n’avaient jamais su c’est qu’elles étaient assurément des cages.
Chaque cage abritait un oiseau du tonnerre, emprisonné sur le rideau, servant à la fois d’avertissement et de gardien. Lorsqu’une des tours tombaient, le dernier soldat à son sommet devait actionner le levier qui réveillait les oiseaux de toute la ligne. Une cage similaire se trouvait placée au milieu de chaque ville dans le nord.
L’oiseau bleu était donc de funeste présage par ces lieux. Il signifiait pour les habitants des contrées du Nord le moment de prendre les armes et de défendre sa terre.

Comment le Rideau avait-il pu chuter ?

Valérian n’avait traversé que des villages déserts et en ruines … Une armée en campagne ? A la solde de qui ? Il lui faudrait passer par la capitale. Inévitablement.

***
Dragon brume
 Le 20/11/2007 à 15:08:57 
Les visages des habitants de la ville entourant le château de Fryagh étaient pour beaucoup tournés vers le ciel, vers cette lumière bleue qui illuminait le ciel, se demandant ce que cela signifiait. Au château les soldats étaient nerveux et le roi encore plus. C’était la fin d’une ère, bientôt il faudrait se battre à nouveau. Il se préparait déjà à repartir au combat malgrés ces années de paix qu’il avait réussi à instaurer dans son royaume. Mais si l’Ouest tombait réellement… alors il faudrait vraiment faire quelque chose. Le roi Ladd était plus que préoccupé par ce faisceau dans le ciel et lui qui avait toujours prôné la parole avant le combat se disait que cette fois il n’y aurait pas le temps pour des paroles.

Le château était en effervescence, certains comprenait l’ampleur de ce qu’il se passait mais beaucoup avait du mal à imaginer devoir partir si vite au combat. Cela ne faisait que quelques heures, le soleil n’était même pas encore levé, pourtant tout le monde n’attendait qu’un ordre pour pouvoir partir. Les jeunes prince dormaient encore, protégés de tout ce tumulte. Et dans la confusion, personne ne remarquait la jeune femme encapuchonnée qui descendait les marches jusqu’au temple. Elle aurait voulu leur dire au moins au revoir mais on l’appellait ailleurs. C’était comme si tout était devenu limpide d’un seul coup. Elle s’était réveillé une nuit et la clarté de son rêve lui avait révélé la vérité enfouie au fond d’elle-même. S’enfuyait-elle comme une voleuse ? Elle en avait l’impression. Malheureusement le temps pressait, elle ressentait le besoin de partir, c’était tellement fort.

La grande salle était illuminée par quelques torches au mur, dévoilant le visage tordu de Gaïa. Riya s’inclina respectueusement et murmura quelques excuses avant de se placer au centre de la salle. Il était temps. Elle ne pouvait rester plus longtemps. Son bâton semblait vibrer dans sa main et elle ferma les yeux en se remémorant l’incantation. Elle ne l’avait jamais apprise, elle n’avait jamais eu de formation de mage aussi avancée. Pourtant, les mots coulaient dans sa tête, venaient à elle. Elle savait. Elle savait ce qu’elle devait savoir. Riya leva le bâton au dessus de sa tête d’une seule main et le fit tourner entre ses doigts. Elle connaissait les gestes, elle savait sous quelles phalanges devait passer le bâton, elle connaissait les paroles, l’énergie exact à dégager. Le bâton tourna dans sa main fine et une lumière blanche s’en échappa du bout, traçant un cercle autour d’elle qui se posa sur le sol. De fin tracé lumineux coururent sur le sol à l’intèrieur du cercle et un murmure résonnait dans la salle dans une langue oubliée de tous.

La jeune femme frappa le sol avec le bâton. Le bruit résonna un moment dans la salle silencieuse et Riya inspira profondément, murmurant des excuses avant de poser sa deuxième main sur le bâton. Ce fut à ce moment là qu’elle se rendit compte de la présence non loin d’elle. Elle se retourna et aperçu enfin la silhouette qui l’observait depuis un moment. La personne s’avança, faisant ainsi découvrir un homme en pleine force de l’âge, son regard perçant la fixait avec autant d’interrogation que de sagesse.

« Alors vous partez., » c’était juste une constatation, à peine pouvait-on sentir l’amertume qui se dégageait de ces paroles. « Nous aurions eu besoin de vous. »

« Pardonnez-moi votre altesse, je sais que vous avez fait énormément pour moi en me recueillant. Je sais que vous comptez sur moi mais… le temps est venu. »

En disant ces mots Riya avait fait tomber sa capuche, dévoilant son visage fin et sa longue chevelure brune. Elle semblait sincère dans ses paroles et le roi Ladd opina du chef en s’avançant au bord du cercle sans pour autant y toucher.

« Les enfants vont être déçu que vous ne leur ayez pas dit au revoir. »

« Khan et Zeth auraient essayés de me retenir. Malheureusement je ne peux rester plus longtemps, » elle détourna un peu le visage et un sourire triste parut sur ses lèvres. « Et puis… je voulait garder d’eux le souvenir d’enfants souriant et non triste de me voir partir. »

« Des évènements funestes sont en place. Faites attention à vous. »

Un sourire chaleureux sembla illuminer le visage du roi qui s’inclina. La jeune femme lui rendit son salut et leva à nouveau son bâton pour le faire tourner. La lumière s’éleva du dessin sur le sol et lentement son corps commença à disparaître sous les yeux du monarque qui finalement tendis la main vers elle pour lui demander une dernière chose.

« Reviendrez-vous ? Où allez vous ? »

Un sourire et un rire lui répondirent alors que son corps devenait translucide. Il y eut des étincelles et le roi se retrouva seul dans la grande salle du temple, une voix douce se répercutant dans les murs.

« Je rentre chez moi. »


*****************************************

Il faisait froid au dessus des nuages mais c’était comme si la peau d’Alkianne s’était durcie. Elle tournait sur elle-même, elle plongeait dans les nuages. Elle était comme une enfant qui redécouvrait un jeu. C’était grisant, sentir l’air fouetter son visage, s’engouffrer dans ses ailes. Elle n’avait plus volé depuis des siècles, depuis ce jour fatidique. Elle se sentait soudainement revivre et la sensation d’être attendu se fit plus forte. Rentrer, elle allait rentrer. Enfin. Un rire éclatant empli le ciel et elle replia ses ailes pour fondre en piqué. Elle ne voyait rien, rien mis à part un tunnel de vitesse. Elle riait comme une folle et se redressa subitement pour remonter juste en dessous des nuages. La tête lui tournait mais elle se sentait merveilleusement bien. Elle reprit son vol de façon plus calme et se reposa un peu, gardant les yeux fermés, dérivant sur les thermiques qui remontaient du sol. Puis elle rouvrit les yeux et passa à travers les nuages pour se retrouver au dessus. Elle se sentait tellement bien. Bien vite le jour fit place à la nuit et le vol devint subitement plus physique sans l’aide des thermiques. Pourtant elle ne s’arrêta pas et continua, son esprit vagabondant vers l’endroit où elle se rendait.

Tout d’un coup, les mouvements sous elle changèrent, elle baissa les yeux et un léger sourire apparut sur ses lèvres alors que les nuages faisaient place à une grande silhouette blanche qui réfléchissait légèrement la lumière pâle de la lune. Alkianne ralentie et descendit un peu pour se mettre à la hauteur de la créature majestueuse qui venait d’apparaître juste à ses côtés. Ses ailes étaient grandes et fortes, sa peau écailleuse étaient d’un blanc éclatant et ses grands yeux perçant et intelligent perçait ceux de la jeune femme qui ne départit pas de son sourire.

« Cela faisait longtemps… je te croyais mort. » fit la guerrière en se mettant au niveau de sa tête.

« Je ne peux mourir, tu le sais. Pas tant que tu existera, » répondit la voix grave et mélodieuse de la puissante créature.

« Alors c’était bien toi ce jour là… » dit Elvyan en jettant un coup d’œil à la lune.

Le dragon aux yeux dorés eut un rire et donna un coup d’aile subite pour se retrouver sous l’humaine. Il remonta tout aussi subitement et elle se retrouva assise sur son dos.

« Il est toujours mon fils après tout, » répondit simplement le dragon d’une voix calme et sage.

« Pourquoi n’est-tu pas mort ? Je croyais que ta vie devait s’arrêter avec la sienne… » continua la guerrière en devenant subitement distante alors qu’elle relevait le visage en direction de la lune.

« Je le suis. En partie tout du moins. Mais mon esprit est toujours là et il y restera jusqu’à ce que notre lien disparaisse, » répondit calmement le dragon. « Depuis ce jour là je ne suis plus que l’ombre de moi-même. Je vois le temps passer, je vois les êtres évoluer, mais je ne peux plus rien faire pour eux, » l’amertume sembla se lire dans sa voix et Alkianne ne répondit pas, s’allongeant juste dans son cou, protégée du vent par une grande écaille dépassant à cet endroit là.

« Elle me manque… » murmura-t-elle simplement.

« Elle manque à tout le monde bien qu’ils ne s’en rende pas compte, » Le dragon se fondit aux nuages et le mouvements de ses ailes se fit régulier, berçant la femme qui reposait sur lui comme autrefois. « Dors, tu en as besoin. »

Et comme si une puissante magie s’opérait, Alkianne ferma les yeux. Protégée par ce dragon millénaire qui faisait partie d’elle-même. Son esprit sembla se fondre dans celui de Calerù et une mélodie retentie en elle. Une ancienne mélodie que murmurait son corps bien que son esprit l’ai quitté pour quelques heures au moins… a cet instant, ils ne faisaient plus qu’un.
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