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 Ev-Dragon >> Forum >> Histoire du Jeu en Temps Réel ! >> Le Calme avant la tempête - Equipe recrutement

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Dragon blanc
 Le 13/05/2018 à 18:46:30 
Réservé à l'équipe de recrutement !


***


Des pistes, des pistes et encore des pistes. Vous n'avez que des pistes. Ce n'est pas beaucoup, mais ce n'est pas rien. Le Sénéchal vous a laissé deux mois pour recruter une armée digne de ce nom. Et à vrai dire, c'est tout ce qu'il vous a laissé. Aucune autre information, aucun ordre de mission, le vénérable dragon a plus l'étoffe d'un guide spirituel que celui de chef de la résistance. Bon gré, mal gré, vous êtes le dernier espoir d'Atsami et vous ferez avec.

Alors, pour votre armée, vous aurez non seulement besoin de soldats, mais également d'équipements et pour ça, il vous faut des pépètes (pourquoi pas des sponsors?), des moyens logistiques et puis en fonction du nombre de personnes que vous aurez recruté, il vous faudra certainement des personnes capables de commander des bataillons ! Où donc allez vous trouver tout cela ?

Première piste : Le dragon vert argenté a de la suite dans les idées. Recruter des combattants au lieu de fermiers semble être une bonne solution et le sixième souterrain semble être l'endroit rêvé pour cela. Allez au-delà et le temps vous manquera !

Seconde piste : On parle d'une ville marchande au sein du domaine de la nuit qui accueillerait les rébus de la nation. On dit aussi d'elle qu'elle est le centre des activités de la guilde des Marchands Itinérants menée par Tarafa et de la guilde des explorateurs des Tréfonds menée par Banvar. Peut-être pourriez-vous les rallier à votre cause ?

Ou peut-être avez vous d'autres pistes ? Après tout, des personnalités telles que vous doivent certainement connaître les bonnes personnes, celles qui peuvent faire la différence. Quoiqu'il en soit, avant de partir, il va falloir vous préparer et décider de qui fait quoi et comment. Partir ensemble ? Ou séparément ?

***


HRP


Equipe : Sire Dahokan, Elyra, Gwaïhir, Fibus

Si séparation il y a, il vous faudra indiquer votre position et les personnes présentes avec vous en début de poste comme cela : [Lieu] avec [Personne A], [Personne B], etc... Tout cela pour l'efficacité de mon MJTAGE.

Les règles et l'organisation sont sur le topic 17932 (mieux vaut le lire avant celui là).
Pour ceux qui ne sont pas membres de l'équipe initiale, merci de vous inscrire au préalable dans le topic dédié au QG.

Merci bien et bon RP !
Dragon brume
 Elyra 
 Le 22/05/2018 à 20:34:20 
La vague de chaleur engloutit sa poitrine et se répandit le long de ses bras, les paralysant sur la table. Venues de nulle part, quelques étincelles crépitèrent au bout de ses doigts. Malgré la fréquence du phénomène, la jeune femme n'arrivait toujours pas à s'y habituer et sa gorge se noua d'angoisse. Elle ferma les yeux et se concentra sur sa respiration, jusqu'à ce que sa colère diminue, jusqu'à ce que son cœur reprenne son rythme normal. Alors la chaleur reflua, ses bras furent libérés, et sans un regard pour le dragonnier qui lui faisait face, Elyra se leva et sortit presque en courant de la taverne.

Ce n'était pas la première fois qu'elle perdait son calme. Elle aurait de loin préféré convaincre les planqués du Domaine de la Nuit avec des claques plutôt qu'avec des paroles, mais à chaque fois l'enchantement d'Ithil l'en empêchait et elle se retrouvée clouée sur place avec ses envies de meurtre.
A peine fut-elle dehors que Gwaïhir s'avança à sa rencontre, lui offrant une occasion en or d'évacuer sa colère.


- Tu es encore seule…
- Ce sont des idiots, lâches et ignorants, cria Elyra en agitant les bras dans tous les sens. Ils me traitent comme une gamine qui raconterait des salades! Ils n'ont rien à faire des horreurs dont je leur parle et ils me rient presque au nez quand je leur demande de se joindre à nous!
- Tu dois les comprendre, les défendit Gwaïhir en se tenant prudemment à l'écart, ils n'ont toujours connu que la tranquillité. La guerre ne transparaît pas ici, pourquoi ils risqueraient leur vie pour toi?
- C'est leur monde qui meurt dehors!
- Un monde violent qu'ils ont laissé derrière eux. Ici ils sont en paix.
- Pas pour longtemps, grommela la jeune femme avec un regard noir. Ils sont stupides.
- Non, eræsthyr, non… Ils ont tourné le dos à la violence pour dédier leur vie à de nobles causes, art, beauté, construction… Ils ne se rendent pas compte de ce qu'il se passe.

L'humaine sembla se calmer un petit peu et le dragon se rapprocha. Elle soupira tandis qu'ils s'éloignaient côte à côte.

- Je ne sers à rien ici.
- *Gwaïhir* sjerit ner… En plus, avec tes talents d'oratrice…

Tout en grimaçant, la jeune femme crocheta le bord de l'aile de son compagnon, prit appui sur son genou écailleux et se propulsa pour atterrir légèrement sur son dos. Elle bougonna:

- Je sais, je sais, tu m'avais prévenue, j'aurais dû t'écouter… Tu veux toujours descendre dans les autres souterrains?
- Bien sûr! Les Hommes y sont plus rudes, j'aurais peut-être plus de succès. Mais on serait plus efficace séparé.
- D'accord, d'accord, je reste ici… Mais je laisse tomber les dragonniers.

Se retournant, elle leva un poing rageur en direction de la taverne et étouffa un juron. Son dragon ricana et elle finit par se calmer définitivement.

Au moment de sortir d'Utopia, les deux compagnons posèrent un regard plein d'espoir sur deux affiches jumelles qu'ils avaient fait placarder sur les portes.



WANTED
On recherche
Vivants (!)
Okko G'war / Ecnerual
Humanoïde tigresse et colossal dragon noir
A conduire à la taverne du furet qui tousse
au premier elenya de Narië
contre récompense



La deuxième affiche était au nom de Celidèr et Cassiopée. Elyra ignorait complètement ce qu'étaient devenus ses vieux amis, mais ces dernières années, Okko et Slider étaient les seuls à avoir laissés des traces de leur passage dans leur ancienne ville. Elle imaginait qu'ils n'étaient jamais bien loin l'un de l'autre, leurs dragons étant soudés par les liens du mariage. Et en ces temps de crise, ils étaient certainement occupés à déforester quelque village du Domaine de la Nuit. Avec un peu de chance, quelqu'un les trouverait et l'armée rebelle aurait gagné quelques précieux alliés.
Dragon blanc
 Le 26/08/2018 à 17:36:40 
****

[Mieux vaut tard que jamais voici le MJtage]

Elyra

La réponse des dragonniers d'Utopia est sans équivoque, tu n'as pas réussi à les ramener à ta cause, un coup dur pour la résistance. Un jour entendront-ils peut-être raison, en espérant qu'il ne soit pas trop tard à ce moment là. Tes actions à Utopia ont malgré tout un écho positif : Une chasse est maintenant ouverte.

Comme tu le sais, il est trop tôt pour baisser les bras. Les dragonniers ont peut-être dit non, mais leur réponse n'engagent qu'eux. Depuis l'arrivée de l'Imperium, la population s'est largement diversifiée, en cherchant tu trouveras bien d'autres résistants, mais la prudence est de mise, tu pourrais également tomber sur des partisans de l'Imperium.


Okko

Au domaine de la nuit, dans ce climat tendu tous les jours par l'explosion démographique, rares sont ceux n'ayant pas vu l'annonce de ta vieille amie. Une véritable chasse bat son plein et autant dire que toi et ton dragon recevez plus tôt que tard l'information de la nécessité de votre présence à la taverne du furet qui tousse. Même si ce n'est pas de la façon qu'avait prévu l'exploratrice. Dragons, dragonniers, assassins, mercenaires, chasseurs de primes, simples fermière cherchant à joindre les deux bouts. La compétition est tellement rude, que chacun y met du sien pour mettre le grappin sur vous, rivalisant d'ingéniosité et de violence pour arriver à leur fin.

****
Dragon brume
 Le 26/08/2018 à 23:19:19 

De la fumée sortit des naseaux de Dahokan en même temps qu'il reniflait doucement pour évacuer l'odeur ambiante. Le saurien approchait tout juste de l'entrée de la cité et déjà, il désirait la quitter. Ce n'était qu'un amas de débris : des déchets -s'il en était- jonchaient le sol, aux côtés de personnes miséreuses. De toute évidence, la cité n'avait jamais été préparée à accueillir ce trop plein de population. Le dragon ne s'attarda pas à regarder les mendiants, ni même à les écouter. Il avait voyagé des jours entiers dans l'aube éternelle du Cinquième Souterrain jusqu'à rejoindre cette cité en bordure de l'escalier menant au Domaine des Chimères. C'était cette cité, initialement lieu de passage prisé des voyageurs, qui était devenu le principal refuge des migrants, au point de rivaliser avec l'affluence qu'Utopia avait connue dans son âge d'or. Sauf que là, rien n'était doré. Les rues n'étaient qu'immondices et elles n'abritaient que des rébus de la société. Face au flux migratoire, la cité avait fini par fermer ses portes et une deuxième ville s'était construite à ses abords. Les cabanes étaient faites de bois moisi et les plus malchanceux dormaient sous leur manteau. Mais avaient-ils d'autres choix ? Ils avaient été chassés de leurs terres par l'Imperium. Ils avaient craint pour leur vie et décidé de se réfugier ici, plutôt que de risquer l'esclavage, la torture, ou la mort. Oui, contrairement à Dahokan, eux avaient le choix. Ils étaient Humains et pouvaient donc se soustraire au sort réservé aux Dragons. Alors pourquoi choisir la misère ? Leurs familles avaient-elles été détruites lors de l'invasion ? Était-ce par respect envers les êtres de son espèce ? Quelles étaient leurs réelles motivations ? Dahokan avait besoin de le savoir pour soulever les peuples. Car c'était la raison qui l'amenait dans la cité marchande de Bourzecu.

Le dragon traversa la partie extérieure de la ville, jusqu'à atteindre l'une des impressionnantes portes qui en gardaient l'entrée. Là, plusieurs gardes surveillaient jalousement les allées et venues des voyageurs, s'assurant qu'ils étaient bel et bien autorisés à rentrer. Nombre d'entre eux se faisait refouler, avec plus ou moins de ménagement. C'était un mauvais signe. Naïvement, le dragon se présenta à son tour, mais il vit deux lances lui barrer la route. L'un des gardes aboya, d'un ton sec :

- Accréditation ?

Pris au dépourvu, Dahokan ne sut que répondre. Visiblement impatient, le garde enchaîna :

- Alors dégagez !

Voilà qui avait le mérite d'être clair. Enfin, pas tant que ça. Comment le dragon pouvait-il obtenir un laisser-passer ? Auprès de qui ? Malheureusement pour lui, le garde n'avait pas l'air très enclin à la discussion. Dahokan se résigna à faire marche arrière et à s'enfoncer un peu plus dans le quarter poisseux. Il devait reconnaître sa défaite pour le moment et trouver un autre moyen de rentrer dans la ville. Le dragon retint son envie de rester planté là, à regarder les gens passer. Il devait être plus subtil que cela, c'est pourquoi il décida de s'éloigner quelque peu de la porte. L'idée de s'engouffrer à nouveau dans la nouvelle ville ne l'enchantait guère, mais il devait trouver le meilleur emplacement pour pouvoir observer le comportement des gardes. C'était le meilleur moyen pour comprendre comment entrer dans la cité. Le saurien trouva finalement un endroit assez éloigné des portes -mais pas trop- pour pouvoir observer la mécanique de la garde sans trop attirer l'attention. Il avait jeté son dévolus non loin d'une cabane qui avait la particularité de disposer d'un voile à sa devanture. La ruelle était toute aussi sale que les autres et, le fait qu'elle soit ascendante, offrait un point de vue légèrement en surplomb. Après plusieurs heures d'observation, Dahokan en arriva à la conclusion suivante : rien ne laissait présager un moyen particulier d'obtenir un laisser-passer. Toutes les personnes qu'il avait vu autorisées à entrer étaient différentes les unes des autres. Il n'y avait aucune ressemblance particulière, que ce soit le fait d'être un marchand, un homme, un soldat. Aucun signe distinctif ne rapprochait les personnes admises à entrer en ville.

- Bouge ta carcasse, le dragon !

Dahokan fut interrompu par la voix d'un vieillard. Surpris, le saurien se retourna pour découvrir un gaillard certainement aussi vieux que la cité était ancienne, s'agiter en portant ce qui apparaissait comme une caisse très lourde. L'interpellé ne sut réagir autrement qu'en se présentant :

- Bonjoue. Je me nomme Sire Dahokan.

- Sire ? répondit le vieillard. T'es chevalier, c'est ça ?

- Effectivement, répondit posément le dragon, qui sentait comme une pointe de sarcasme dans la voix de son interlocuteur. Savez-vous comment rentre dans la ville ?

- T'es un rigolo, toi ! Si je savais, ça ferait bien longtemps que je ne moisirais plus ici !

Le dragon accueillit la réponse d'un léger son de gorge, comme pour confirmer qu'il avait bien entendu les propos du vieillard. Il reporta son attention sur les portes, cherchant encore le moyen de les franchir. Mais il fut de nouveau interrompu dans ses pensées :

- Bouge de là, je t'ai dit !

C'était toujours le vieillard qui, de toute évidence, ne considérait pas la conversation comme achevée. D'un air distrait, Dahokan se décala, laissant le champ libre à l'Humain pour poser sa caisse à l'endroit où se trouvait le dragon juste avant. Il commença alors à empiler plusieurs caisses, qu'il allait récupérer dans le bâtiment adjacent -celui avec une voile.

- Que faites-vous ? Ne put s'empêcher de demander le dragon.

La réponse fut comparable à celle tenue par le garde un peu plus tôt :

- … tes oignons !

Visiblement, la population locale était peu loquace. Dahokan tenta à nouveau sa chancce :

- Et avant d'arriver ici, que faisiez-vous ?

Comme frappé par la foudre, le vieil homme interrompit soudainement son trajet. Il laissa passer un instant avant de se tourner vers Dahokan :

- Avant ? Avant, j'était marin ! Je naviguais sur les Océans, affrontait les marées et apportait mes marchandises aux plus isolés des peuplades. J'ai rencontré des tribus que personne d'autre n'a jamais vues, j'ai vu des paysages que tu ne soupçonnes même pas et j'ai bravé des tempêtes qui auraient pu emporter un dragon comme toi. Voilà ce que je faisais. Avant.

Le parcours du bonhomme était impressionnant. Dahokan se retint de répondre que, lui aussi, avait beaucoup voyagé. Le vieillard semblait fier et nostalgique de ses épopées et il était orgueilleux de se mettre ainsi en avant. Le dragon se contenta alors de demander :

- Et puis ?

- Et puis les nordistes sont arrivés. Ils ont commencé à mettre le nez dans nos affaires. À demander à ce qu'on leur donne nos marchandises. Ça m'a pas plus. Ni à mon fils et son épouse, d'ailleurs. Le jour où on a refusé, nous ont fait comprendre qu'on avait pas trop le choix. Au début, on les a pas cru. Puis, ils ont brûlé ma maison et, là, ils étaient un peu plus convaincants. On a compris qu'on avait plus grand chose à faire là-bas, alors on est partis. Les gosses avaient entendu dire qu'ici, on était en sécurité. Les abrutis ! Maintenant, on lutte chaque jour pour survivre, en attendant de rejoindre la Guilde des Marchands Itinérants. Mais on peut pas, à cause de la petite qu'est enceinte jusqu'aux yeux.

C'était un flux d'informations que Dahokan n'avait osé interrompre. Le dragon ne prit pas le temps de digérer tout ce qui venait d'être dit. À la place, il posa la question qui lui vint immédiatement à l'esprit, même si ce n'était certainement pas la plus pertinente :

- Compte-t-elle réellement mettre vie dans cette... maison ?

En posant sa question, Dahokan avait pointé de la tête la bicoque à voile. Son hésitation sur le dernier mot en disant long sur ce qu'il pensait de cet endroit.

- Pourquoi ? Tu vois un meilleur endroit, peut-être ?

Nul doute que l'estime du vieillard avait été blessée. En même temps, Dahokan venait certainement d'attaquer tout ce qu'il lui restait -en plus des fameuses caisses qui lui avaient valu de se déplacer.

- La cité.

- Je viens de te dire que je sais pas comment y rentrer !

- Qu'avez-vous dans ces caisses ?

Le vieil homme ne répondit pas. Son regard, gêné, devint fuyant. Dahokan entonna :

- Écoutez, c'est très simple. Vous m'aidez à entrer dans la cité. En échange, je m'assure que votre belle-fille dispose d'un cadre convenable où donner bas.

- Mais comment tu veux que je te fasse rentrer ?

- J'ai juste besoin de quelques pièces d'or...

- Comme nous tous ! Si t'es venu mendier, va voir ailleurs !

Dahokan fixa le vieil homme droit dans les yeux. Il laissa passer un instant, puis se redressa, laissant échapper un « Bien » sec et commença à se détourner de son interlocuteur. Visiblement, il ne pouvait plus rien en tirer et il allait devoir trouver un autre moyen d'entrer en ville. Peut-être qu'il pourrait convaincre un marchand, membre de la guilde itinérante, de le laisser en...

- Attends !

Le vieillard venait d'interpeller Dahokan, le bras tendu vers le dragon. Le saurien se retourna et, d'un simple regard, l'invita à parler :

- Comment je sais que je peux te faire confiance ?

- Un chevalier tient toujours parole.

L'homme laissa échapper un petit rire gêner.

- Ah oui, c'est vrai. J'oubliais que t'étais chevalier.

L'ancien marin mit la main à sa ceinture pour se saisir d'une bourse, qu'il tendit à Dahokan.

- Tiens, voilà qui devrait t'aider. C'est toutes nos économies, donc ne fais pas de bêtises. Avec cette bourse, c'est tout nos espoirs qu'on place en toi.

Dahokan se retint de répliquer que c'était monnaie courante, pour un chevalier, d'être le dernier rempart face au désespoir et à l'abandon. Il se contenta d'incliner la tête en guise de remerciement et demanda au vieil homme quel était son nom :

- Appelle-moi Le Capitaine. Tout le monde ici verra de qui tu parles !
Dragon okko
 Okko 
 Le 27/08/2018 à 16:29:37 
Okko et Ecnerual s’apprêtaient à remonter à la surface. Ils avaient passé un long moment dans le domaine de la nuit, tout d’abord en mission pour la Garde de Nuit, puis, comme tous ses compagnons avaient déserté, à louer leur services de mercenaires à droite et à gauche. Cela avait fonctionné pendant un temps, pour gagner leur croûte sans être contraint par l’enchantement d’Ithil. Cependant, avec le flot de réfugiés qui avait inondé le souterrain la demande d’emploi s’était très rapidement tarit. Et puis la chasse avait commencé.

Tout d’abord leurs employeurs les plus fidèles avait arrêté de louer leurs services, sans un mot. Puis cela avait été des murmures et des œillades, des inconnus essayant de l’attraper en ville. Ils avaient alors cessé de s’approcher de la civilisation, ce qui devenait de plus en plus compliqué. L’idée de se livrer pour récupérer la récompense puis s’échapper leur avait effleuré l’esprit mais leur impossibilité d’utiliser la violence compliquait fortement la chose. La goûte d’eau qui fit déborder le vase fut les filets lancer sur eux en pleine nuit, alors qu’ils se reposaient enfin tranquillement. D’un coup de griffe les deux compagnons se libérèrent et décidèrent de remonter à la surface, à un endroit où ils pourraient au moins répondre à leurs agresseurs.

Ils tombèrent très rapidement sur l’escalier monumental, mais au bout d’un jour de voyage, la distance entre l’escalier et eux ne semblait pas changer. Au deuxième jours, Okko comprit qu’ils étaient victime d’un sortilège. Ils se mirent donc à camper en espérant que leurs attaquants se manifesteraient, mais personne ne se présentât. Aucun des deux compagnons n’osait explorer les environs seul, de peur de perdre l’autre. Ils essayèrent de trouver du gibier ou quelques baies, mais le même paysage vide s’offrait à eux, peut importe la direction dans laquelle ils avançaient. L’escalier restait toujours et indéniablement à la même distance. Les jours commencèrent à s’enchaîner et les vivres à manquer. Quand Okko fut réveillée en sursaut par les filets d’acier qui leurs tombaient dessus, elle n’eut pas la force de se débattre et si Ecnerual n’avait pas été là pour la protéger, elle se serait retrouvée étranglée par l’un de ces câble qui s’était calé sous sa gorge.

Ecnerual aurait pu brisé ce filet d’acier d’un simple coup de griffe et s’enfuir, mais il avait bien compris qu’il ne pouvait aller nul part à cause du sors. De plus, Okko était bien trop faible et il avait peur que cette fuite ne fasse que la tuer. Il se laissa donc capturer, protégeant du mieux qu’il pouvait son amie inconsciente, tout en faisant attention à ce qu’il n’oublie aucune de ses précieuses affaire derrière.

Ils avaient été remorqués jusqu’à une ville qui se trouvait au pied des escaliers. Là, ils avaient été transférés dans des cages. Les humains qui les avaient capturés avaient essayé de prendre l’épée qui pendait dans le dos d’Okko, mais un coup de dent d’Ecnerual sur les barreaux les en avait dissuadés : il pouvait en sortir très facilement si il le voulait.

Un seau d’eau glacée fut envoyé au visage de la jeune tigresse, qui se réveilla en sursaut. Un bol de gruau informe lui fut tendu à travers les barreaux par un homme très bien habillé, qui avait un sourire moqueur. Sans aucune forme de cérémonie, Okko le lui arracha des mains, non sans laisser huit grosses estafilades sur les poignets de son geôlier, ce qui effaça aussitôt son sourire.


- J’espère que la personne qui a mis ta tête à prix acceptera de payer au moins le double pour t’avoir capturer vivante, cracha-t-il. Je connais un tas de gens qui payerai le triple pour ta peau, elle ferait une magnifique descente de lit.

Ecnerual se mit à grogner.

- Ça vaut aussi pour toi sac d'écaille ! Du sang de dragon, des écailles… je connais pas mal de personnes qui payeraient bien pour boire leur vin dans tes cornes ou tes griffes, alors si tu veux pouvoir être acheté par quelqu’un qui te veut vivant, met la un peu en sourdine.

Ce fut au tour d’Okko de grogner, la bouche pleine de gruau qu’elle avait commencé à gober après l’avoir reniflé pour y déceler un quelconque poison. Ses esprits commençaient à lui revenir : elle était en cage et Ecnerual aussi. En face d’elle se trouvait l’entrée de la taverne du furet qui tousse. L’homme les regarda tour à tour et malgré ses bras sanguinolents, son sourire carnassier revint.

- J’attends jusqu’à demain que celui qui vous recherche arrive. Si il n’est pas là ou que son prix ne me convient pas, j’irais trouver plus offrant.

Sur ces mots il tourna les talons. Okko soupesa son bol vide et nettoyé de la moindre miette, puis, dans un geste qui ferait pâlir les champions de lancer de disque, elle le lança. Celui-ci heurta "malencontreusement" la tête de leur ravisseur qui en trébucha sous le choc. Alors que l'homme se relevait et reprenait sa marche d’un pas exagérément outré, les compagnons partirent d’un rire tonitruant qui fit trembler l’enseigne de la taverne. Alors que la nuit tombait, Okko fit rouler sa cage jusqu’à celle d’Ecnerual, et se colla contre les barreaux au plus prêt de son corps écailleux. Ecnerual posa son museau à coté d’elle afin que son souffle la réchauffe pendant la nuit et elle s’endormit le ventre plein, tandis qu’il veillait sur elle. Le lendemain, serait un jour difficile.

Aux premières lueurs de l'aube, le patron du "Furet qui tousse", après une brève nuit, sortit sur le pas de sa taverne. Il ne put s'empêcher de remarquer le dragon en cage (pratique plutôt inhabituelle dans ce souterrain). Un peu inquiet, il s'avança et distingua une forme humanoïde étrange dans la cage d'à côté: une créature mi-panthère, mi-humain. Aussitôt, il se remémora l'avis de recherche qu'une jeune femme lui avait fourré dans les mains: impossible de se tromper ! Une femme panthère, un immense dragon noir… Il avait devant lui le couple en question ! Il s'avança vers les chasseurs de prime et celui qui avait l'air d'être le chef.


- Vous venez pour la prime, c'est ça? Vous êtes sacrément en avance, dit-il en sortant une affiche froissée de sa poche et en pointant la date écrite tout en bas. Le commanditaire ne sera pas là avant plusieurs semaines. Mais il a laissé pour vous un sac d'or. La moitié de la prime. Le reste remis à la date prévue, à condition que ces deux personnages soient bien traités d'ici là. J'ai une lettre pour eux.

Le chasseur de prime soupesa le sac d’or et regarda ses bras. Les bandes qu’il avait mis autour était imbibées de sang coagulé. Il fronça les sourcils.

-Ce n’est pas assez, je trouverai sûrement meilleur acheteur.

Sur ce, il tourna les talons et se dirigea vers les cages à l’extérieur, hélant sa main d’œuvre pour leur demander de hisser les cages sur les chariots adéquats. Ne se souciant même pas du fait qu’aucun humain, peut importe leur nombre, ne serait capable de soulever la cage d’Ecnerual. Il fût rapidement rattrapé par l’aubergiste.

- Vous ne m’avez pas bien compris monsieur, ces deux personnages ne sont en aucun cas des criminels recherchés, vous en pouvez les garder captifs.

- Je le peux si je le veux et cela ne vous regarde plus.

Il fit volte face et s’avança vers la cage d’Ecnerual en hurlant sur ses sous-fifres qui essayaient de soulever la cage en vain sous le regard amusé du dragon. Okko pendant ce temps là s’était réveillée et elle vit l’aubergiste se retourner et chuchoter quelque chose à l’oreille d’un jeune garçon qui hocha de la tête et s’enfuit en courant. L’aubergiste croisa ensuite les bras et regarda le spectacle. Quand il croisa le regard d’Okko il lui fit un clin d’œil. Celle-ci se demanda alors ce qu’il mijotait, et alors que son ventre se mettait à gargouiller, elle se demanda à nouveau ce qu’il mijotait, littéralement.

Quelques minutes avaient passé quand soudain le garçon revint suivit de personnes en armure légère armées de lances. Il pointa un doigt vers le chasseur de prime et hûrla :


-C’est lui ! Il s’adonne au commerce d’esclaves et d’autre choses interdites ! Arrêtez le !

La milice courut vers le ravisseur des deux compagnons, il voulut s’enfuir mais à ce moment là, Ecnerual brisa sa cage d’un coup d’épaule et le plaqua au sol comme on écrase un moucheron.

-Si des humains aimeraient boire dans mes cornes, j’avoue que le gibier humain à un goût qui me plaît particulièrement et je pense qu’Okko en prendra volontiers un bout. Okko, tu veux le bras ou la cuisse ?

-La cuisse évidemment, rugit-elle depuis sa cage.

Le chasseur de prime tremblait de peur et s’était évidemment souillé, la milice incita cependant Ecnerual à reculer afin de pouvoir incarcérer son ravisseur. Celui-ci fut relevé brutalement mais le soulagement de ne pas servir de dîné se lut sur ses traits.

- Quel gâchis, fit Ecnerual tout en brisant la cage d’Okko, je ne comprend pas l’idée de mettre la viande derrière des barreaux si c’est pour ne pas la manger plus tard.

Cette remarque fit sortir un gémissement aigu de la gorge du chasseur de prime, ce qui fit rire les deux compagnons, Okko s’amusant à imiter le crie apeuré. L’aubergiste s’approcha alors des deux compères, suivit par ses cuisiniers portants des plateaux couverts de plats de viande différents. Il tenait une lettre à la main qu'il tendit à Okko.

- Cette lettre est pour vous, elle m’a été remise par une amie à vous. Je suis désolée que vous ayez été traité de cette façon et j’espère que ce repas vous assurera ma bonne foi. Étant donné que personne ne viendra chercher l’or de la prime, je vous propose de partager : vous prenez un sac d’or, je garde le second en dédommagement de tous les repas et les coucher que vous souhaiterez prendre ici.

Okko attrapa la lettre, la renifla et gronda à l’odeur.

- L’odeur d’une traîtresse, grogna-t-elle.

Elle s’apprêtait à déchirer la lettre quand Ecnerual l’arrêta.


- Mange, tu es toujours plus sage le ventre plein, et lit la lettre. Peut-être que c’est une demande de rédemption.

La jeune tigresse inspira profondément, expira, puis posa la lettre par terre. Elle tendit ensuite les mains vers le premier plat qui fut posée devant elle et se mit à manger, rapidement imitée par son ami.

Une fois rassasiée elle essuya ses pattes pleines de jus de viande sur l’herbe et repris la lettre. Elle la parcourut rapidement :

« Mes chers amis,
Je suis désolée d'avoir du recourir à une méthode de communication aussi vulgaire, mais ChâteauNoir n'étant plus, le service de courrier étant limité, il n'y a que peu de moyens de communiquer avec des gens perdus de vue. J'espère toutefois que vous aurez fait bon voyage et que le tavernier sera généreux en alcool le temps que vous vous reposiez. Je lui ai laissé des consignes et de l'argent mais j'ignore s'il ne va pas préférer tout garder pour lui… Mais si vous lisez cette lettre, c'est qu'il a au moins en partie effectué son travail. Ou qu'Ecnerual a tout pillé…
Vous devez vous en douter, je n'ai pas remué tout Atsami pour simplement vous inviter autour d'un verre de rhum. Nous sommes en guerre. La surface est inaccessible. La menace se rapproche. Bientôt les dragons seront condamnés. Nous avons décidé de lutter.
A vrai dire, la lutte a l'air assez inégale. Je vous joins la liste des dragonniers désireux de chasser l'ennemi. Je pense qu'on peut leur faire confiance. Je l'espère. Mais devant un si petit nombre de combattants, je ne peux vous cacher que votre présence à vous quatre serait un atout non négligeable. La bataille commencera le premier elenya de Narië. Notre armée partira d'ici même, de la taverne au furet. En attendant, Gwaï et moi essayons de trouver quelques âmes courageuses pour grossir notre armée.
J'ose espérer que vous vous joindrez à nous pour le combat. Peut-être en souvenir de notre ancienne amitié. Surtout pour la liberté d'Atsami et de son peuple, saurien, humain et autres.
Dans l'attente de vous revoir,

Elyra

PS: il y aura de l'or, sûrement beaucoup d'or. Et du sang. »

Okko plia la lettre songeuse. Puis la déplia et relu encore une fois la lettre. Ecnerual à la regardait d’un air interrogateur.


- Alors ? Ça dit quoi ?

- Elle veut qu’on aide a faire la guerre…

- Qu’on "aide" ?

- Contre rétribution bien sûr ! Mais bon c’est un peu gonflé de sa part de faire comme si rien ne s’était passé…

- Et tu sembles y réfléchir.

- On a besoin d’un travail, et puis… le goût du sang me manque.

- Moi aussi…

- Bon et bien c’est régler, nous allons attendre ici tout en faisant chercher Slider et Cassiopee.

Elle se releva et s’approcha de l’aubergiste.

- Je vous remercie mon cher pour votre hospitalité et votre offre précédente, mais je vous avoue que cela ne va pas se passer comme cela. Nous allons prendre tout l’or de notre prime et vous aller faire vider l’auberge afin de nous héberger uniquement nous et cela à titre gratuit. Ne vous avisez pas de prévenir la milice, Ecnerual à l’ouïe fine et je suppose que cela vous ennuierait si votre auberge se trouvait totalement détruite.

L’aubergiste était devenu blême.

- C’est votre punition pour avoir traité avec une déserteuse. Traitez nous comme des rois et vous pourrez rouvrir votre auberge après notre départ. En revanche, faites un pas de coté et nous nous amuserons à démanteler votre auberge pierre par pierre. Compris ?

L’aubergiste hocha de la tête, s’inclina et s’en fut vider son auberge et préparer leurs quartiers à leurs majestés Okko et Ecnerual. En voyant l’homme se presser comme si il avait quelque chose dans son pantalon, les deux compagnons éclatèrent de rire.

Une fois installés dans leurs quartiers, les deux compagnons recrutèrent avec quelques menaces l’un des employés du chasseur de prime pour partir à la recherche de Slider et Cassiopee. Il devrait les retrouver et, après avoir chanter leurs louanges en dansant, les remmener à l’auberge.

Dragon blanc
 Le 09/09/2018 à 19:54:43 
Mjtage Adrentar dans la ville de Bourzecu

Banvar regrettait ce qu'était advenu de sa belle cité. Autrefois au centre de toutes les opportunités, elle portait entre ses fortifications les rêves de nombreux habitants des sous-sols. Aujourd'hui, ses lourdes portes en bois ne servaient plus que de vains repoussoirs à un flot incessant d'immigrés qui avaient déjà tout perdu et qui continueraient à perdre au pied des fortifications de Bourzecu.

En son for intérieur, il se blâmait de cette double punition infligée aux réfugiés. Si les Explorateurs n'étaient pas partis en voyage quand la première vague était arrivée, ils auraient pu empêcher la situation de prendre une telle ampleur. Mais ils s'en étaient allés, le temps d'un mois, la ville avait totalement changé de visage et de politique. Disparu le dédale extérieur de chariots et stands de marchands. Il repensait à ces longs après-midi où lui et ses amis (les explorateurs) s'y perdaient à chercher de quoi préparer leurs prochains voyages. Plus de toiles colorées, plus de rires et de spectacles improvisés, juste une montagne de bois moisis qui utilisaient les fortifications de la ville pour s'élever encore plus haut. L'expansion était autant verticale qu'horizontale. Et bien des fois, Banvar redoutait le fracas trop reconnaissable des piles de bois qui s'effondrent. Elles résonnaient même à l'intérieur de Bourzecu, dans l'indifférence totale de ses résidents « accrédités ». Seuls les explorateurs aidaient en solidifiant les constructions branlantes, les reconstruisant parfois entièrement ou en aidant à enterrer les corps lors des drames.

Son dernier coup de marteau lui tire un grognement insatisfait.

Quant à cette accréditation, elle n'existait pas. Ou en tout cas pas formellement. Les réfugiés étaient persona non grata. La rumeur de l'accréditation avait été savamment lancée par la guilde des marchands itinérants afin d'éviter tout débordement lors d'un énième refus. En vérité, c'était les gardes qui décidaient arbitrairement de qui rentrait et qui ne rentrait pas et ils en profitaient.

Il range son marteau dans la ceinture à outils qui ne quittait plus sa taille et fais trois pas en arrière pour observer la cahute qu'il venait de rempiéter. Au lieu, une scène en contre-bas de l'étroite construction, attire son regard. En s'approchant, il réussit à capter les derniers échanges du Capitaine et du dragon des brumes. Assez pour comprendre la situation.

Le vieil homme, pensif, époussette lentement ses mains imprégnées d'encre, puis se gratte la joue où un début de barbe grisonnante faisait son apparition. Il était un bon juge de caractère et son intuition lui disait que de bonnes choses arriveraient s'il aidait ce lézard. Les dragons ils ne les aimaient pas, mais il pensait à faire une exception, son intuition ne se trompait que rarement.

« Un dragon-chevalier ? Ça marche comment pour toi ça ? J'ai vu beaucoup de choses dans ma vie, mais un dragon sur un cheval jamais. », l'aborde-t-il après qu'il se soit éloigné. Malgré la plaisanterie, ses traits affables avaient pris un air soucieux.

« Baah.. Ce n'est pas important. Tu m'as l'air d'être un bon dragon et ça me peinerait de voir les économies du Capitaine alourdir les poches de ces malandrins. », continue-t-il en pointant de son menton les gardes de la cité.

« Garde cet argent pour leur louer un logement dans la cité et montre-ça au deux nigauds pour qu'ils te laissent le passage. »

Il lui tend un morceau de cuir clouté sur lequel était brodé le symbole d'un escalier surmonté d'une longue-vue dorée : Le blason de la guilde des Explorateurs des Tréfonds.




Mjtage Okko à Utopia

L'aubergiste du « Furet qui tousse » tient parole, pas un milicien n'est alerté et pas un seul client n'est accepté dans son respectable établissement. Du moins, met-il tout plein de bonne volonté pour accéder aux demandes grotesques des deux mécréants. Mais c'était sans compter l'arrivée de ses clients les plus fidèles, une troupe de mercenaires bien connue pour son nombre de contrats réussis et sa composition hétéroclite. Elle se voulait une famille inclusive, de femmes, d'hommes et d'enfants sans attache. A la tête de cette bande d'une vingtaine de têtes, était une ex-soldate de l'Imperium, cinquante Eté, des cheveux bouclés que la grisaille n'avait pas encore conquis et une balafre blanchâtre d'une dizaine de centimètres qui zébrait le bas de sa joue droite. Elle ne faisait pas partie des mauvais impériaux, car comme partout, il y en avait des bons, comme des mauvais. Mais l'aubergiste ne pouvait pas dire si elle faisait partie des bons. En tout cas, ce n'était pas une gentille expression qui assombrie ses traits quand l'homme lui annonce qu'ils ne pourraient pas festoyer ici ce soir.

« Des trois années que nous fréquentons votre établissement, pas une seule fois nous avez-vous dit de nous attabler autre-part. Peut-être est-ce un signe que vous avez besoin de vacances ? Mais je ne connais pas d'homme en vacances qui fasse le guet devant son travail. », lui dit-elle alors. Son regard d'un brun chaleureux le rassure sur ses intentions. Sa troupe n'était pas là pour lui causer des ennuies, peut-être même était-elle la solution à ses problèmes. Mais parler signifiait la perte de son établissement. Il transpirait à grosse gouttes et sa voix était chevrotante :

« Je vous en supplie partez, la taverne est fermée ce soir. »

Malgré la peur, d'un petit signe, il pointe la taverne du doigt et supplie l'impériale du regard. Un hochement de la tête du côté de son interlocuteur lui informe que le message est bien passé.

« Puisque vous ne voulez pas entendre raison, nous nous ferons un plaisir de festoyer sans votre présence. Nous réquisitionnerons juste votre auberge le temps d'un soir. Tenez et revenez demain. »

L'aubergiste accepte la lourde bourse que lui tend la femme en armure et s'en va en priant tous les dieux de retrouver le furet qui tousse en un seul morceau le lendemain. Dans son dos, il a le temps d'entendre l'ex-soldate proclamer :

« Nous avons déboursé une grosse somme pour profiter du havre de cet établissement. Alors soit vous acceptez de partager les lieux, soit nous aurons un problème. »
Dragon okko
 Okko 
 Le 10/09/2018 à 15:40:53 
Okko était en train de nettoyer soigneusement ses crocs avec ses griffes, absorbée dans ses pensées, le regard perdu dans les flammes de la cheminée, quand soudain elle entendit clamer de l’extérieur.

« Nous avons déboursé une grosse somme pour profiter du havre de cet établissement. Alors soit vous acceptez de partager les lieux, soit nous aurons un problème. »

Elle soupira, quelqu’un avait trouvé moyen d’utiliser l’avarice de l’aubergiste à son avantage. Elle ne pouvait cependant pas lui en vouloir, elle aussi aimait l’argent et elle comprenait l’idée de sauter sur toutes les occasions. Ils avaient cependant un marché, et si il ne pouvait tenir sa part, elle pouvait tenir la sienne. Elle se leva et sortit par la porte arrière pour aller retrouver Ecnerual qui n’avait pas fini son festin.

« J’ai une super mission pour toi, lança-t-elle, je voudrais que tu commence à enlever les tuiles du toit, très minutieusement sans les casser et que tu me les donnes, je les empilerais proprement. On s’occupera des pierres ensuite...»

Le dragon redressa la tête de sa carcasse sanguinolente.

« Tu ne peux pas attendre que j’ai fini de manger ? »

Okko souffla désappointée, mais fit signe à son compagnon qu’elle attendrait. Elle n’aimait pas trop se faire rebuffer par son ami, mais elle attendit tout en sortant le nécessaire de nettoyage à écaille d’Ecnerual. Il aimait bien être propre après avoir mangé et c’était son rôle à elle de lustrer les écailles de son museau.

Elle entendit les intrus discuter de l’autre coté de l’auberge et entrer dedans. Combien étaient-ils ? Peut-importe. Si ils voulaient partager l’auberge ils n’auraient cas la reconstruire. Une idée germa dans son esprit, elle pourrait garder les tuiles et les pierres et exiger à l’aubergiste qu’il les rachète. Elle rit intérieurement mais sa joie s’effaça dans un grand coup de fatigue, c’était peut être un peu trop mesquin.

Alors qu’Okko lui nettoyait le museau, Ecnerual huma l’odeur des étrangers.

« Ça a l’air d’être des combattants, fit-il.

- Et donc ? Ça ne les autorises pas pour autant à venir nous déranger dans notre attente de Slider et Casiopee. »

Le dragon attrapa un bout de papier qui sortait de la besace d’Okko avec le bout de ses griffes et lui mit devant les yeux, c’était la lettre d’Elyra. Elle la lui avait lu à sa demande durant leur séjour dans l’auberge.

« Plutôt que de les chasser, on pourrait peut-être les recruter pour rejoindre l’armée. »

Okko lui arracha la lettre de la griffe, ce qui eut pour effet de la couper sur la moitié de sa longueur.

« Ce n’est pas notre boulot, cracha-t-elle, on lui fait déjà l’honneur de nous joindre à elle. Je vois pas pourquoi en plus de ça je me friserais le poil à l’aider au recrutement ! »

Un sourire carnassier étira les babines d’Ecnerual, faisant apparaître ses crocs d’obsidienne.

« Depuis quand n’essaies-tu plus de tirer le meilleur profit de chaque opportunité que l’on te propose ? On pourrait lui demander de nous dédommager une bonne bourse pour chaque recrue embrigadée ! Et puis, ça ne te manque pas de diriger une armée ? La stratégie… donner des ordres à tes soldats comme à de vulgaire larbins ?»

Okko le regarda songeuse et décoinça un morceau de peau coincée entre deux dents du dragon. Puis se remit à lustrer ses écailles.

« Je déteste quand tu as raison sur toute la ligne et que je ne peux pas avoir le dernier mot. »

A ces mots Ecnerual l’attrapa par surprise et la fit sauter dans les airs, ce qui fit hurler puis rire la jeune tigresse alors qu’elle rebondissait sur le corps onduleux du dragon. Elle finit par redescendre du dos de son compagnon en essuyant ses yeux des larmes de joie qui avaient coulé. Elle rangea le nécessaire de nettoyage de son compagnon puis après une caresse affective sur une de ses griffes elle retourna dans l’auberge.
Elle flaira l’atmosphère et repéra le chef de meute, un homme plutôt pas mal pour un humain. Elle se dirigea vers lui, se planta bien droite avec ses bras croisés et plongea ses yeux dans les siens. Malgré sa stature, Okko le dépassait d’une bonne tête et il devait donc lever la tête pour ne pas perdre le contact.

« Très bien, grinça-t-elle, j’accepte de partager cette auberge, mais seulement sous certaines conditions. Notre armée recrute, je vous demande donc de bien vouloir la rejoindre ou alors de passer votre chemin. Si vous acceptez, vous serez bien sur dédommager d’une certaine somme qui sera versée une fois notre victoire accomplie. Vous serez sous le commandement de mon compagnon Ecnerual, que vous pouvez apercevoir à l’extérieur, et de moi même, chefs de guerre de la Garde de Nuit. »
Dragon brume
 Elyra 
 Le 13/09/2018 à 14:26:28 
Après plusieurs jours de marche, Gwaïhir arrivait enfin en vue de la ville minière du Sixième souterrain. Il avait pris son temps pour arriver, parcourant nonchalamment les pistes, faisant de nombreux détours, dans l'espoir de se faire agresser par une de ces bandes de pillards qui étaient devenues si abondantes depuis quelques temps. En vain. Il n'avait pas vu l'ombre d'une âme humaine, soit que personne ne se soit laissé prendre à son air innocent, soit, plus probable, parce qu'il n'y avait aucun intérêt à attaquer un dragon seul et visiblement sans marchandise. Ainsi, le dragon s'était finalement dirigé vers la ville dans l'espoir de trouver quelques marchands à escorter, qui auraient plus de chance d'être la cible d'une attaque.

La bourgade était plutôt petite, mais vu que c'était la seule dans ce souterrain, elle était toujours le point de rencontre des voyageurs et protégée par une petite milice. Gwaïhir fut néanmoins surpris quand deux soldats lui barrèrent la route.

- Halte ! Que venez-vous faire ici?

Le dragon s'assit poliment et leur répondit d'une voix très calme.

- Je cherche du travail, et je souhaiterais me faire recruter par une caravane marchande.
- Qui êtes-vous? lui demanda l'humain le plus âgé, sans doute le capitaine.
- Je m'appelle Gwaïhir.
- Vous n'êtes pas d'ici. On ne peut vous laisser passer.

A ces mots, les deux hommes se redressèrent en portant la main à leur épée. Gwaïhir commença à s'agacer.

- C'est nouveau ça, lança-t-il. Depuis quand n'est-on plus libre de circuler ici?
- Depuis que le Sixième est envahi par les bandits et qu'ils n'hésitent plus à agresser les innocents pour obtenir un peu de nourriture. Vous n'êtes pas le bienvenu, insista le capitaine.

S'en fut trop.

- Comment oses-tu me traiter en criminel? rugit le dragon. J'étais là quand votre ville appelait à l'aide ! Là quand vous trembliez sous la menace de Khimaira ! Vous n'étiez pas si regardants, à l'époque ! Vous étiez bien soulagés d'obtenir de l'aide ! Et voilà le traitement que j'ai en retour?

Il s'était levé, bombant le torse et battant des ailes de fureur. Le jeune soldat se recroquevilla et son capitaine pâlit. Il devait parfaitement se rappeler la marée gélatineuse qui avait presque englouti la ville, et les nombreux dragons qui avaient lutté, jour après jour. Même sans pouvoir vérifier si le dragon disait vrai, il se répandit en excuses bredouillantes et repoussa son collègue.

- Il y a une caravane qui partira dans quelques jours, je peux vous conduire, Messire, bredouilla-t-il en faisant signe au dragon.

Sans se départir de son air furieux et supérieur, Gwaï acquiesça et le suivit. Intérieurement, il exultait. Il n'avait pas vraiment combattu Khimaira –pas jusqu'au bout-, mais profiter ainsi de la naïveté des humains était vraiment drôle. Et se faire traiter en seigneur, pas désagréable.

Le capitaine le mena à travers les rues sinueuses du village jusqu'à l'auberge centrale. Elle était presque vide à cette heure là et en ces temps où les voyageurs se faisaient rares. Le jeune dragon fut présenté à un homme d'âge moyen, à l'air riche d'après ces vêtements. Attablé au centre de l'auberge, il étudiait une carte comme s'il cherchait le meilleur chemin pour voyager. Il chassa le capitaine d'un geste de la main puis son regard s'appesantit sur le reptile. La tête haute, torse bombé, Gwaïhir tentait de cacher sa jeunesse derrière un air fier et féroce.

- Alors comme ça, tu veux travailler pour moi? L'apostropha le marchand. Pourquoi?
- Les temps sont risqués, vous avez besoin d'escorte, moi d'or. Je dois rejoindre ma dragonnière à la fin du mois prochain, d'ici là, je suis libre de venir en aide à qui je veux.
- Générosité pas tout à fait désintéressée.
- Tout le monde a besoin d'or. Mes prix sont modestes.

Le saurien esquissa un sourire. Il craignait que sa jeunesse joue contre lui, mais d'un autre côté, un dragon, même jeune et expérimenté, valait plusieurs hommes au combat et se nourrissait seul. Un investissement plutôt rentable quand les routes regorgeaient d'ennemis. Le marchand dû conclure la même chose puisqu'il ne chipota pas plus longtemps.

- Nous transporterons du minerai pour le Domaine de la Nuit, mais surtout de la nourriture pour les villages environnants. Plusieurs familles se joindront également à l'escorte, avec leurs biens le plus précieux, pour se réfugier au Cinquième. Notre voyage durera au moins trois semaines, peut-être un mois. Je te propose 400 pièces d'or à l'arrivée.

Ce n'était même pas le salaire de deux humains. Pas que Gwaï ait vraiment besoin d'argent, mais il craignait que l'homme doute de lui s'il se vendait pour une misère. Il négocia pour la forme, et après 5 minutes, griffe et main s'unirent pour officialiser le contrat. La caravane partirait le surlendemain. Cela promettait de longues semaines de lente randonnée au rythme des chariots. Et avec un peu de chance, des rencontres qui dans le meilleur des cas, se traduiraient par de nouvelles alliances, et dans le pire, par un satisfaisant bain de sang d'humains.


***



A des kilomètres de son dragon, la dragonnière était assise auprès du feu, au cœur d'une grande forêt. Penchée sur un carnet, elle gribouillait plus qu'elle dessinait, en train de ruminer ses pensées aussi sombres que la nuit permanente.

Il y eut un bruit de course dans les buissons, et soudain un loup fut là. Grand, amaigri, l'animal avait les yeux fixés sur la jeune femme et grognait en montrant les crocs. Sans s'affoler plus que ça, Elyra recula légèrement pour dégager le passage, se croyant à l'abri derrière son feu. Et pourtant. Au lieu de fuir, l'animal se jeta sur elle, les yeux fous. Surprise, elle sauta sur le côté sans réfléchir, tombant à moitié dans les flammes. Loin de se décourager, l'animal pivota et bondit à nouveau sur sa proie. Sa gueule dégoulinante de bave s'approcha de manière inquiétante… puis laisser échapper un couinement de douleur. Elyra avait saisi une branche enflammée pour la fracasser sur le crâne de l'animal. Le coup n'était pas très fort, mais suffisant pour lui laisser le temps de s'échapper –et pour rendre le fauve encore plus fou de rage. Se détournant du feu, la jeune femme courut vers l'arbre le plus proche et se hissa au sommet tel un écureuil. Là enfin, elle prit le temps d'analyser la situation.

Arbre maigrichon. Fuite ridicule. Bête aux yeux fous en bas. Arc soigneusement posé contre son sac, à plusieurs mètres de là. Bravo.

- Allez, dégage, hurla-t-elle.

Evidemment, aucun effet. Pourtant, un loup seul était plutôt trouillard et rarement dangereux. Elle détourna le regard et s'installa plus confortablement, espérant qu'il finirait par partir. Mais après plusieurs longues minutes, l'animal était toujours là, bondissant, mâchoires qui claquaient dans le vide. La jeune femme s'impatienta. Elle n'avait pas son arc, mais sa dague ne la quittait jamais, ni ses couteaux de lancer. Elle descendit prudemment de quelques branches, jusqu'à être à la limite des attaques de crocs. Il suffisait de viser le cœur et se serait fini. Elle attendit que le loup se mette en position, prêt à sauter, pour lancer. La première lame glissa sur le large poitrail et se perdit dans l'herbe. La deuxième transperça un œil. Le loup glapit de douleur, alors elle en profita et se laissa tomber sur lui de tout son poids. Sang. Rugissement. Lame. Carotide. Puis silence.

Après avoir réuni ses armes éparpillées et allumé une torche, Elyra revint vers le cadavre du loup. Elle passa ses doigts dans la fourrure sans trouver de blessure qui puisse expliquer la folie de l'animal. Qu'est-ce qui pouvait rendre une bête épuisée et apeurée au point d'attaquer tout ce qui bouge?

- Voleuse ! T'avise pas de toucher à cette viande, brailla une voix.

Réponse évidente soudain. Des humains.

Lentement, Elyra se retourna, brandissant sa torche. Trois hommes étaient sortis des ombres. Non, cinq. Armés de fourches, de bâtons, de lances. Emaciés, les yeux cernés, les mains rudes et poussiéreuses. Le plus grand de tous désignait le loup de sa fourche et ses yeux lançaient des éclairs.

- Rends-le nous!
- Vous le… rendre? hésita la jeune fille. C'est votre loup?
- Ça fait des heures qu'on le traque, ouais! Crois pas pouvoir nous le voler si facilement.

Des ombres bougèrent dans la forêt et Elyra devina d'autres hommes entre les arbres. Malgré leur nombre et leur colère, elle était relativement paisible, protégée par l'enchantement du souterrain. Elle s'éloigna obligeamment de l'animal.

- Je me suis juste défendue, mais gardez le. Qu'est-ce que vous voulez en faire?

Les hommes baissèrent leurs armes et deux d'entre eux s'avancèrent vers l'animal. Le chef, en revanche, ne quittait pas l'humaine des yeux.

- A ton avis, pourquoi on se fatiguerait autant? Pour la viande pardi!
- La viande?
- Evidemment.
- Vous mangez du loup?

Il y avait plein de raisons de chasser cet animal: pour protéger les troupeaux, pour sa fourrure. Mais le manger? La viande de prédateur n'était vraiment pas très bonne, c'était une proie à dragons, pas à humains…

- Et qu'est-ce que tu veux qu'on mange, hein? Du chevreuil? Du lapin? Du mouton? Il n'y a que les hommes des villes pour encore arriver à s'offrir un luxe pareil.

Il cracha au sol pour appuyer ses propos et détailla la jeune femme d'un regard noir. Vêtements poussiéreux et élimés, pas de bijou, un seul pauvre sac près de son feu… Rien qui ne la désigna comme une femme riche. Cela eut l'air de le satisfaire.

- Depuis que ces maudits dragonniers se sont tous réfugiés dans les grandes villes, il faut envoyer des quantités énormes de nourriture là-bas, alors que plus personne ne nous aide à défendre nos troupeaux des loups et des tigres.
- Pourquoi ne pas garder la nourriture pour vous?
- Bien sûr qu'on la garde pour nous! Mais il faut bien un peu d'argent pour s'habiller, se soigner. Et puis maintenant…
- Maintenant?

Sa voix tremblotait. Toute seule au milieu de ses hommes épuisés et furieux, Elyra n'était pas à l'aise. Elle regardait avec effroi les deux hommes aux mains ensanglantées qui vidait le loup de ses entrailles dans l'espoir d'un repas. Occupée pendant des mois à se lamenter sur son sort, elle avait oublié qu'avec de l'or, un dragon et ses talents de chasse, elle avait une position confortable et privilégiée en Atsami. A présent, elle sentait la honte brûler en elle à la pensée qu'elle ne valait pas mieux que les autres dragonniers. Certes, elle n'était pas restée inactive dans le luxe et la sécurité, mais n'avait rien fait non plus pour s'intéresser au sort du peuple.

Honneur. Bravoure. Justice. Vertu. Un code de chevalerie creux. Des mots auxquels elle ne s'était jamais intéressée.

"Je suis le bouclier protecteur des royaumes humains."

Combien de serments avait-elle trahi ces dernières années?

La voix de l'homme la ramena à la réalité.

- Maintenant, il y a tellement de réfugiés que manger devient un luxe. Maintenant, même les loups et les tigres meurent de faim.

Haine. Tristesse. Des sentiments violents. Des sentiments forts. Une force à exploiter.

- Vous pourriez vous battre, lança la jeune femme.

Les hommes se figèrent. Ceux agenouillés près du loup levèrent la tête avec étonnement. Un sixième sorti d'entre les arbres et lui adressa la parole à son tour.

- Se battre contre qui?
- Contre ceux qui ont volé vos terres !
- Ils ont des dragons. Nous, on n'a que des fourches.
- Ce ne sont pas eux les responsables ! L'ennemi est à la Surface ! L'ennemi, c'est ceux qui nous contraignent à nous réfugier ici !
- On n'a pas vu le bout du nez d'un impérialiste ici, la contredit un agenouillé, un homme costaud aux airs de boucher, dont l'allure inquiétante était renforcée par le sang qui couvrait désormais ses avant bras. Nos terres, elles sont volées par ces dragonniers qui en pillent les richesses sans la servir !
- Et par toutes ces bouches à nourrir inutiles qui s'agglutinent autour de l'Escalier, renchérit un autre.
- Ce sont des gens désemparés, comme vous. Unissez-vous, reprenez la Surface et le monde retrouvera son équilibre.
- On n'a jamais mis les pieds à la Surface, pourquoi on se battrait pour elle?
- Allez donc servir vos discours aux dragonniers! C'est eux, la force armée de notre pays !

Elyra dévisagea celui qui venait de parler et hésita. Devait-elle lui dire? Devait-elle leur dire que les dragonniers ne bougeraient pas? Elle se tut.

- Battez-vous, si ça vous chante, gronda le boucher. Nous, on a des familles à nourrir, c'est suffisamment de travail.
- Mais c'est aussi votre guerre! gémit la jeune femme.
- Il n'y a pas de guerre, rugit le chef en s'avançant vers elle. Il n'y a pas d'ennemi. Atsami a été annexée. Ithil a capitulé. Que nous importe ce qu'il se passe là-haut? Nos villages sont ici.

Devant tant de fureur, Elyra baissa les yeux. Elle avait le cœur battant et la gorge nouée. Haine. Tristesse. Haine devant tant de passivité. Tristesse en mémoire d'un temps où elle pouvait soulever une armée sur un simple mot. Du passé. Envolé.

Son silence signa la fin du débat. Sur un geste du chef, le boucher et son collègue se relevèrent et emportèrent leur loup, l'un tenant les pattes avant, l'autre les pattes arrières. Aussi vite qu'ils étaient arrivés, les hommes disparurent dans le crépuscule des arbres. Ne resta que le chef qui l'observait. Grande silhouette armée d'une fourche. Surveillant qu'elle ne se lancerait pas à la poursuite de ses hommes. Elyra soutint son regard, impuissante et implorante, espérant un signe, une hésitation de sa part.
Dragon brume
 Le 22/04/2019 à 21:04:22 

Avec l'aide de l'explorateur, Dahokan était parvenu à entrer dans la ville de Bourzecu. Les rues impeccables de la cité contrastaient fortement avec celles, vétustes et sinueuses qui s'entrecroisaient à l'extérieur des remparts. Les ornements qui décoraient les façades paraissaient excessivement ostentatoires, comme pour bien rappeler à ceux qui étaient en-dehors ce à quoi ils ne pouvaient pas accéder : l'abondance. En effet, plus Dahokan s'enfonçait dans la ville, mois les maisons paraissaient luxueuses. Néanmoins, elles restaient toutes de bonne facture : le bois était finement travaillé et nombre de figures trônaient ça et là, à l'image des riches marchands qui avaient fait fortune dans cette cité prospère. D'ailleurs, la plupart des des bâtiments étaient des commerces, où il était possible de trouver tout et n'importe quoi. L'allée principale, que le dragon avait empruntée, finit par le conduire au cœur de la ville : une grande bâtisse en bois qui dépassait tous les autres bâtiments. Le monument, d'une architecture rare, était de toute évidence une œuvre réalisée par les meilleurs architectes et ébénistes de la cité. Une tour torsadée s'élevait en son centre et paraissait toucher le sommet du souterrain. Du moins, c'est ce que Dahokan croyait : la tour était tellement haute qu'il était impossible d'en voir le sommet. Le reste du bâtiment paraissait bien sobre, comparé à l'appendice qui s'en échappait. Mais à y regarder plus finement, il était possible de déceler la qualité et le soin apporté au polissage et à la gravure des murs. Des bas reliefs semblaient représenter des scènes maîtresses de la vie de la cité, voire de la région. L'architecture, en soit, avait d'original que le bâtiment n'était pas un lieu clôt. Il était possible d'y circuler aisément, par un espace laissé ouvert sur la place. Une ribambelle de petits stands étaient entassés les uns à côté des autres, derrière lesquels les marchands s'affairaient à vendre toutes les denrées qu'il était possible d'imaginer. Au devant du bâtiment, des charrettes et encore d'autres stands s'entassaient. Une agitation monstre et un vacarme infernal achevaient de décrire l'étonnant tableau de cette place centrale. Et pourtant, il y avait-là un sentiment d'ordre et de propreté que Dahokan n'avait vu nulle part ailleurs. Aucun déchet ne jonchait le sol, aucun chariot ne dérangeait le passage d'un autre véhicule, aucun voleur ne prenait ses jambes à son cou. C'était à croire que les acteurs de cette pièce jouaient selon un rythme bien défini. Comme s'ils savaient chacun leur rôle et ne laissaient rien ni personne rompre leur routine. De toute évidence, cette ville avait été bâtie autour du commerce, ne vivait que pour le commerce et ne fonctionnait que grâce au commerce. Le comportement des gardes à l'entrée en était révélateur : quiconque ne possédait pas l'argent n'avait pas voix au chapitre. Heureusement pour Dahokan, il possédait une bourse. Et un laisser-passer.

D'un pas lourd, le dragon se dirigea vers l'imposant bâtiment. Plus près de la tour torsadée, celle-ci paraissait encore plus impressionnante. Il était improbable qu'un tel bâtiment en bois se hisse aussi haut. Il avait du falloir des décennies pour la construire et, très certainement, une puissante magie pour la maintenir aussi haute, aussi longtemps. La qualité des ornements et des sculptures était perceptible même au pied de l'édifice. Sans prêter garde à l'agitation du marché au cœur duquel il se trouvait, Dahokan déploya ses ailes et décolla, tournoyant autour de la tour et bien décidé à en atteindre le sommet. Nul doute que c'était là que siégeait la personne en charge de la cité. Les puissants aimaient se situer au plus haut point, afin d'observer le royaume sur lequel ils régnaient. S'il voulait réunir suffisamment de combattants dans le temps imparti par le Sénéchal, Dahokan devait convaincre le dirigeant de la cité de lui prêter main forte. Avoir le support de l'autorité locale lui faciliterait grandement la tâche. En revanche, s'il échouait, alors le refus catégorique de l'administration de la cité serait un obstacle supplémentaire. C'est pourquoi le dragon de brumes devait mettre à profit tout son tact et sa diplomatie. Habituellement, c'était plutôt l'un des talents de Sire Adrentar. Non pas qu'il était un fin orateur -bien que ses capcités oratoires étaient appréciées par certains- mais il était tout bonnement un Humain. Et, dans bien des cas, surtout pour des questions de négociations, les Humains préféraient avoir affaire à des Humains. Or, en ce jour, Dahokan était seul pour négocier. L'absence de son compagnon lui pesait sur le coeur, mais il devait continuer d'avancer sans lui. Aller encore plus haut.

Comme il s'en doutait, la tâche de Dahokan s'annonça plus ardue que prévu. Depuis plusieurs lunes, il limitait ses envolées car, dans le tréfonds de son âme, il sentait l'épuisement le gagner. Chaque effort, même pour une action aussi naturelle, lui était extrêmement coûteux. Une forme de lassitude l'affectait un peu plus chaque jour. Dahokan le savait : il faiblissait. Par conséquent, son exercice aérien s'en vit compliqué. Certains battements d'ailes furent désordonnés et, à de rares moments, la fière course du dragon apparut comme hésitante ou maladroite. Se maudissant, Dahokan voulut se ressaisir. Il ignorait si des gens en-bas l'observaient, mais il refusait de montrer le moindre signe de faiblesse. Il avait l'obligation d'aller jusqu'au bout et ne pouvait se permettre de flancher ! Les paroles de Gwaïhir lui revenaient constamment en mémoire : « Vous avez l'étoffe des chefs ». C'était faux, assurément. Mais il s'agissait de laisser croire aux gens que c'était bel et bien la vérité. Dahokan assumait son rôle de symbole. Il l'avait vu lors de la réunion à l'auberge : certaines personnes avaient cette capacité à inspirer. Et, visiblement, c'était son cas. C'est pourquoi il devait être exemplaire, agir en modèle et ne jamais échouer. Car s'il flanchait, alors c'était toutes les personnes qui croyaient en lui qui flanchaient. Y repenser le remit d'aplomb et il déploya toute l'énergie de son désespoir pour continuer de faire battre ses ailes d'un rythme mécanique, un rythme suffisant pour se hisser au sommet de la tour. Son trajet lui parut durer une éternité. Essoufflé, il finit par se poser sur une petite plateforme, visiblement mise à disposition des dragons qui désiraient se rendre au plus haut endroit de la cité. Effectivement, l'escalier en colimaçon, construit au cœur de la tour torsadée, n'était pas conçu pour laisser circuler les sauriens.

De son regard hagard, se remettant peu à peu de l'effort physique -et mental- qu'il venait de fournir, Dahokan observa les alentours et rechercha un émissaire pour annoncer sa présence. Lorsqu'il vit un jeune homme richement affairé s'approcher de lui, le saurien s'assit confortablement sur son séant. Une manière, tout à la fois, de se donner une contenance et de masquer son état d'épuisement. Pour couronner le tout, il refusa de s'embarrasser à communiquer dans le langage commun. Une simple connexion télépathique lui suffit à faire comprendre ses intentions. Il se contenta de représenter le symbole que lui avait remis le forgeron à l'entrée. Et il ajouta mentalement :

- Moi, Sire Dahokan, Chevalier d'Atsami, souhaite obtenir une audience avec le maître de cette cité. L'affaire qui m'amène ici est des plus pressantes et il en va de l'avenir de cette cité.

En exprimant cette pensée, le saurien redressa fièrement la tête. Un moment de silence s'ensuivit. L'émissaire resta immobile quelques instants, avant de s'incliner solennellement et de retourner à l'intérieur de la tour. Une fois seul, Dahokan s'autorisa à s'affaisser légèrement, dans un soupir. Son regard redevint vague, alors qu'il se perdait à nouveau dans des pensées mélancoliques. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'avait pas sorti le grand jeu pour impressionner le plus possible son interlocuteur. En réalité, il s'agissait d'un stratagème tout autre : montrer ce que l'autre s'attendait à voir pour déguiser ce que Dahokan ne saurait montrer : petit à petit, Dahokan était en train de s'éteindre.
Dragon glace
 Tor 
 Le 30/04/2019 à 16:09:28 
Tor et Balthyla ne comprenaient pas se qui se passait. Leurs proies avaient disparues, à croire qu'elles s'étaient toutes envolées ! Il leur fallait maintenant parcourir de longues distances pour assouvir leur soif de meurtre, l'anneau du coupable ne leur laissant jamais aucun répit, elles n'avaient pas le choix. C'était à en devenir fou ! Parfois il pouvait se passer des mois avant de trouver de quoi s'amuser un peu et leur esprit commençait légèrement à en pâtir. D'autant plus qu'étant au domaine de la nuit, leurs corps semblaient lourds, privés de force. Avec le temps leur endurance s'était renforcée et elles pouvaient parcourir de bien plus longues distances qu'auparavant, mais ici chaque pas était un combat. L'enchantement d'Ithil les clouait sur place, rendait leurs langues sèches et leurs membres engourdis. Empoisonnées toute leur vitalité en pâtissait et en premier lieu leur patience. Se perdre consumait d'autant plus leur force, et celle-ci était bien plus limitée ici. Mais elles avaient fait ce choix en connaissant les conséquences.

- Je te dis qu'il faut aller vers l'est !!! On est déjà passé par ici, il n'y a rien du tout !! Absolument rien !

Balthyla agita avec énervement ses ailes, soulevant quelques feuilles mortes qui s’emmêlèrent dans les cheveux de la dragonnière.
Les chassant avec agacement Tor fronça les sourcils. Elle savait qu'il leur faudrait retrouver tôt ou tard un peu de vitalité, surtout avant de détruire quoi que ce soit. Mais comment, où et quand elle n'en savait rien.

- Balthyla...je sais très bien où je vais ! Fait moi confiance que diable ! Je te le répète encore, j'ai vu qu'ils se dirigeaient vers là et au loin je suis sure on va trouver une baraque où ils se reposent. On la détruit ce qui les mettra à la rue et en leur faisant peur peut-être qu'ils s'éloigneront de l'enchantement d'Ithil et dans les souterrains...bam ! A nous !!

Entêtée, Tor poursuivit son chemin les poings serrés. Elle ne croyait pas vraiment à ce qu'elle disait, mais Balthyla ne pouvait lui en vouloir. Elle même ne savait plus comment affronter cette situation. Leur vie d'avant avait pris fin petit à petit. Elles se sentaient terriblement seules, les membres de leur guilde avaient disparus, et même les autres dragons ennemis n'étaient plus présents. Elles s'étaient rendues bien des fois à la Cité du Bélériand, mais là-bas tout prenait la poussière, même le temple de la prêtresse.

Qui eu cru qu'un jour elles devraient rester aussi souvent au domaine de la nuit ? C'était ça ou mourir de solitude. Ici, même si elles ne vivaient pas comme avant, elles pouvaient au moins prendre le pouls de leur pays et tenter de comprendre ce qu'il se passait. D'où venait ces morts étranges ? Ces pertes de magie chez les dragons ? Toute cette concentration d'humains et cette pauvreté ne faisait qu'agacer les deux amies. Privées de proies, les voilà maintenant privée d'air et de loups, de tigres ou de dinos bien juteux, et même empoisonnées par cet air vicié remplit de l'enchantement nauséabond d'Ithil. Qu'ils soient tous maudits avec leurs enchantements pourris !

Le chemin sur lequel s'était engagé Tor disparaissait dans une forêt bien épaisse.

- Tor, tu es certaine de toi...? On ne va pas encore tomber sur quelque chose qui n'a rien à voir avec une maison ou nos proies de tout à l'heure ...? Le souffle de Balthyla se faisait court, elle n'aurait bientôt plus d'énergie pour continuer leur route. Le poison s'infiltrait sournoisement sous sa peau.

- Oui bon sang j'en suis sure ! Vient c'est par là !

Balthyla soupira. Peu importe le but, peu importe la mission, tout n'avait plus aucun sens, aucune saveur. Qu'importe que ce chemin ne mène à rien...du moment qu'elle avait encore sa dragonnière. Son oeil glissa sur le dos de Tor. Le temps lui avait bien ajouté des cicatrices et des soucis, elle avait bien changé. Elle aussi souffrait de l'enchantement d'Ithil, mais elle ne souhaitait rien laisser paraître. Seuls les faibles montraient leurs faiblesses.

Des bruits de conversation parvinrent jusqu'aux oreilles des deux amies.

- Se battre....se battre contre ceux qui ont volés nos terres ! Et puis quoi encore ?!

Les deux amies s'accroupirent derrière des buissons et observèrent la scène. Des hommes étaient en train de préparer un cadavre de loup, bien maigre. Les morceaux de viande seraient grillés une fois correctement récupérés. Le loup était une viande pour les dragons, mais visiblement la faim était trop grande pour ces hommes. La misère frappait partout.

- Ils ont qu'à y aller et se battre ces dragonniers de pacotille !! Pourquoi est-ce toujours nous qui souffrons ?

La colère et la tristesse s'entendaient dans la voix des humains. Qui étaient ces hommes les deux amies n'en avaient cure. Tout ce qu'elles voulaient c'était de quoi se nourrir et de quoi s'amuser un peu.

Sortant de leur cachette d'observation, elle s'avancèrent dans la petite clairière où se tenait le groupe d'homme. Ils étaient faibles, mal armés, ce n'étaient pas des guerriers. Surpris il se regroupèrent et brandirent leurs armes.

- Que voulez-vous ? Allez-vous-en c'est notre loup !!

Tor haussa les épaules et saisit son épée qu'elle garda dans son fourreau. Elle rassembla toute son impatience, accumulée par des journées interminables dans ce plan empoisonné, et la transforma en rage foudroyante. Cela chassa pour un temps la fatigue due à l'enchantement qui régnait ici. Gwanir son bracelet étrangleur s'agita sous sa manche, prêt à agir.
La dragonne se coucha aux pieds de son amie. Elle étouffa un bâillement et son ventre gargouilla.

- Pas de baraque mais un apéritif...pourquoi pas après tout ?
Fermant les yeux et posant la tête sur ses pattes elle ajouta
- Amène moi un morceau quand tu auras fini, histoire qu'on récupère un peu avant de trouver cette fameuse bicoque...

Tor croisa le regard des hommes, des éclats de colère et de peur s'invitant dans leurs pupilles, et d'un sourire aussi glacial que ses yeux elle émit un rire dénué de chaleur.

- Votre loup ?

Tor s'avança vers le petit groupe d'humains qui se resserrèrent les uns contre les autres. L'humaine jugea cela de bonne augure, ils la craignaient. Même affaiblit elle transpirait de colère inassouvie.

- Il n'a toujours appartenu qu'à lui même ! Et nous aussi on a faim ! La différence c'est qu'on est plus fort que vous et on aime se battre...

Les hommes reculèrent légèrement tandis que Tor continuait d'avancer.

- On va vous le récupérer votre loup, n'en ayez rancune. Si vous voulez manger, battez vous pour quelque chose de plus durable que des proies aussi pourries ! Si vous aimez votre descendance et que vous voulez lui laisser quelque chose après votre mort, réfléchissez bien aux combats qu'il faut mener. Personne ne les mènera pour vous.

Sur ces mots Tor s'élança et la plupart des hommes s'en allèrent sans demander leur reste. Elle ne pouvait leur faire du mal, mais son aura devait les effrayer.

Agrippant le cadavre du loup elle termina de le préparer et s'installa sur son sac pour en manger un bout, une fois celui-ci sur le grill. Elle en donna un morceau à Balthyla qui soupira de contentement.

Deux hommes étaient revenus. Le plus jeune, à peine sortit de l'enfance s'était appuyé contre un arbre. Il observa les deux amies avec méfiance par dessous ses longs cils.

Tor lui proposa d'un geste un morceau de son repas mais l'homme ne bougea pas.

- On a croisé une femme par là-bas...
L'homme désigna un sentier se perdant profondément dans la forêt

- ...elle nous a parlé de combattre...contre l'ennemi de la Surface...pour nous les ennemis ce sont les gens comme vous !!!

Les derniers mots du jeune homme furent prononcés avec haine.

Tor mastiqua lentement et leva les yeux pour se perdre dans la contemplation du ciel. Tout cela l'ennuyait profondément. Elle tout ce qu'elle souhaitait c'était dégommer ses proies, des combattants aguerris, pas des humains misérables qui luttaient pour leur survie. Ramenant son regard vers l'homme elle soupira et ses traits devinrent sérieux.

- Si je suis là c'est parce que moi aussi j'ai faim, de proies, de meurtre, de loups, de tout. Si on est plusieurs et qu'on s'allie on pourra chasser ceux qui transforment notre monde et peut-être redeviendra t'il comme avant.

Tor et Balthyla se partagèrent une baie. Ces plantes pouvaient rendre un peu de vitalité, et couplé à la viande de loup Tor espéra que cela suffise pour atteindre une maison et se reposer. L'humaine se releva, imité par son amie puis riva son regard à celui de l'homme qui grimaça.

- Merci pour le repas. Voici en guise de remerciement.

Un cliquetis raisonna entre les arbres et des éclats métalliques se répandirent sur le sol de la forêt.

Les deux amies s'en allèrent laissant les morceaux du loup préparés derrière elles, ainsi qu'une certaine quantité de pièces d'or. Elles n'en avaient guère l'utilité. Depuis qu'elles ne trouvaient plus de proies elles n'avaient pas besoin d'acheter d'ingrédients pour leurs potions ou d'armes. Elles étaient riches, mais à quoi bon dans un monde mourant ?

Et tandis qu'elles s'éloignaient Tor se retourna une dernière fois.

- Choisir son combat est un luxe que bientôt vous n'aurez plus. Dépêchez vous de vous battre pour ce qui est le plus important, voyez sur le long terme.

La dragonne jeta un regard à son amie.

- Nous aussi il faut qu'on fasse quelque chose. Combattre les gens de la surface, ça nous permettra d'assouvir notre soif de sang. Et on sera débarrassé de cet enchantement.

Tor tournoya sur elle-même et rit de bon cœur

- Tout à fait ! Retrouvons cette fille dont il nous a parlé et demandons lui des précisions !!!

Balthyla remonta la piste des humains. Son flair était bien plus certain que le sens d'orientation de Tor. Il ne leur fallait pas trop trainer, ici leurs forces étaient diminuées.
Dragon blanc
 Le 30/04/2019 à 16:32:51 
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MJtage Okko à la taverne du furet-qui-tousse (-5)

L'homme adressé croise ses bras imposants sur sa poitrine dénudée et part dans un rire sans son, bientôt suivi par les rires des autres mercenaires qui s'étaient déjà attablés pour faire ripaille. Quand il se calme enfin, il adresse un sourire amusé à l’anthropomorphe et fait un signe négatif de la main tout en secouant sa tête avant de la laisser en plan au milieu de la pièce.

« Nous resterons. Marché ou pas, dragonnière. », dit alors une voix féminine qui venait de l'autre côté de la pièce.

La meneuse des mercenaires apparaît à l’entre-bâillement de la porte du cellier, un panier de viandes séchés entre les bras, son ton était des plus sérieux car elle avait tout entendu et le marché ne lui plaisait pas. Elle posa les denrées devant deux adolescents les gratifiant par la même occasion d'un sourire maternel, puis s'approcha de la femme-féline.

Un masque de calme sculptait ses traits ; de ces calmes qu'on acquiert qu'avec l'expérience de la confrontation. Avec un long passé de commandement de bataillons impériaux à son actif, plus rien ne l'intimidait, même pas une féline de plus de deux mètres et son dragon.

« Par contre, ma troupe n'a pas pour habitude de refuser le travail qui paye. Seulement ceux qui payent mal au regard de la tâche à accomplir. »

Son regard brun se fait perçant. Elle comprend bien que cette soit disant armée était un pâle effort à une rébellion. C'est un peu tard pour ça à son avis, sa patrie a déjà commencé à envoyer des colons sur cette terre et les Atsamiens semblent avoir acceptés leur sort. Mais elle s'est prise de tendresse pour ces contrés sauvages et épargnés des griffes colonisatrices de sa patrie. Tellement qu'elle en a déserté son bataillon, ramenant quelques soldats loyaux dans son sillage. Alors si les Atsamiens se réveillent maintenant, elle accepterait de les aider, cause perdue ou non. Cependant ça serait à ses conditions.

« Si vous voulez nos services, il faudra avancer un tiers de la somme qui devra être bien conséquente vu ce que vous nous demandez. Et ma troupe ne prend d'autres ordres que les miens. Si ce que vous recherchez est une bande de mercenaires amateurs à commander, la notre n'est pas la bonne. Notre relation se limitera à celle de commanditaire et commandités. »

Chacune de ces personnes qu'elle a à sa charge est aguerrie dans son domaine de spécialité et ces spécialités sont très variées. Ensemble ils travaillent avec la précision d'un bataillon impérial d'élite. Elle observe un temps ceux qu'elle appelait maintenant sa famille. Une dizaine d'ex-soldats impérialistes, deux faux-jumeaux prodiges de l'Alchimie, un expert en poison, un couple de vieux guérisseurs de guerre, trois chasseurs de dragons et un ancien dragonnier qui avait perdu sa langue en même temps que son dragon : son mari. Ils lui renvoient tous un regard où se mêlent confiance et expectation. Elle sourit doucement et rapporte son attention sur la dragonnière.

« A prendre ou à laisser. », lâche-t-elle enfin.




Okko si tu acceptes le marché de l'ex-impérialiste :

Tu fais gagner une troupe d'élite d'une vingtaine d'âme à la rébellion. Troupe dont à défaut d'en commander les moindres faits et gestes, tu pourras donner des missions à accomplir.
Tu fais également gagner à l'armée de la rébellion Atsamienne une bonne source d'informations sur la manière dont fonctionne l'Imperium. Sachant que ça fait trois ans que les soldats ont quitté l'armée et qu'ils ne pourront rien donner d'actuel.

Et si tu refuses... C'est une chance en moins pour nous tous !

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Dragon okko
 Okko 
 Le 30/04/2019 à 20:11:35 
Lorsque Okko entendit la meneuse des mercenaires à l'autre bout de la pièce, elle fut tout d'abord surprise. L'odeur de l'homme qu'elle avait pris pour le chef de meute, avait caché l'odeur plus subtile qui émanait de celle qui était la vrai cheffe. La dragonnière se reprit rapidement et se redressa de toute sa hauteur devant l'humaine qui s'approchait d'elle. Elle l'écouta répondre à sa proposition, tout en sondant son regard. Ce qu'elle y vit lui fit comprendre qu'elle n'avait pas affaire à des mercenaires de bas étage, et que démonter l'auberge ne les ferait pas partir. Ils ne la laisserait même pas toucher à une seule pierre. Son hypothèse fut rapidement confirmée par les dires de la mercenaire.

« Si vous voulez nos services, il faudra avancer un tiers de la somme qui devra être bien conséquente vu ce que vous nous demandez. Et ma troupe ne prend d'autres ordres que les miens. Si ce que vous recherchez est une bande de mercenaires amateurs à commander, la notre n'est pas la bonne. Notre relation se limitera à celle de commanditaire et commandités. »

Okko souffla bruyamment par le museau en fronçant les sourcils, en proie à des sentiments partagés. Elle n'appréciait pas que la mercenaire lui tienne tête, mais en même temps elle appréciait son caractère. Travailler avec elle pourrait être intéressant, songea-t-elle, pour ce qui est de l'argent par contre...

« A prendre ou à laisser, dit la mercenaire. »

Okko soupira. Au pire, c'est pas moi qui paie... au pire, j'en demande le double et je garde la moitié pour moi ! Au pire, si il y a besoin vraiment d'une avance, je leur donne ma prime et je demande un remboursement avec des intérêts par la suite ! Hohoho, cette traitresse va payer, littéralement !

La dragonnière tendis sa grosse paluche griffue en esquissant un sourire carnassier.

« Vendu ! Rugit-elle. »
Dragon brume
 Elyra 
 Le 05/05/2019 à 00:47:09 
Longtemps elle resta à guetter un bruit qui annoncerait le retour des hommes, mais personne ne vint. Alors dans la forêt désespérément silencieuse, la jeune femme s'effondra au pied d'un arbre, la tête entre les mains.

Encore un échec. Elle avait tant espéré que la vie pourrait reprendre comme avant. Voyages, aventures, amis… Et si l'homme avait raison finalement? Et si Atsami était bel et bien perdue?

D'un geste las, la jeune femme se frotta les yeux pour y chasser les larmes qui perlaient, mais d'autres prirent le relais aussitôt. Elle était en colère, effrayée, épuisée. Bien sûr, devant tant de faiblesse, la honte la rongeait, et pourtant, même ça ne parvenait plus à lui fournir l'énergie de se battre. A quoi bon de toute manière? Tout tournait à l'échec, et systématiquement, l'échec la faisait retomber dans un chagrin des plus profonds. Un gouffre sans fond qu'elle n'arrivait pas à remonter seule.

Elle avait besoin de Gwaï pour s'en sortir, mais aussi d'une nouvelle vie, d'un but. Vivoter, se cacher dans les souterrains, ce n'était plus envisageable. Elle avait cru trouver une solution en cette rébellion... Mais se battre, sans armée? Impossible ! Elle repensa aux dragons et dragonniers présents au rendez-vous de la taverne. Tous beaucoup plus courageux qu'elle, des gens forts, motivés, avec l'étoffe des héros. Mais de là à gagner la guerre à eux seuls?

Quand Elyra posa les yeux sur son sac qui attendait toujours auprès du feu, une dernière éventualité lui vint à l'esprit. Une possibilité d'échapper à tout, à la guerre et à ses dangers, au chagrin, aux souvenirs nostalgiques… Une solution de lâche, qu'elle avait souvent critiqué chez les autres sans jamais l'envisager pour elle. Jusqu'à cette nuit. En dernier recours. Après tout, elle avait essayé de lutter, elle essayait encore. A ce stade, personne ne pourrait plus lui reprocher de n'avoir rien tenté avant de fuir.

Enfin apaisée, la jeune femme se redressa contre son arbre en enroulant ses bras autour de ses genoux, les pensées un peu plus en ordre A quelques jours de marche d'ici se trouvait la plus grande cité marchande du Domaine de la Nuit, Bourzecu. Et qui disait grande cité marchande disait certainement grand marché noir dans l'ombre. Uniformes ennemis, poisons, et même avec un peu de chance de faux insignes, de faux laissez-passer… Qui avait de l'or pouvait tout s'offrir. Et justement, Gwaïhir et elle avaient beaucoup d'or en réserve.

De quoi nourrir et équiper une partie de la rébellion, histoire de s'acquitter de leur part du travail. Et en parallèle, de quoi mettre toutes les chances de leur côté pour quitter Atsami en vie.

Elyra en était à ce stade de réflexion quand elle entendit plusieurs personnes approcher de son campement, venant de là où les villageois avaient disparus. Des indécis, à tous les coups. Ou quelqu'un qui avait encore de cruelles vérités à lui lancer.

- Vous avez fini par changer d'avis? Grogna-t-elle, agacée à l'idée de devoir se lancer à nouveau dans un plaidoyer perdu d'avance.

Sans prendre la peine de se lever, elle tourna la tête et se figea. Ce n'était pas les hommes de tout à l'heure, mais une jeune femme. D'une main, Elyra protégea ses yeux de la lueur du feu pour essayer d'y voir plus clair. Près de l'humaine, dans l'obscurité des arbres, elle devinait plus qu'elle ne voyait la présence d'un dragon sombre. Dragon, dragonnière. Bien loin des douillettes tavernes d'Utopia.

- Pardonnez-moi, je vous ai pris pour quelqu'un d'autre.
Dragon blanc
 Le 08/05/2019 à 00:51:06 
MJtage Gwaihir dans le sixième souterrain


Le dirigeant de la caravane se laisse aller dans un soupir maintenant qu'il aperçoit les escaliers qui se profilent à l'horizon du sol désertique. Finalement, les dieux sont de son côté car ils lui ont permis que la traversée du souterrain se fasse sans encombre. A ses côtés, des cris d'enfants éclatent, tandis que les plus grands se prennent dans les bras, sourire aux lèvres. Le marchand aussi a un sourire, un sourire fier. Grâce à son obstination, ces familles auront droit à un meilleur lendemain. Il était heureux d'avoir suivi son flair en décidant d'aller contre l'avis de la guilde des marchands itinérants. Arrêter le commerce avec les autres plans étaient, dans ce contexte de grand trouble, une mise à mort des villages isolés qui vivaient du commerce ; sans compter les réfugiés désespérés qui tentaient la traversée sans le refuge des caravanes, finissant dévaliser, voire pire, par ces charognards de bandits. Non, non, non. Il était un honnête marchand et bien trop de monde comptait sur eux pour qu'il les abandonne ainsi. Mais il fallait avouer... Il a un regard pour le jeune dragon vert qui trottait au devant de la petite chaîne de chariots. Ce dragon était tombé à point nommé il y a trois semaines, même s'il n'avait pas voulu le laisser paraître parce que sa bourse était à sa limite et qu'il ne pouvait pas se le payer à prix normal. Peut-être que finalement, il méritait un peu plus, après tout, ils étaient arrivés sain et...

- Dragoooons ! Dragoooons !!!

L'honnête marchand déchante, son visage se tord dans une grimace effrayée. Une meute de dragon était soudainement apparu et leur fonçait dessus !

***

Chercher un abri... Trouver de l'aide.... Quelqu'un... Un remède contre le maléfice ! Quelqu'un ! Un dragon ! Des humains ! Des humains !

Jeune dragonne rouge ayant grandi au sein du domaine de la nuit, Atirie s'est retrouvée propulsée à la tête de son clan de dragons libres quand tous les dragons les plus âgés ont été touchés par une maladie inconnue. Depuis que cette infection est arrivée les anciens ne sont plus les mêmes. Ils peuvent encore bouger, chasser et se battre, mais ils... Ils ne parlent plus, ils n'utilisent plus de magie... Mais sans doute ce qui est le plus affolant encore, ces fiers dragons sont devenus entièrement dociles !

La dragonne secoue la tête et se propulse à grandes enjambées vers le dragon et les chariots d'humains. Elle est suivie d'une trentaine d'autres dragons dont la moitié est plus jeune qu'elle tandis que l'autre est formée des anciens sous le coup du maléfice. Comme un seul dragon, ils s'arrêtent tous en face de la colonne de chariots, créant un nuage de poussière autour d'eux.

Quand il y a quelque chose qui se passe en Atsami, c'est toujours de la faute des dragons d'humains ! Celui là est accompagné d'humains, il sait sûrement quelque chose ! Ou il connaît peut-être d'autres dragons d'humains qui en savent quelque chose...

- Toi, ami des humains ! Sais-tu quelque chose sur ce maléfice qui nous touche ?! Ou... Peut-être connais-tu quelqu'un qui sait ce qu'il se passe ?... Je ne sais pas quoi faire... Mon clan se meurt...

Les nerfs de la dragonne rouge lâche complètement maintenant qu'elle a finalement trouvé un dragon d'humains. Elle regarde le dragon vert, sa large queue lovée autour de ses pattes comme pour se réconforter.




MJtage Adrentar à Bourzécu dans le Domaine de la nuit


Des doigts virevoltaient expertement sur un boulier en bois causant une multitude de petits « clacs » qui ne s'arrêtaient que le temps qu'un gros homme en riche tenue de marchand, inscrive des chiffres dans son registre avant de repartir de plus belle. Tarafa maître incontesté de la guilde des Marchands itinérants s'affairait à sa tâche favorite de la journée : faire les comptes !

Il fait glisser un gros tas de pièces d'or à l'autre bout de la table à l'aide de son long râteau et inscrit une somme en bas de la page. Une somme bien rondelette comme il les aimait. Il se met à rire, joyeux comme il est des bénéfices de sa guilde. Mais bien sûr, il était trop content et du coup, quelqu'un se DEVAIT de le déranger dans SON moment de la journée. Il range son fidèle boulier dans une boîte ornée et se lève pour aller à la rencontre de celui qui l'avait interrompu.

- Que se passe-t-il confrère ?, lui demande-t-il décelant son agitation.
- Un dragon demande à voir le maître de la cité... Il dit que c'est une affaire de la plus haute importance, ça touche l'avenir de Bourzecu.
- Comment un dragon qui ne sait pas que notre cité n'a pas de maître peut-il venir nous parler de son avenir ?

Le chef de la guilde des Marchand secoue la tête, le pompon de son riche couvre chef s'agite au rythme du mouvement.

- Appartient-il à une guilde ? Il n'attend pas la réponse de son confrère. Non, sornettes, il n'y plus de guildes de dragons depuis un petit bout de temps déjà. C'est que ça doit-être un réfugié qui a réussi malgré toutes nos précautions à se faufiler dans la ville.
- En fait, c'est un chevalier. Un chevalier d'Atsami, Sire Dahokan.
- Ah bon ? Hmm... Quand bien même. Je suis beaucoup trop occupé ! Mais, prends son message, ça ne coûte presque rien de voir ce qu'il a à dire. Et précise-lui qu'à Bourzecu, il n'y a pas de maître.
- Très bien, acquiesce l'émissaire avant de quitter le gros marchand.

***


- Voilà donc. Je suis prêt à retranscrire votre message.

L'émissaire de la guilde des Marchands avait tout raconté au dragon imposant, précisant bien comme lui avait dit son chef que la ville n'avait pas de maître et ajoutant que son chef de guilde était beaucoup trop affairé pour le recevoir, mais qu'il était malgré tout prêt à accorder de l'attention à sa demande. Si cela ne lui convenait pas, il pouvait s'adresser à d'autres personnes d'influence dans la ville comme la guilde des Explorateurs des Tréfonds.

- Le temps d'un chevalier est sacré, Ervis, ne le lui fais pas perdre, interrompt soudainement le vieux chef de la guilde des Explorateurs. Tarafa n'en a que faire des problèmes des petites gens en dehors de cette ville, sa requête va finir oubliée parmi tout le reste qui ne brille pas. Par contre les Explorateurs des Tréfonds sont au service d'Atsami tout comme votre guilde et nous sommes prêts à vous écouter et vous aider le cas échéant.

Banvar n'était pas présent à l'arrivée du dragon, mais il avait des oreilles partout dans cette ville et après que Sire Dahokan s'était en allé, il avait décidé de le suivre jusqu'à l'auberge des marchands itinérants, là un de ses alliés qui était présent en haut de la tour lui avait fait part de la situation. Il ne connaissait pas beaucoup cette guilde, mais assez pour savoir ce qu'elle représentait. En ce temps de guerre, peut-être que cette visite était un signe d'espoir. Finalement, son flair avait peut-être encore fait mouche.

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Elyra : Voilà une dragonne en détresse avec à ses pieds une grande meute de dragons et Gwaihir est en pole position pour devenir leur Grand Sauveur et ou, celui qui les ralliera à la cause des rebelles par je ne sais quels tours d'alchimie.


Adrentar: Le Chef des Marchands itinérant n'est pas prêt à recevoir Sire Dahokan, mais des bons mots arriveront peut-être à le convaincre de se joindre tardivement à la cause des rebelles. A toi d'en décider. MAIS !... Il a suffit que Banvar de la guilde des Explorateurs entende le nom de ta guilde pour qu'il se rallie à vous. Sa guilde n'a certes pas les moyens financiers des marchands, ni même leur taille (une dizaine de membres) mais ils sont (un peu) écouté à Bourzecu (surtout par les réfugiés) et ils ont également beaucoup de connaissances des plans et d'alliés en tout genre.

Dragon glace
 Tor 
 Le 10/05/2019 à 23:18:29 
Tor et Balthyla n'eurent pas à marcher bien longtemps pour retrouver la personne mentionnée par le jeune humain. Cela n'était pas plus mal car leurs forces diminuaient rapidement du fait de l'enchantement d'Ithil. Approchant du petit campement de fortune elles purent observer une jeune femme qui paraissait chagrinée et pensive.

- Vous avez fini par changer d'avis? grogna celle-ci

Tournant la tête vers les deux amies elle se figea soudain.

- Pardonnez-moi, je vous ai pris pour quelqu'un d'autre.

Balthyla huma l'air et observa la zone. Odeur de loup et de sang, traces de combat sur le sol, arc posé dans un coin. Satisfaite elle constata qu'elles étaient bien parvenues à destination ! Heureusement que son flair était en extrême opposé du sens de l'orientation de Tor. Ramenant son regard reptilien sur l'humaine elle ne manqua pas de noter dans un coin de son esprit que malgré l'apparence fatiguée de son interlocutrice, celle-ci avait croisé et tué un loup et eu à faire à tout un groupe d'humain et s'en était par ailleurs très bien tiré. Elle savait visiblement se défendre. Aussi il ne valait mieux pas provoquer une quelconque catastrophe car elles ne pourraient y faire face vu leur état. Lançant un regard muet d'avertissement à Tor pour que celle-ci se tienne bien, elle s'avança doucement dans la lumière du feu.

- Pas de soucis. Je me présente, je suis Balthyla et voici Tor.

La dragonne jeta un regard vers son amie restée légèrement en retrait, l'épaule nonchalamment appuyée sur un tronc d'arbre, le regard sombre. Méfiante Tor restait sur ses gardes. Elle savait reconnaître des dragonniers depuis le temps qu'elle en chassait, et en croiser un sans engager le combat était une première. Et en général il n'y avait pas beaucoup de discussions. Cela ne l'enchantait guère, elle se sentait frustrée. Mais sous le regard noir que lui lança Balthyla elle ravala son amertume et la rejoignit.

- Je suis désolée. Je vous pense dragonnière, mais je me trompe peut-être. Nous n'en avons pas croisé depuis longtemps...et en général quand on en croise...

Elle ne finit pas sa phrase. Se frottant la nuque elle s'avança encore et s'assit en tailleur près du feu, posant son petit sac troué sur ses genoux. Sa dragonne se posta à ses côtés, restant sur la défensive. L'enchantement qui régnait ici avait eu un impact plutôt fort sur leurs karmas.

Le regard de Tor s'adoucit lorsqu'il croisa celui de la jeune femme qui lui faisait face. Elle ne lui souhaitait aucun mal. De longs cheveux châtains, les yeux marrons, la peau halée par le soleil. Que faisait-elle seule en plein milieu de la forêt et sans son dragon ? Mais était-ce seulement une dragonnière ? Son désir d'en recroiser un était si fort que son esprit divaguait peut-être. Tor soupira doucement et fit tourner son anneau du coupable autour de son annulaire. Que ferait-elle si elle en rencontrait-un ? Le tuerait-elle pour assouvir sa soif de sang ou ferait-elle ce qu'elle faisait actuellement ?
Dans tout les cas il fallait être bien courageux pour s'aventurer seule dans ces bois car la colère qui grondait ici rendait tout dangereux, ce qui amena Tor à accorder une bonne estime à la personne lui faisant face. L'humaine se racla la gorge mal à l'aise. Elle n'était pas très sociable, et cela faisait une éternité qu'elle et sa dragonne avaient erré seules dans les souterrains. Balthyla lui donna un petit coup de museau d'encouragement. Tor sursauta et continua

- Nous avons croisé un groupe d'humains qui transportaient un loup...

Les yeux de Tor balayèrent avec entendement la zone autour du campement, s'attardant sur des traces de sang. Ramenant son regard sur l'humaine elle poursuivit avec un sourire.

- Je parierai que c'est vous qui l'avait tué...Bref, ils nous ont dit que vous leur avait parlé de combattre l'ennemi de la surface...et bien nous voulons en être !

La gorge de Tor se serra. Les sentiments de colère, de chagrin, d'espoir...tous se mélangeaient. Elle ne savait pas comment tout exprimer à la fois.

La dragonne consciente du trouble de son amie pris le relais.

- Nous avons connu des jours heureux en Atsami mais il semble que notre monde ait changé. Il s'y passe des choses anormales, des choses qui nous échappent. Les souterrains se vident, les dragons deviennent étranges, les guildes se meurent, deviennent désertes...Nous aimons combattre, nous ne vivions que pour cela, mais un combat est bien plus légitime lorsqu'il sert une bonne cause. Aussi nous voudrions vous aider...

Le regard de la dragonne se fit perçant.

-...si bien entendu vous souhaitez de notre aide et...encore combattre.

Tor sourit et claqua ses mains, pleine d'espoir.

- Voilà c'est ça ! Dites nous tout !
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