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 Ev-Dragon >> Forum >> Histoire du Jeu en Temps Réel ! >> Le Chevalier Ailé

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Dragon brume
 Le 03/02/2015 à 11:14:44 

LE CHEVALIER AILÉ


Chapitre 1 : Devenir Chevalier

Adrentar progressait, Dahokan sur son épaule droite. Cela faisait maintenant plusieurs semaines que le jeune homme avait recueilli le dragon. Lorsqu'il avait touché l’œuf, sa vision s'était brouillée et une étrange sensation l'avait envahi : une chaleur se répandant dans tout son corps. Rouvrant les yeux, il avait réalisé qu'il était perdu au milieu d'une chaîne de montagnes enneigées. L’œuf s'était brisé et il en était sorti un petit dragon blanc. Il avait émis quelques sons, mais n'avait prononcé aucune parole. Dans sa tête, le jeune homme avait ressenti la présence de la créature. Aucun doute, les deux êtres étaient liés. Et Adrentar ressentait les besoins du dragon ! Au fond de lui, il « entendit » son nom : Dahokan. Il devait le nourrir !

Le guerrier, qui jusque là avait été avachi sur le sol, s'était redressé. Là, il avait réalisé des changements dans son corps : il était plus musclé, plus fort. De même, son esprit semblait beaucoup plus réactif. Ses sens, également, paraissaient plus étendus : Adrentar avait l'impression de disposer d'une meilleure ouïe, d'une meilleure vue et d'un meilleur odorat. Se lier à un dragon permettait d'accroître ses facultés.

Pendant plusieurs jours, le duo erra dans les montagnes, cherchant un lieu civilisé. Mais ils ne cessaient de progresser dans un endroit désertique. Adrentar faisait du mieux qu'il pouvait pour nourrir son compagnon. Le faible âge de l'animal les forçait à avancer à allure réduite. Pour plus de conforts, et afin d'accélérer le rythme, Adrentar avait décidé de voyager avec Dahokan sur ses épaules. Le dragon était encore tout petit et sa présence n'encombrait en rien le dragonnier. Mais la peau écailleuse du saurien ne réchauffait en rien le jeune homme. Celui-ci avait froid et progresser dans la neige commençait à l'agacer. Cela faisait un petit moment qu'ils étaient perdus dans ces montagnes et Adrentar était las de ne pas trouver de civilisation, ni d'endroit plus chaleureux.

Voilà maintenant que plusieurs semaines s'étaient écoulées. Les habits du guerrier étaient devenus des haillons et sa barbe était plus hirsute. De même, ses cheveux s'allongeaient, se rapprochant de plus en plus de ses épaules. Mais Adrentar n'avait que faire de son apparence ; tout comme ça ne le dérangeait plus de laver ses vêtements dans l'eau glacée de la rivière qu'ils longeaient. Car, par chance, ils avaient trouvé un court d'eau qu'ils suivaient vers le bas, dans le but de trouver un village et, surtout, de sortir de ces montagnes. Ils finiraient bien par rencontrer une peuplade installée au bord d'une rivière ! Néanmoins, la présence de Dahokan rassurait Adrentar, même s'il perturbait le jeune homme. Les dragons étaient réputés pour être des créatures majestueuses et puissantes. Là, le dragon blanc était chétif et montrait un besoin de protection. Par ailleurs, le guerrier s'attendait à ce que le dragonneau sache parler. Visiblement, ce n'était pas le cas. Mais il arrivait à s'exprimer par la pensée, transmettant ses émotions et ses ressentis.

La situation semblait s'arranger. Alors que Dahokan grandissait et que le duo baissait en altitude, la faune se faisait plus dense et la chasse plus aisée. N'ayant pas d'arc, Adrentar devait poser des pièges et attendre que le gibier se fasse prendre. Mais cela ne le nourrissait pas : le saurien mangeait énormément et le jeune homme refusait de le priver. Il se contentait du minimum. Du moment qu'il arrivait encore à se repérer et à chasser, tout allait pour le mieux ! Toutefois, ce fut la faim au ventre qu'il le vit. Là-bas, à la naissance de la forêt vers laquelle les deux voyageurs se dirigeaient depuis maintenant deux jours, se trouvait une sorte de village. Adrentar posa Dahokan au sol et murmura à son oreille :

- Attend-moi ici, mon ami. Je vais voir de quelle nature sont ces villageois. Tu sais, tout le monde n'apprécie pas les dragons, malheureusement.

Le jeune homme avait du mal à se séparer de son compagnon, mais il préférait agir avec prudence. Il connaissait suffisamment l'Imperium pour savoir que la plupart était prêt à s'en prendre ouvertement aux dragons. D'autres en avaient simplement peur. Adrentar prit son courage à deux mains, à défaut du dragon, et s'approcha discrètement du village. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit qui l'habitait ! C'était la première fois qu'il observait un village constitué uniquement de dragons. C'est du moins ce qu'il semblait en être : certains montaient la garde, d'autres se déplaçaient (dans les airs ou au sol). Il y avait même un marché où certains s'échangeaient des biens. Où se trouvait-il ? Avait-il quitté les frontières de l'Imperium d'Elkonar ?

L'un des gardes s'aperçut de la présence d'Adrentar dans les parages. En un battement d'ailes, il se positionna devant le rôdeur. Sa voix de stantor retendit, profonde et emplie de sagesse :

- Salutations Voyageur, tu te tiens devant Taourthiri, village de dragons. Tu n'es malheureusement pas le bienvenue ici.

- Pourquoi ? Demanda l'intéressé.

- Telles sont les règles de notre cité : seuls les Dragons y sont invités. À ce que je sache, tu n'en es pas un.

- Mais je voyage avec un dragon ! Un jeune dragonneau né il y a peu !

- Dans ce cas, il est le bienvenue. Mais nul humain n'a le droit de fouler nos terres.

C'est absurde ! Songea Adrentar. Comment des créatures réputées si sages pouvaient être aussi bornées ? Il tenta une énième fois :

- Permettez-nous au moins de nous nourrir ! Nous voyageons depuis de nombreux jours et nos repas ont été forts maigres jusque là.

- Le saurien qui t'accompagne est le bienvenue, répéta le garde.

Puis il se détourna, laissant Adrentar seul. Celui-ci retourna auprès de Dahokan. Hors de question d'abandonner le dragonneau à ces sauriens stupides ! Peut-être qu'il serait plus à l'aise avec eux, et mieux nourri, mais le jeune homme refusait de se séparer de lui. Il était son dragonnier, c'était donc à lui de veiller sur Dahokan !
Dragon brume
 Le 17/02/2015 à 11:04:04 

Pendant plusieurs jours, Adrentar et son compagnon ailé campèrent non loin de Taourthiri. Leurs conditions de vie étaient toutefois plus aisées que lors de leur trajet dans les montagnes. Adrentar parvenait à capturer des loups. Il les servait à Dahokan pour qu'il puisse se nourrir, et se confectionna une cape avec leur fourrure. Ainsi, il était moins sensible au froid, surtout la nuit. Cela ne le protégeait que légèrement, mais améliorait toutefois sa situation. Le jeune dragon, quant à lui, ne semblait pas souffrir du froid. L'humain, de son côté, prenait le temps de réfléchir sur leur sort. Dahokan ne se plaignait toujours pas des conditions météorologiques, ni de leur mode de vie. Mais cela ne tardera pas. Peut-être que la meilleure protection qu'Adrentar pouvait lui confier était au sein de ce village...

Un matin, le guerrier se réveilla, résolu. Il avait pris sa décision : pour le moment, Dahokan méritait qu'on lui apporte les meilleurs soins et la nourriture de la meilleure qualité qui soit. Il devrait passer plusieurs jours dans ce village, le temps qu'Adrentar trouve une cité voisine et gagne quelques pièces. Car il n'avait plus un sous depuis qu'il avait trouvé l’œuf. Il prit le saurien dans ses bras et s'approcha de Taourthiri. Il confia Dahokan au garde et dit :

- Voici mon compagnon, Dahokan. Il est encore tout jeune et a besoin d'une présence à ses côtés.

Le garde le dévisagea d'un air méprisant :

- Tu es son dragonnier et tu oses te séparer de lui ? Tu es indi... !

Un son de cor résonna subitement, interrompant l'illustre dragon. Il se retourna vers la ville, les sens aux aguets, avant de s'envoler rapidement, laissant le champ libre à Adrentar et Dahokan. Surpris, le guerrier décida d'entrer dans le village. Il voulait d'un côté en savoir plus, de l'autre s'expliquer avec ce dragon qui osait l'insulter !

Sous les yeux éberlués des rares dragons qui observaient la progression du duo dans la petite bourgade, Adrentar et Dahokan s'approchèrent d'un attroupement. Le jeune homme ne put voir de quoi il en retournait précisément, mais entendait des propos interloqués entre les sauriens :

- … est souffrant !

- On l'a empoisonné !

- Comment est-ce possible ?

Puis, les dragons se tournèrent vers les deux intrus. Des exclamations fusèrent. Le garde gris, celui auquel Adrentar avait parlé, s'approcha d'eux et dit :

- COMMENT AVEZ-VOUS OSÉ ! Ce lieu t'est interdit, humain !

L'intéressé ignora la bravade et répondit :

- Il me semble que vous ayez des problèmes, et je peux les résoudre. Vous êtes un fort peuple de dragons, mais visiblement, l'un d'entre vous s'en est pris à un autre. Votre faiblesse réside donc en vous, non en votre puissance. Or, je suis étranger à votre groupe. Peut-être puis-je trouver le responsable.

- MENSONGES ! CALOMNIES ! Vociféra le dragon. Comment oses-tu infecter nos oreilles de ta bile ?

Mais la foule se fendit pour laisser passer un dragon de brumes :

- Du calme Igor. Nous avons en effet un précédent : pour la première fois, notre doyen souffre d'étranges symptômes. Nous ignorons s'il s'agit d'un empoisonnement ou non. En tant que dragons, il nous est impossible de mener une réflexion objective à ce sujet : nous nous connaissons les uns les autres et, comme je le pense, la situation que nous vivons actuellement est inenvisageable. Peut-être qu'un avis extérieur nous sera bénéfique. À situation particulière, proposons une solution toute aussi particulière.

Le dénommé Igor lança un regard noir à Adrentar. Mais, visiblement, la parole du dragon de brumes faisait office de loi. Celui-ci se tourna vers les arrivants et demanda :

- Que désirez-vous en échange de votre aide ?

- Merci noble saurien, répondit le dragonnier, d'un ton respectueux. Je ne demanderai que l'hébergement à mon compagnon et moi-même. En retour, je m'engage à appliquer mes faibles talents de soigneur à votre doyen, et à retrouver le coupable pour l'amener devant vous, afin que vous puissiez le traduire en justice.

- Vous ne semblez peu porté sur la guérison. Les maux dont souffre notre doyen sont particuliers. Je ferai appel aux plus éminents soigneurs de la cité. J'aimerais que vous vous contentiez d'enquêter sur ce qui a bien pu lui arriver.

Adrentar acquiesça et observa les dragons transporter le saurien souffrant vers ce qui devait être sa demeure. En compagnie du Dragon de Brume et du méfiant Igor, il prit la suite du cortège, portant toujours Dahokan dans ses bras.
Dragon brume
 Le 24/02/2015 à 22:21:05 
Adrentar se tenait sur un balcon en pierre, observant des montagnes enneigées au loin. Tout en réfléchissant, il caressait machinalement Dahokan, lové dans ses bras. Le jeune homme avait été soulagé d'apprendre qu'il se trouvait bel et bien en Atsami. À Taourthiri, le jeune dragon ne risquait rien. En ce moment, les deux compagnons étaient dans la demeure principale : un château en pierre construit par les sauriens habitant la ville. Adrentar trouvait l'architecture originale et majestueuse, à l'image de ses créateurs. Sentant Dahokan s'agiter, il interrompit sa contemplation des alcôves de granit pour s'intéresser au jeune dragonneau. Celui-ci devait avoir faim. Il se rendit dans la chambre qui leur était réservée et lui donna à manger quelques fruits. Par une sorcellerie qui lui échappait, ses hôtes lui avaient trouvé des vêtements d'apparat à échelle humaine. Cela le satisfaisait bien plus que ses habits troués de voyageur et sa peau de loup nauséabonde qu'il portait lors de son arrivée

Soudain, Igor entra dans la chambre. Le dragon gris avait été nommé par le plus haut gradé du village pour assister Adrentar dans son enquête. Cela ne semblait satisfaire ni l'un, ni l'autre. Mais ils devaient s'en accommoder. Le jeune guerrier espérait seulement que le saurien ne viendrait pas lui mettre des bâtons dans les roues.

- Nous avons un druide, annonça-t-il directement, sans la moindre formule de politesse. Peut-être devrions-nous lui rendre visite.

Adrentar approuva l'idée et suivit le saurien, portant toujours affectueusement Dahokan. Il longèrent de vastes couloirs avant d'atteindre la sortie de l'éblouissant château, contrastant étrangement avec l'entrée du village qu'Adrentar et Dahokan avaient empruntée plus tôt. Ils se dirigèrent ensuite vers une petite masure en pierre, non loin du château, dont la cheminée laissait échapper des volutes de fumée dense. Sans même frapper à la porte, Igor entra dans la demeure. Comme à son habitude, se dit intérieurement le jeune homme. Toutefois, il se contenta de le suivre et fut présenté à un Dragon Volcan. Celui observa attentivement l'étranger avant d'être coupé dans ses réflexion par le saurien argent, qui prit la peine d'expliquer le sujet de leur visite.

- Oui, répondit le dragon alchimiste, je concocte des potions de toutes sortes et de nombreux onguents.

- Avez-vous perdu récemment une herbe particulière ou l'une de vos préparations ? Demanda Adrentar.

- Non, pas à ma connaissance. Mais vous pouvez inspecter l'arrière-salle, si vous le désirez. C'est là que je conserve mes produits les plus fragiles. L'humidité leur fait le plus grand bien !

Adrentar prit donc la suite de l'alchimiste et fut conduit dans une cave en pierre, éclairée par des orbes lumineux. Des étagères appuyées aux murs abritaient de nombreuses variétés de plantes. Au centre de la salle se trouvait une bassine en pierre. Le jeune homme fut immédiatement intrigué par cet étrange objet, semblable à une fontaine. Qu'était-ce donc ?

- J'ai apporté bon nombre de Locnote au château, mais je doute que cela suffise à guérir notre ami, expliqua le Dragon Volcan.

Adrentar du détourner son attention de la bassine pour écouter le saurien. Celui-ci lui fit comprendre d'un regard insistant qu'il désirait poursuivre la conversation en privé.

- Sieur Igor ? Demanda poliment le jeune homme. Pouvez-vous vérifier que tout est en ordre dans la pièce principale, je vous prie ?

L'intéressé obtempéra, sans oublier de rétorquer que s'adresser d'un « sieur » à un saurien relevait d'une pure absurdité. Une fois certain que son semblable était parti, l'alchimiste s'adressa à Adrentar sur l'air de la confidence :

- J'avais en ma possession un plant de Cadavera, cultivé en cachette.

- Qu'est-ce donc ? Demanda le combattant, surpris.

- Une plante du Domaine de la Non-Vie, mortelle une fois ingérée. Elle a disparu il y a peu ! Sa culture étant illégale, je n'ai pas pu signaler sa disparition !

- Pourquoi me dites-vous cela, à moi ?

- Notre Intendant nous a affirmé que le seul humain de Taourthiri était en charge de l'enquête sur cet empoisonnement. Il s'agit de vous, de toute évidence.

Nul doute que l'Intendant devait être le Dragon de Brumes qui avait pris la défense d'Adrentar et Dahokan. Il poursuivit :

- Je me suis donc dit qu'il était nécessaire, pour le bien de notre communauté, de vous avertir de cette disparition.

L'invité remercia l'alchimiste pour ses précieuses informations et rejoignit Igor. Ainsi, une plante mortelle avait été volée. Adrentar se retourna subitement et demanda à l'alchimiste, en dépit de la présence du garde à ses côtés :

- Qui était au courant de votre secret ?

- … Personne ! Répondit-il, surpris par la soudaineté de la conversation, lui qui pensait le sujet clos.

Trouver le voleur (ou la voleuse) permettrait très certainement d'arrêter l'individu coupable de l'attentat.
Dragon brume
 Le 05/03/2015 à 15:09:22 
Les thermes étaient un lieu spacieux. Adrentar et Dahokan étaient seuls, en toute liberté. Le jeune homme profitait du luxe de cet endroit, plongé dans un bain d'eau chaude. À côté de lui, le saurien lézardait tranquillement le long du rebord. Tout en contemplant le dragon somnolant, Adrentar réfléchissait à cette enquête. Il devait la résoudre au plus vite pour ne pas paraître comme étant quelqu'un profitant de la situation afin de regagner des forces, avant de repartir à la sauvette. Igor ne manquerait pas de le dénoncer si jamais le jeune homme ne présentait pas rapidement des signes conséquents de son avancée dans l'enquête.

Adrentar plongea la tête dans l'eau chaude pour se changer les idées. Le dragon d'argent lui avait expliqué que les habitants de Taourthiri profitaient de l'énergie de la roche pour conserver ce lieu continuellement au chaud. Nul doute que la magie devait y être pour quelque chose. Rapidement, le dragonnier observa une blessure qu'il avait sur l'épaule gauche, marque d'une flèche saillante qui l'avait perforé. Cette attaque avait failli lui être fatale. Mais, heureusement, un druide avait réagi instantanément pour lui prodiguer les premiers soins. Sans lui, Adrentar serait mort et, par conséquent, Dahokan aussi.

- Jolie marque, fit Igor, en entrant.

Gêné dans son intimité, Adrentar s'empressa de s'enfouir un peu plus profondément dans l'eau, et ses volutes de vapeur qui s'en dégageaient. Décontenancé, il lui fallut un certain temps avant de comprendre que le saurien importun ne faisait pas référence à cette cicatrice. Il était arrivé dans son dos et avait donc aperçu une autre marque, sur l'omoplate droite du jeune homme. Il s'agissait d'une trace de brûlure, plus récente.

- Juste une petite maladresse de ma part, répondit l'intéressé.

En réalité, il s'agissait d'un symbole magique qu'Adrentar avait arboré par le passé. Mais il s'était séparé de la source lui prodiguant les pouvoirs liés à ce symbole. Cela avait entraîné la disparition de la marque par une brûlure magique. Le dragon fixa l'humain de ses yeux argentés et déclara :

- Ne soyez pas ainsi gêné en ma présence, je n'ai que faire de votre morphologie.

Sa remarque était d'autant plus déroutante qu'elle sonnait vrai. Mais, étrangement, Adrentar était gêné de s'afficher nu devant le saurien. Il s'empara d'une serviette et s'enroula rapidement dedans.

- La messe en l'honneur de Père-de-Tous va débuter. Tous les habitants de Taourthiri y sont conviés, annonça Igor. Ne soyez pas en retard.

Le dragon s'en alla avant même qu'Adrentar ne puisse lui poser des questions au sujet de cette messe. D'un autre côté, si tout le village était convié, alors il ne serait pas difficile de trouver le lieu de la cérémonie. En se rhabillant, le jeune homme s'interrogeait sur les motivations de cet événement. Était-il hebdomadaire, annuel, ou exceptionnel… ? Le seul moyen de le savoir était de s'y rendre au plus vite. Il revêtit ses habits d'apparat, réveilla Dahokan et l'embarqua jusqu'à un temple ou se groupaient de nombreux sauriens. Igor l'aperçu et l'aida à entrer pour bénéficier d'une place de choix. Adrentar fut surpris de disposer d'une telle attention de sa part. Peut-être recevait-il des ordres du Dragon de Brumes ?

Lorsque l'immense temple fut comblé, un son d'instrument à vent marqua le début de la cérémonie. Un dragon noir entra d'un air solennel. Il prononça des paroles en l'honneur du Créateur des Dragons. Visiblement, au vu de ses dires et du déroulement du reste de la cérémonie, cette dernière devait se tenir chaque semaine. Puis, soudainement, une forte migraine envahi Adrentar en même temps qu'un flash. Il aperçut la bassine de l'alchimiste puis, juste après, la tête du dragon-prêtre. Étourdi, le jeune homme regarda autour de lui pour voir s'il n'était pas victime d'un assaut mental. Mais personne ne semblait l'agresser. Soudain, ses visions reprirent. Il s'agissait des mêmes images qui défilaient dans sa tête. Sous le choc, Adrentar baissa les yeux et vit... le regard perçant de Dahokan, installé sur ses genoux. Le déclic se fit dans l'esprit du dragonnier, lorsqu'il comprit que, pour la première fois, le dragon d'esprit s'exprimait clairement. Il entrait en contact mental avec lui ! Mais que voulait-il dire ?

La bassine. Elle était située dans l'arrière-salle de l'échoppe de l'alchimiste. Quel lien avait-elle avec le prêtre ? À quoi pensait Dahokan ? Il répéta ses images mentales avec assistance, comme si le message était important. Le meilleur moyen devait être de parler de la bassine au prêtre, à la fin de la cérémonie... Une sensation de satisfaction envahit soudain Adrentar. C'était l’œuvre de Dahokan : celui-ci venait d'entendre ses pensées et lui faisait signe que sa réflexion était juste. Le jeune homme, encore perturbé par le mélange de sensations qu'il venait de subir, attendit patiemment la fin de la cérémonie pour aller à la rencontre du prêtre. Celui-ci se contentait de parler à quelques fidèles et Adrentar du attendre qu'ils ne soient plus que tous les deux dans le temple pour entamer la conversation. Lorsqu'il s'approcha du saurien noir, celui-ci le dévisagea un instant. Le dragonnier put observer ses yeux à la pupille rouge, entourée de blanc. Le saurien, après un silence, dit :

- Je sais pourquoi vous venez me voir, Sieur Adrentar. Malheureusement, je suis occupé. Rendez-vous ici-même au milieu de la nuit. Je répondrai à toutes vos questions.
Dragon blanc MODO
 Zergy 
 Le 08/03/2015 à 18:06:11 
Plop
Dragon brume
 Le 24/05/2015 à 11:43:55 
La lune étincelait dans l'obscurité de la nuit. Adrentar qui, jusque là, n'avait pas trouvé le sommeil, se glissa hors de ses draps. Il réveilla Dahokan et le transporta en dehors du château, où les habitants de Taourthiri avaient accepté de les héberger. Ils arpentèrent les rues jusqu'à atteindre le temple. Ainsi présenté, seulement éclairé par l'astre nocturne, l'édifice paraissait encore plus impressionnant. Dahokan sous le coude, le jeune homme ouvrit de son bras valide la lourde porte en chêne, avant d'entrer à l'intérieur de l'édifice. Au loin, sur l'autel, se tenait le dragon noir, dos à l'entrée. Il semblait méditer. Adrentar entendit ses pas résonner alors qu'il s'approchait du prêtre. Lorsqu'il arriva à son niveau, le saurien dit :

- Prend place à côté de moi, Adrentar. Et viens me rejoindre dans ma méditation.

Intrigué, le jeune homme posa délicatement Dahokan au sol et s'assit en tailleur à côté du saurien. Celui-ci lui demanda, sans même laisser au dragonnier le temps de poser la moindre question :

- Que sais-tu des Voies, Adrentar ?

- Je sais qu'il en existe plusieurs. Elles se rattachent aux Dieux et indiquent aux Atsamiens la manière de se comporter. Certains suivent naturellement les préceptes des Voies, d'autres cherchent à s'y plier et redoublent d'efforts pour être fidèles aux valeurs de la Voie, ou des Voies, qu'ils suivent.

- En vérité, l'on distingue six Voies : la Blanche, la Noire, la Grise, la Rouge, la Verte, et l’Éthérée. Chacune renvoie à des valeurs et des préceptes différents. Et, comme tu l'as dit, il est possible d'adopter des valeurs de plusieurs Voies. De plus, chaque Voie comporte deux Ramifications. On peut les considérer comme des voies dans des Voies.

En réalité, Adrentar avait déjà entendu parler de toute cette philosophie. Il espérait que Dahokan ne s'était pas rendormi, cette leçon pouvant lui servir. Mais il se demandait surtout pourquoi le prêtre lui parlait de tout cela ? Croyait-il que le jeune homme était venu le chercher pour en savoir plus sur les Voies ? Non, Adrentar était là pour mener une enquête ! Mais il n'osait interrompre son interlocuteur, de peur de paraître malpoli. Le dragon noir continua donc son récit, inlassablement :

- Les suivants de la Voie de Nacre, par exemple, apportent leur aide à quiconque en a besoin, même ceux qui ne la réclament pas. Mais là où le fidèle de la Voie Blanche demeure aveugle, c'est qu'il ne pense guère à la conséquence de ses actes. Lorsque l'on plante un arbre, on pense au bien que cela apporte à la forêt. Pas à la flèche meurtrière qui sera construite en son bois.

- Pourquoi me racontez-vous tout cela ? Demanda subitement Adrentar.

Le dragon ignora la question et poursuivit :

- Chaque jour, je prie les Dieux en ce lieu. Je les remercie pour ce qu'ils ont fait et, surtout, j'honore Père-de-Tous. Leur rendre grâce est important. Tant que l'on prie, ils réalisent que nous éprouvons de la gratitude et de la reconnaissance pour leurs actes. Chaque Dieu nous apporte quelque chose et influence nos vies.

Il marqua une pause et enchaîna :

- Je ne me cache pas de ce que j'ai fait. La Cadavera était facile à trouver auprès de notre druide. Lorsqu'on est prêtre, il n'est pas difficile de percer les secrets qui tourmentent un dragon.

Les aveux semblaient un peu faciles aux yeux d'Adrentar, qui commençait à devenir méfiant.

- Pourquoi avez-vous fait ça ?

À ces mots, le dragon ouvrit les yeux et fixa Adrentar. Ce qui ressemblait à un sourire apparu sur son visage, alors qu'il répondit :

- Si je vous le disais, votre tâche d'enquêteur serait trop grandement facilitée.

Sans crier gare, le dragon se redressa brusquement, d'un air menaçant. Adrentar eut tout juste le temps de se jeter sur le côté, évitant un surprenant jet de flammes. Mais pourquoi le prêtre l'attaquait-il ? Ce n'était pas le moment de se poser la question. Pourvu seulement de vêtements d'apparats, Adrentar n'avait aucune arme pour combattre. Son équipement avait été confisqué à son arrivée à Taourthiri. Vif comme l'éclair, il esquiva un nouveau jet mortel. Il se rua vers l'une des pattes postérieurs de la créature et s'appuya dessus pour monter sur son dos. Ainsi, il se plaçait hors de portée des jets de flammes. Avec vigueur, il s'agrippa au cou du saurien, sous l’œil hébété de Dahokan. .Le prêtre rugit :

- Tout acte mauvais est louable dès lors qu'il s'inscrit dans une intention plus noble encore !

Adrentar cherchait à percer le mystère derrière les paroles du dragon noir.

- Je suppose, dit-il en entamant l'escalade du cou massif, que Tarouthiri connaîtra une plus grande prospérité sous votre tutelle. C'est pourquoi assassiner votre chef est un acte justifiable.

- Tu es loin de la vérité, dit le dragon en se débattant, afin d'empêcher l'escalade d'Adrentar. Taourthiri n'a rien à voir avec cela.

Plus le saurien donnait d'explications, plus la situation devenait confuse dans l'esprit du jeune homme. Soudain, le prêtre se dégagea de la prise qu'Adrentar avait sur lui et, d'un mouvement brusque, l'expédia au sol :

- Lorsque nous écoutons les Dieux, nous pouvons entendre leur message.

- Mais quel est-il ? Vociféra le combattant, en se redressant.
Dragon noir ADMIN
 Le 25/05/2015 à 12:09:53 
plouf
Dragon brume
 Elyra 
 Le 25/05/2015 à 20:28:12 
Hey, c'est pas un endroit pour faire une coupure ça, y a trop de suspens!
Dragon brume
 Le 30/05/2015 à 09:00:43 
Une foule compacte de sauriens s'était formée à l'entrée du Temple. Mais Adrentar et Dahokan n'en faisaient pas partis. Ils avaient été conduit dans un cachot, quelques étages plus bas que l'endroit-même où ils étaient hébergés. Malgré la dénomination lugubre du lieu dans lequel ils croupissaient, l'endroit était propre et dégageait un certain luxe, visible par la rigueur avec laquelle l'on avait pris soin de nettoyer régulièrement les murs et le sol. Leur traitement spécial était dû aux événements de la nuit. Il était compréhensible de la part des habitants de Taourthiri d'éprouver une certaine méfiance à l'égard d'étrangers, lorsqu'on les avait retrouvés aux côtés du cadavre de leur grand prêtre.

La porte de leur prison s'ouvrit pour laisser place au Dragon Brume qui avait accueilli dans la cité les deux voyageurs. Il était escorté de deux dragons, dont Igor. Le vénérable saurien prit la parole, d'un ton posé :

- Ce que vous avez fait ici a causé d'énormes troubles en notre cité.

Adrentar écoutait le sermon sans mot dire, attendant surtout que le dragon entre dans le vif du sujet. À côté de lui, Dahokan sortait peu à peu de sa torpeur. Le maître de Taourthiri poursuivit :

- Toutefois, vos propos paraissent cohérents, bien que forts étranges. Nous avons trouvé des livres obscurs dans la sacristi, traitant des infections par Cadavera et autres pensées philosophiques noires. Il semblerait que notre grand prêtre versait dans la Magie Sombre et que son âme ait été corrompue. Mais comment exactement avez-vous fait pour le vaincre ?

Le jeune homme s'humecta les lèvres avant de répondre :

- Je n'y suis pour rien, il a repoussé chacun de mes assauts. Mais Dahokan nous a tous deux surpris, je crois. Il a fait preuve d'une grande puissance en libérant un impresionnant jet de flammes. Ensuite, j'ai agis par réflexes en profitant de cette action, plongeant avec vigueur mon poing dans l'un des yeux du prêtre.

Adrentar marqua une pause dans son récit, afin de laisser le temps à ses interlocuteurs de digérer ces paroles hors du commun. Puis il enchaîna :

- Meurtri, il entra dans une rage noir et cracha à son tour une gigantesque boule de feu. Par chance, je pus me réfugier derrière un pilier. Soulagé de survivre à cette attaque, la crainte m'envahit lorsque je pensai à Dahokan sans la moindre protection. Cette crainte fut renforcée par la décision de mon ennemi de changer d'adversaire. Poussant un cri, je me précipitai alors en dehors de ma cachette pour, une nouvelle fois, monter sur le dos du dragon. Je poursuivis mon ascension et m'agrippai à l'une de ses cornes frontales, pour tenir pied, alors que le prêtre tentait de me dégager en remuant vivement. Ayant au préalable débouclé la ceinture de ma tenue d'apparat, j'en plongeai l'extrémité forgée dans son œil valide, cherchant le plus profond possible. Mon adversaire poussa un long râle avant de s'écrouler, mort. Le bruit causé par notre altercation a dû éveiller le voisinage car, peu de temps après, des dragons entraient déjà dans le temple.

Le jeune homme venait d'achever son récit, ayant lui-même du mal à croire à ses propres paroles. Pourtant, il venait bien d'achever un dragon de la force des ses points, avec aucun autre outil qu'une ceinture. Bon, il devait reconnaître que Dahokan l'avait bien aidé. Le Dragon Brume prit a parole après un instant de silence :

- Dahokan a en effet fait preuve de talents surprenants, tout comme vous. Vous nous avez permis de débarrasser Taourthiri d'un dangereux fléau. Et pour cela, nous vous en sommes reconnaissants. Vous êtes donc libres.

Les deux prisonniers furent reconduits dans leur chambre d'invités. Épuisés, ils s'endormirent instantanément. Le lendemain, au réveil, ils étaient tous deux convoqués dans la salle du trône. Trois dragons qu'ils commençaient à connaître les attendaient : Igor se trouvait à la gauche d'un imposant trône de marbre blanc. À droite du mobilier royal se trouvait le Dragon de Brumes ; et, sur le trône, siégeait le souverain blessé, visiblement en état de guérison. À l'entrée des deux voyageurs, celui-ci s'exclama :

- Entrez Sire Dahokan et Sire Adrentar !

Le dragonnier était surpris d'une telle dénomination. Mais peut-être que leur hôte était reconnaissant au point de les appeler ainsi.

- Je tiens personnellement à vous remercier, poursuivit-il. Grâce à vous, de nombreuses vies ont été préservées, dont la mienne. En reconnaissance de vos exploits, je vous assure que vous serez toujours les bienvenus à Taourthiri.

- Merci, Messire Dragon, répondit humblement Adrentar, tout en s'inclinant avec respect.

- Avez-vous déjà des projets pour les jours à venir ? Demanda nonchalamment le souverain.

- Non pas.

- Mon Intendant m'a touché mots des capacités de Dahokan. Peut-être désireriez-vous loger quelques temps de plus ici ? Nous pourrions aider Dahokan à bien se développer.

Adrentar réfléchit un instant et sonda l'esprit de son compagnon saurien. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que le jeune dragon était enthousiaste à l'idée.

- Très bien, Messire Dragon. Mais qu'attendez-vous de moi en échange ?

- Oh ! Je n'attends rien de vous. Mais vous avez fait vos preuves en tant que combattant ! Désirez-vous rejoindre la garde d'Igor et ainsi, poursuivre votre pratique des armes. Votre équipement vous sera rendu, quelle que soit votre décision, cela va de soi !

L'intéressé allait répondre à la proposition, mais il fut interrompu par la violente quinte de toux qui prit l'honorable dragon à défaut. Visiblement, celui-ci avait du mal à se remettre de son empoisonnement. Peut-être cette audience s'éternisait-elle et mettait sa santé en péril. Une fois la crise passée, Adrentar répondit avec empressement :

- Très bien, Messire Dragon. Nous acceptons volontiers votre offre !

Un sourire illumina la face écailleuse du saurien. Puis il congédia ses visiteurs. Quelques instants plus tard, l'on frappa à la porte de l'appartement d'Adrentar. Dahokan était déjà entre les mains de sauriens prévenants qui prenaient soin de lui et le nourrissaient à sa guise. Le dragonnier profitait de ce moment de pause pour faire l'inventaire de l'équipement qu'on lui avait remis : sa cape de voyage improvisée, son sac et ses armes. Au bruit des coups contre la porte, il se retourna pour voir entrer Igor. Celui-ci transportait une magnifique pièce d'armure blanche qui, visiblement, n'était pas taillée pour les dragons. Le saurien Sylver prit immédiatement la parole, comme à son habitude.

- Salutations, Sire Adrentar. Notre Souverain, dans sa magnanimité, vous offre comme présent cette armure, forgée dans les entrailles même de Taourthiri.

- Dites-lui que je le remercie d'un tel honneur, répondit un Adrentar émerveillé.

Igor déposa l'armure sur une table vide et toussota d'un air gêné :

- Qu'y a-t-il ? Demanda le jeune homme.

Après un court silence, le dragon argent répondit :

- Je reconnais vous avoir mal jugé Messire. Vous êtes plus noble que vous n'avez paru au premier abord. Vous séparer de Sire Dahokan était une décision difficile à prendre.

- Merci à vous, Igor, pour cet éloge flatteur. Mais, grâce à vous, j'ai pu rester avec lui. Merci encore pour votre aide lors de cette enquête.

Les deux individus se séparèrent sur ces mots.


Les jours, puis les semaines qui suivirent, Sire Dahokan grandit entouré des habitants de Taourthiri. Sa corpulence avait rapidement augmenté, alors qu'il apprenait à communiquer clairement par la pensée. Il apprenait à parler : les habitants de la cité lui enseignaient le langage des dragons tandis que Sire Adrentar lui apprenait l'Atsamien. Pendant ce temps, le dragonnier servait auprès d'Igor et avait délaissé ses habits de voyageur au profit de cette armure blanche forgée à Taourthiri. Il passait son quotidien à s'entraîner à la maîtrise de l'épée bâtarde, à une ou à deux mains. Les jours se suivaient, dans la quiétude et dans la paix. Toutefois, Sire Adrentar ne pouvait s'empêcher de penser à cette mystérieuse enquête qu'il avait dû mener. Surtout, l'étrange conversation avec le prêtre lui revenait souvent en mémoire. Il s'interrogeait toujours sur ses motivations, lui, qui avait finalement été le seul à ne pas survivre à ces événements.

À la question d'Adrentar, il avait répondu :

« Dahokan et toi valez tous les sacrifices »


Fin du premier chapitre

[HRP]
Merci à tous pour avoir suivi ce premier chapitre des aventures d'Adrentar et Dahokan ! Oui, Elyra, je me suis dit la même chose que toi. Mais ça faisait deux mois que le texte était rédigé et que je n'y trouvais pas de suite. J'ai fini par reconnaître que c'était la seule fin que je pouvais lui attribuer !
[/HRP]
Dragon brume
 Elyra 
 Le 30/05/2015 à 22:40:45 
Mais quel bourrin!
Dragon brume
 Le 05/07/2015 à 11:13:57 
Chapitre 2 : La danse des loups

Le temps a passé. Sire Dahokan a achevé sa formation et Sire Adrentar a étudié la philosophie. Sa vision des choses a changé et, d'un commun accord avec Sire Dahokan, ils ont décidé de quitter Taourthiri. Sur la route, ils se sont entourés de compagnons d'aventure et, ensemble, ils ont entrepris de bâtir leur propre cité. Leur ordre porte un nom : Les Chevaliers d'Atsami. Cette guilde porte fièrement des valeurs d'altruisme, de partage et de vertu. Peu connue, Sire Adrentar, le Parangon de l'Ordre, cherche à en accroître la notoriété.


La missive était parvenue jusqu'au bureau de Sire Adrentar : l'annonce était officielle. La guilde des Loups des Neiges organisait un grand tournoi, cherchant à distinguer quel groupe de combattants était le plus puissant. Ainsi, ils défiaient les Chevaliers d'Atsami. Au fond de lui, le Parangon était satisfait. Cette nouvelle montrait que la Confrérie gagnait en réputation : si une guilde comme celle des Loups venait à les défier, alors c'est qu'ils les jugeaient dignes de faire des adversaires convenables.

Sire Adrentar avait communiqué l'information dans sa cité, puis s'en était parti rejoindre Dahokan. Si les deux liés voulaient participer, ils devaient gagner en puissance dans les plus brefs délais, sous peine de finir carboniser en un instant. Au fond de lui, Adrentar était assez mitigé quant à leur intervention dans le tournoi, mais ils devaient soutenir leurs compagnons de guildes. Les Chevaliers d'Atsami allaient se produire en publique, et la présence du Parangon était alors requise. Dahokan, à l'annonce de la nouvelle, se tourna vers Adrentar et dit mentalement :

- Ce tournoi est l'occasion idéale pour nous de visiter les différentes Tours des Mages.

- Es-tu sûr de toi, Dahokan ? Demanda par la pensée le chevalier. Cela demandera beaucoup d'énergie et la route sera longue.

- Oui, je suis prêt. Tôt ou tard, je devrai m'initier aux formes de magies dispensées là-bas. Le plut tôt sera le mieux.

Le dragonnier n'avait pas insisté plus. Il connaissait la sagesse dont faisait preuve habituellement le saurien : s'il s'affirmait prêt, c'est qu'il l'était. Les deux compagnons s'étaient donc accordés pour s'enfoncer Plan par Plan, jusqu'à finir leur route par la Tour la plus exigeante : celle du Feu. En effet, l'aura de bonté de Dahokan le pénaliserait grandement dans les Terres Arides, royaume de Shevarash. C'est pour cela que Sire Adrentar était quelque peu méfiant vis-à-vis de la quête qu'ils allaient entreprendre.

Le duo réunit quelques affaires, salua les autres Chevaliers et les aventuriers expliquèrent les raisons de leur départ. Puis ils se mirent en route. Le trajet fut long, mais sans menace particulière. Lors de la traversée de plusieurs Plans, Sires Adrentar et Dahokan furent surpris de ne croiser âme qui vive, ni dragons, ni monstres. En Atsami, la Nature semblait reprendre ses droits. Les deux voyageurs disposaient de peu de temps devant eux, aussi usèrent-ils de nombreux sorts de soins. Dahokan était un Dragon d'Esprit, ce qui justifiait son penchant naturel vers ce type d'alchimie. Au fur et à mesure de leur avancée, le saurien apprenait de plus en plus de sorts et d'incantations, qu'il s'empressait d'appliquer aussitôt. Toutefois, le sort de soin le plus puissant lui était toujours inconnu. Au fur et à mesure qu'ils approchaient de la Tour où ce savoir leur sera délivré, Sire Adrentar devenait anxieux. Il savait que l'alchimie « Fonderie » était d'une puissance inimaginable, surtout pour un dragon aussi frêle que Dahokan. Mais le savoir avait un prix:le saurien sera-t-il assez fort pour atteindre la Tour du Feu, ou les Terres Arides auront-elles raison de lui ?

Sire Adrentar scruta l'escalier menant en ce territoire maudit. Sous son armure, son cœur battait la chamade. Il soupira pour s'apaiser et se concentra sur leur tâche. Il espérait ne pas inquiéter d'avantage le saurien :

- En avant, souffla-t-il au travers de son heaume.

Alors qu'ils s'engouffraient dans l'obscurité, la chaleur se faisait de plus en plus forte. Lorsqu'ils foulèrent le sol du territoire, il était rouge, comme prêt à exploser. Sous des craquelures, on pouvait aisément deviner une forte énergie brûlante, dangereusement instable. La chaleur rendait le paysage plus flou, lui donnant un aspect onirique et inquiétant. Adrentar chancela, mais une puissante force le maintint debout. Sire Dahokan, bien qu'affaiblit lui aussi, faisait montre de robustesse.

- Soyons brave, dit-il mentalement. Par chance, la Tour n'est guère éloignée.

Ces paroles réconfortèrent quelque peu le dragonnier et tous deux avancèrent bon gré mal gré vers leur objectif. Alors qu'ils progressaient dans la chaleur suffocante (Sire Adrentar commençait à regretter de porter une armure...), Sire Dahokan sembla percevoir quelque chose au loin :

- Il est possible que ma vision me joue des tours, mais il me semble apercevoir une étrange forme là-bas.

Le dragonnier regarda dans la direction indiquée mais n'aperçut rien. Il avait beau plisser les yeux, il était trop perturbé par la sueur qui s'engouffrait dans ses orbites et dégoulinait sur le reste de son corps. Toutefois, il accepta de se rendre vers ce que pensait avoir vu Sire Dahokan : il savait que la vision des dragons pouvait être supérieure à celle des humains. Il s'avéra rapidement que son compagnon avait vu juste : un duo dragonnier-dragon semblait s'être écroulé, inconscient près de la Tour de Feu. Les deux chevalier se précipitèrent auprès d'eux afin d'examiner leur état. Sire Adrentar les observa rapidement, puis, après un bref instant, dit :

- Il s'agit de Namrek et Pyrogue, les nouveaux chefs des Lions de Celeborn. Seregis m'a parlé d'eux, expliquant qu'il leur avait confié le commandement de la guilde avant de se joindre à nous. Il me semble qu'ils s'en sont pris plusieurs fois à des chevaliers, ces derniers temps...

- À-t-il besoin de soins ? demanda Sire Dahokan.

Sire Adrentar fut surpris un léger moment par la question de son compagnon, puis comprit son idée : ce n'est pas parce que ces individus avaient agressés les leurs qu'ils devaient être laissés à l'abandon. Peut-être les sauver les ramènerait-il à la raison et dans le droit chemin ? Le dragonnier décida :

- Dahokan, va te former auprès des mages de la Tour du Feu. En attendant, je vais veiller sur nos deux « amis » et faire en sorte qu'il ne leur arrive rien.

Les Terres Arides étaient le domaine de Shevarash et nombreux étaient les prédateurs en ce lieu. Même si Namrek et Pyrogue n'étaient pas des êtres bons, ils souffraient actuellement du même maléfice que les deux chevaliers. Sire Adrentar veilla un certain temps, mais aucune menace ne se concrétisa. Dahokan revint, un air ravi :

- Désormais, je maîtrise la connaissance de toutes les alchimies d'Atsami ! Je m'emploierai à user de sorts de soins avant tout. Je vais immédiatement porter secours à nos compagnons !

Le saurien s'approcha des deux corps inanimés et ferma les yeux. Il déploya ses ailes au dessus-d'eux puis les toucha du bout du museau. Une chaude lumière sembla irradier des deux corps alors que la magie curative se propageait en eux. Un instant plus tard, les deux endormis reprirent conscience, étonnés de ce qui leur arrivait. Les chevaliers se présentèrent à eux et acceptèrent d'escorter les malfrats jusqu'au Domaine de la Nuit. Le trajet fut convivial, malgré les tensions qui pouvaient exister en vu des récents événements. Après tout, Namrek et Pyrogue étaient des Lions de Celeborn. En hommage à Seregis, Enalys et Xul, Sire Adrentar pouvait bien être d'humeur cordiale avec eux. Il apprit ainsi que les deux rescapés s'étaient rendus dans les Terres Arides en vue de rencontrer des dragons volcans. Mais ils avaient été victimes des créatures rôdant dans les environs. C'était une chance pour eux que les deux chevaliers soient passés par là. Ils se séparèrent dans une ville du Cinquième Souterrain, le chevalier expliquant qu'il allait acheter une épée longue plus résistante que l'actuelle, et un bouclier. Le tournoi démarrant bientôt, il était inutile pour Dahokan et lui de retourner dans leur ville pour le moment. Ici, ils étaient proches de l'arène. Ils saluèrent donc leurs compagnons de route et acquirent l'équipement convoité. Pour la première fois, Sire Adrentar allait combattre avec un bouclier. Jusqu'alors, il avait toujours préféré avoir une main de libre, si jamais il désirait empoigner son arme à deux mains. Mais il savait que les joutes seraient violentes et qu'avoir une telle protection pourrait lui sauver la vie à plusieurs reprises.

Le lendemain, à l'heure dite, Sires Adrentar et Dahokan s'approchèrent des Escaliers menant à l'Arène. Il était temps de mettre à profit leurs entraînements des derniers jours. Toutefois, ils savaient une chose : même s'ils perdaient ce tournoi ils en sortiraient grandis. Déjà, Sire Dahokan avait appris beaucoup de chose. Il était officiellement devenu Soigneur et sa peau avait muée, preuve de son gain de puissance, de sagesse et d'aura : certaines de ses écailles étaient devenues bleu clair. Alors que le duo allait poser le pied sur la première marche descendante, une voix les interpella. Surpris, ils se retournèrent : Namrek et Pyrogue étaient là, en tenue de combat. Ils expliquèrent qu'après le sauvetage de la veille et la conversation qui s'en était suivi, ils avaient tous deux décidé de se battre au côté des Chevaliers.

Derrière son heaume, Sire Adrentar sourit. Il acquiesça vivement de la tête, les yeux pétillants de joie. Puis, tous les quatre entrèrent dans l'Arène.


Suite dans le topic retraçant le déroulement du tournoi : topic 17819
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